SOLOMON KANE
France / République Tchèque / Angleterre - 2009
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Solomon Kane »
Genre : Heroic Fantasy
Réalisateur : Michael J. Bassett
Musique : Klaus Badelt
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais et français DTS-HD Master Audio 5.1
Sous-titre : Français
Date de sortie : 30 juin 2010
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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site officiel
LE PITCH
Dans un XVIe siècle ravagé par les guerres, le capitaine Solomon Kane est une redoutable machine à tuer, aussi brutale qu’efficace. Pourtant, lorsque Kane décide d’attaquer une mystérieuse forteresse quelque part en Afrique du Nord, sa mission va prendre un tournant fatal…Un par un, ses hommes sont décimés par des créatures démoniaques, jusqu’à ce qu’il reste seul face à l’envoyé du diable, venu des profondeurs de l’Enfer pour s’emparer de son âme atrocement corrompu...
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Bad Soul

Ecorché par un bouche-à-oreille désastreux, le troisième film de Michael J. Basset ne sera manifestement jamais le premier épisode d'une trilogie ambitieuse, devant emporter le justicier exorciste de l'Afrique sauvage au mythe des indiens d'Amérique. Et c'est franchement dommage.

 

Largement moins connu, Solomon Kane est l'autre grand héros littéraire de Robert E. Howard. Si le premier (Conan le barbare, donc) combat magiciens et sorciers dans sa quête de gloire et de femmes faciles, Kane s'impose comme l'une des rares icônes ouvertement puritaines, visant à détruire le Malin au travers d'un XVIème siècle ravagé par la famine et la maladie. Pas franchement glamour Solomon Kane, mais tout de même puissamment évocateur grâce à son mélange étonnant entre un décorum pseudo-historique et une dark fantasy omniprésente. Largement (et mal) pompé par Stephen Sommers dans son tristement célèbre Van Helsing, le personnage connaît enfin une véritable adaptation au cinéma. Loin du gothisme clinquant post-Matrix foireux de la bouse citée précédemment, le film de Michael J. Bassett (La Tranchée et Wilderness, deux bandes horrifiques très efficaces) retourne aux sources, présentant une Angleterre trempée jusqu'à l'os, pauvre et triste, dans laquelle le fantastique apparaît normalisé certes, mais physique, ancré dans la boue et la pierre.

 

péchés et chatiments


Habité par la photographie de Dan Laustsen (Le Pacte des loups, Mimic), Solomon Kane se présente comme un film crépusculaire où comme chez John Milius le héros, le vrai, doit traverser les plaines dans la violence et le sang, afin d'embrasser son passé et de découvrir sa place en ce monde. Une vraie fresque épique qui évoque tout autant les tragédies christiques du western spaghetti avec le chemin de croix, la rédemption et la vengeance par les armes. Série B directe et sans fioritures, Solomon Kane est de plus parsemé de créatures sublimes concoctées par Patrick Tatopoulos (Underworld, Je suis une légende), de duels aux doubles sabres, de sorcières et autres goules malfaisantes. Viril et monolithique en diable, James Purefoy (Marc-Antoine dans la série Rome) porte le costume noir comme un personnage de comic book fan de Clint Eastwood avec un air un poil trop emprunté, mais la mise en scène sobre et assez classe de Bassett ramène efficacement le tout au sol. Un maniérisme gothique qui rapproche cette Sword and Sorcery de l'inégal Captain Kronos de Brian Clemens (pour la Hammer) jusque dans une emphase un peu lourde et un scénario qui suit un chemin plus que balisé jusqu'à un climax trop vite expédié sans doute, à cause d'un titan de synthèse pas franchement convaincant. Sous sa dureté implacable, Solomon Kane a de grandes faiblesses, mais on finirait presque par les trouver attachantes.

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
En introduction, le réalisateur fait la promotion du format Blu-ray, précisant que pour lui c'est le seul format valable (en dehors de la salle) pour visionner son film. Au vu de la copie HD présentée ici, on aurait du mal à lui donner tort. Profitant d'une compression imparable en 1080p, le film affiche un très haut niveau de détail et jongle agréablement avec les effets de lumière (voir la pluie qui éclate sur la boue) sans aucune faiblesse. Sombres mais pêchues, les couleurs sont fermes et bien marquées, assurant des contrastes solides et un léger effet de relief assez saisissant.

 

Son :
Même traitement en VO et VF avec du DTS-HD Master Audio made in Metropolitan, donc particulièrement bien balancé. Jamais écrasées par les compositions romantiques de Klaus Badelt, les deux pistes font montre d'une belle dynamique, retranscrivant à la perfection les ambiances atmosphériques et sachant se montrer plus couillues dès que Solomon prend les armes. Les dialogues sont clairs et la spatialisation naturelle. Pas grande chose à redire en somme.

 

Interactivité :
On est jamais mieux servi que par soi-même. Dès que Samuel Haddida produit directement un métrage, on peut être sur que l'édition Home Cinema sera des plus généreuses. Et les réjouissances commencent par une succession de journaux de tournage disséminés tout au long du film façon « follow de white rabbit ». Visibles aussi d'un bloc, ces reportages souvent présentés par le réalisateur reviennent méticuleusement sur la fabrication de toutes les séquences les plus marquantes, de la construction des décors aux chorégraphies en passant par le travail avec les acteurs. Bien conçus, précis, ces modules donnent à voir l'ambiance d'un vrai film d'artisans, sérieux et motivés. Une passion pour le sujet et l'univers que l'on retrouve tout autant dans les interviews de Michael J. Bassett et James Purefoy, d'ailleurs réunis pour un commentaire audio assez sympathique. Un second, réservé au réalisateur cette fois-ci, se montre bien plus pointu quant aux choix visuels et scénaristiques. Chose assez rare, les producteurs eux aussi ont droit à leur interview, retraçant les origines du projet, les hésitations et la longue option posée par Christophe Gans sur l'adaptation. Suivent le responsable des effets spéciaux numériques, le concepteur de l'excellent générique de fin (utilisant justement la séquence présentée en scène coupée) et le compositeur. Le programme s'achève par une galerie d'affiches, la conférence de presse au Comic-con, une featurette d'usage et 6 séquences en story-board visible dans une fenêtre pendant le métrage. Le public a certes boudé Solomon Kane à sa sortie... mais ce n'est vraiment pas le cas de Metropolitan.  

 

Liste des Bonus : Les Carnets de Bords en mode interactif (47'), Picture in picture avec 6 séquence en version story-board, Commentaire audio de Michael J. Basset, Commentaire audio de Michael J. Bassett et James Purefoy, Scène coupée (2'), Sur le tournage (11'), Entretien avec James Purefoy (8'), Interview des producteurs (12'), Dessins de production (1'), Le démon de feu (5'), le générique de fin (4'), La musique (6'), L'équipe au Comic-con (21'), Entretien avec le réalisateur (8'), Projets d'affiches (2'), bandes-annonces

 
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