THE INNOCENTS
De uskyldige - Norvège, Suède, Danemark, Finlande, France, Royaume-Uni - 2021
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Image de « The Innocents »
Genre : Fantastique
Réalisateur : Eskil Vogt
Musique : Pessi Levanto
Image : 2.35 16/9
Son : Norvégien et français DTS HD Master Audio 5.1 et 2.0
Sous-titre : Français
Durée : 117 minutes
Distributeur : Kinovista
Date de sortie : 7 septembre 2022
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « The Innocents »
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LE PITCH
Un été, quatre enfants se découvrent d’étonnants pouvoirs et jouent à̀ tester leurs limites, loin du regard des adultes. Mais ce qui semblait être un jeu d’enfants, prend peu à̀ peu une tournure inquiétante…
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L'enfance de l'art

Célébré dans tous les festivals où il est passé (Prix de la critique et Prix du public à Gérardmer) et soutenu par une presse unanime, The Innocents avec son approche « auteurisante » du film fantastique à connotation super-héroïque, aurait pu aboutir à un objet pompeux et laborieux. Contemplatif, atmosphérique, glaçant et oui pertinemment social, un regard sans concession sur les jeux terribles de l'enfance

Si le réalisateur affirme et confirme n'avoir jamais voulu signer un film d'horreur avec The Innocents, ce dernier est cependant constamment traversé par un sentiment d'angoisse et de cauchemar qui s'insinue constamment dans l'image et les situations. De la même façon, si The Innocents n'a pas pour vocation d'aborder avec un réalisme total le monde de ses très jeunes protagonistes, il concrétise à l'écran l'univers profond et habituel hors du regard de ces mêmes enfants. Dans un décor de résidence entre barres rectangulaires, mais entretenues, forêts avoisinantes et petits appartement intimes, le métrage se construit en succession de cellules où le regard devient de plus en plus subjectif. Avec ses multiples frontières constamment perceptibles dans les lignes qui construisent les plans, dans ses oppositions entre un soleil rasant de fin de vacances et les contours plus primitifs de bois touffus, le nouveau film du réalisateur de Blind se construit à nouveau en détails sensitifs, en atmosphères troubles et en détails minutieux pour capturer un point de vue qui nous est normalement inaccessible : ici celui d'un simple jeu découvert, presque innocemment, par quatre enfants.

 

"regard ce que j'sais faire"


Des gamins déjà malmenés par la vie, l'un manifestement battu par une mère brutale, l'autre isolé par un impétigo sur le visage et enfin Ida dont le quotidien est conditionné par l'attention apportée à sa grande sœur Anna atteinte d'un autisme lourd, dont la réunion va faire naître des capacités étonnantes, presque magiques, allant de la transmission de pensée, au déplacement d'objet en passant par le contrôle de l'autre. Des premières expériences naïves et merveilleuses va forcément rejaillir une certaine cruauté enfouie et donc une confrontation nouvelle aux notions de bien et de mal. Un regard absolument brillant et fascinant, qui doit sa réussite autant à la justesse étonnante des quatre interprètes, qu'à la délicate restitution des scènes d'un quotidien banal et l'insidieuse mécanique qui va le transformer en un affrontement quasiment mythologique. Une faussement simple mise en image d'un jeu qui aurait mal tourné, dont la violence contaminerait son environnement. L'objectif ne détourne jamais le regard des combats mentaux dignes d'un Fury de Brian de Palma ou The Scanners de David Cronenberg, mais les illustre par simple touche, par quelques effets spéciaux bien placé dont des vagues de pourvoir qui rappellent (le décor et le cadre y sont aussi pour beaucoup) le génial et fondateur manga Domu de Katsuhiro Otomo (Akira).

Pas de grandes effusions spectaculaires, ou de surenchères scénaristiques, avec une modération lumineuse, The Innocents est à l'image de ses quatre jeux héros : particulièrement attachant et parfois terriblement effrayant.

Nathanaël Bouton-Drouard








 

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Image :
Superbe copie HD qui en dehors d'un ou deux plans sombres où la définition se laisse aller à quelques paquets de délimitation, accompagne au mieux la photographie sophistiquée du film. Sous les apparats glacés de l'image, les teintes plus marquées (rouges, verts...) affleurent avec force et naturel, tandis que les cadres affichent une précision et une profondeur admirable. Bel ouvrage.

 


Son :
Sobres et biens posés les mixages 2.0 ne sont vraiment là que pour les malchanceux ne possédant pas de Home Cinema. Les autres peuvent véritablement déguster le film avec tout sa richesse sonore grâce à un DTS HD Master Audio 5.1 ferme et délicat qui retranscrit avec minutie les atmosphères angoissantes et lancinantes du film avec de bonnes sensations d'enveloppement et une dynamique aussi généreuse que discrète.

 


Interactivité :
Plutôt bien fournie et particulièrement pertinente, la section bonus de l'édition donne abondamment la parole au réalisateur. Dans un commentaire audio plutôt complet et très instructif où il donne aussi la parole à la jeune actrice principale, puis dans une Masterclass enregistrée à la Femis où, si les questions ne sont pas toujours d'une pertinence incroyable, le cinéaste apporte toujours de vraies réflexions sur ses thématiques, son travail esthétique et sonore et sa trajectoire plus personnelle. On découvre ensuite un sujet entièrement consacré à la production de la bande originale par la rencontre avec le compositeur Pessi Levanto qui révèle quelques secrets sur l'enregistrement et les expérimentations qui ont abouti à cet habillage sonore atypique. Les deux scènes coupées proposée ici se montrent effectivement plutôt redondantes et n'apportent pas grand-chose, par contre le court métrage tourné en deux jours et ayant servie de galop d'essai autant à l'orientation du film qu'aux jeunes acteurs, rapproche encore plus le film avec le fantastique frontal et l'œuvre de Katsuhiro Otomo.

Liste des bonus: Commentaire audio de Eskil Vogt et Sturla Brandth Grøvlen, Masterclass d'Eskil Vogt à la Fémis (58'), Scènes coupées (7'), Dans les coulisses du casting (9'), Conception de la bande originale avec Pessi Levanto (9')

 

 

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