CHRONIQUE D’UN AMOUR
Cronaca di un amore - Italie - 1950
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Image de « Chronique d’un amour »
Genre : Drame
Réalisateur : Michelangelo Antonioni
Musique : Giovanni Fusco
Image : 1.33 4/3
Son : Italien DTS HD Master Audio 1.0
Sous-titre : Français
Durée : 103 minutes
Distributeur : Carlotta
Date de sortie : 5 juillet 2022
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Chronique d’un amour »
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LE PITCH
Un riche industriel engage un détective privé pour enquête sur le passé de sa femme. Se rendant à Ferrare, ville où Paola a vécu et fait ses études, l’homme apprend que sept ans auparavant, la jeune femme a aimé Guido, un modeste vendeur de voitures dont la fiancée s’est suicidée...
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les amants diaboliques

Sorti en 1950, Chronique d'un amour marquait les débuts de Michelangelo Antonioni au cinéma. Joliment restaurée en 4K, l'édition Blu-Ray sortie chez Carlotta nous permet de (re)découvir une des ses œuvres les plus méconnues, lorgnant à la lisière du film noir et du néo-réalisme.

D'abord critique cinéma dans différents journaux, le cinéphile Michelangelo Antonioni réalise ensuite plusieurs courts-métrages documentaires (voir Bonus) à caractère sociétal durant les années 1940. Fortement influencé par Luchino Visconti, et notamment Les Amants diaboliques (Ossessione en 1943, considéré comme le premier film néo-réaliste), il signe son premier film, Chronique d'un amour en 1950, dans la même région de Ferrare.
Principalement tourné en extérieur, avec de longs plans-séquences magnifiés par la photographie de Enzo Serafin et la musique fataliste de Giovanni Fusco, qui deviendront tous deux des fidèles collaborateurs du réalisateur de L'avventura, on assiste au premier essai réussi d'un des futurs grands noms du cinéma italien. Également scénariste, Antonioni est bien aidé à l'écran par son couple maudit incarné par la beauté froide de Lucia Bosé (Miss Italie 1947 devant Gina Lollobrigida!) et la culpabilité de Massimo Girotti (qui tenait un rôle similaire dans Les Amants diaboliques).

 

Ascenseur pour l'échafaud


Le film préfigure aussi plusieurs thèmes « antonioniens » comme le triangle amoureux avec le mari suspicieux, ce portrait de femme troublante et troublée ainsi qu'un certain aspect social marqué par la différence de statut entre le mari millionnaire et l'amant au train de vie modeste. Toutefois, bien que souvent associé au genre néo-réaliste, Chronique d'un amour emprunte aussi la voie du film d'enquête avec le détective privé mandaté par le mari, et qui ironie du sort finira par réunir les deux anciens amants ! Ce « couple » dont l'histoire est entachée par un « accident » mortel dans un ascenseur renforce ainsi l'aspect film noir du long-métrage, tout comme le pouvoir de machination de la femme adultère, le sentiment de culpabilité d'un Guido manipulable, les regards fuyants et les silences auscultés par la caméra d'Antonioni.

Souvent un peu oublié dans la considérable filmographie de son auteur qui ne connut véritablement le succès qu'à partir des années 1960 (L'avventura, Blow-Up...), ce Chronique d'un amour à la dimension tragique et au style visuel déjà bien affirmé, mérite vraiment le détour, qui plus est dans cette superbe version restaurée.

Samuel Bouvet




 

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Image :
Réalisée à partir d'un interpositif, la nouvelle version restaurée 4k réalisée par l'Immagine Ritrovata est des plus réussies. Peu de signes du temps visibles, un cadre stable et un Noir&Blanc intense.

 


Son :
Le Master Audio DTS-HD 1.0 remplit son rôle en proposant des dialogues clairs et une bonne restitution de la musique, malgré un souffle plus ou moins présent. A noter l'absence de VF.

 


Interactivité :
On ne peut que regretter l'absence d'une analyse du film qui aurait complété à merveille cette jolie édition concoctée par Carlotta. Toutefois, ne boudons pas notre plaisir de découvrir deux courts-métrages documentaires du jeune Antonioni, tournés peu avant son premier film. Nettoyage Urbain s'intéresse aux balayeurs de Rome, « ces humbles travailleurs à qui personne en jette un regard. », soutenu par une composition mélancolique de Fusco, et par le regard de la caméra sur ces pauvres hères à la limite de la marginalité.
Le second documentaire proposé, Sette canne, un vestito, s'intéresse au procédé de fabrication de la cellulose pour confectionner des fils de soie. Plus conventionnel, le court-métrage loue le « miracle » industriel qui transforme « les cannes boueuses des marais en habits élégants. ».

Liste des bonus : Bandes-annonces; deux courts-métrages de Michelangelo Antonioni : Nettoyage urbain (1948, 11') et La rayonne (1949, 10')

 

 

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