LES MILLE ET UNE NUITS (1961)
Le meraviglie di Aladino - Etats-Unis, Italie, France - 1961
Image plateforme « Blu-Ray »Image plateforme « DVD »
Image de « Les Mille et une nuits (1961) »
Réalisateur : Mario Bava, Henry Levine
Image : 1.77 16/9 Compatible 4/3
Son : Anglais DTS HD Master Audio 2.0
Sous-titre : Français
Durée : 94 minutes
Distributeur : Studio Canal
Date de sortie : 18 août 2022
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Les Mille et une nuits (1961) »
portoflio
LE PITCH
Pour avoir délivré un génie prisonnier d’une bouteille, le fils d’un artisan se voit autorisé à faire trois vœux. Il rencontre ainsi une jeune femme très belle pour qui il risque bientôt sa vie.
Partagez sur :
les petites merveilles de Bava

Maitre du gothique et de l'onirisme coloré, Mario Bava passe un peu au second plan dans le mignonnet divertissement familial Les Mille et une nuits, cosigné avec l'américain Henry Levin. Une coproduction américano-italienne (et un peu française aussi) où le génie visuel transalpin s'efforce d'offrir un peu de magie à un spectacle somme toute assez timide.

Tout juste sortie de sa première grande réalisation, le gigantesque et pourtant assez fructueux Le Masque du démon, Mario Bava retourne à son métier d'artisan et de mercenaire discret pour les studios américains venant profiter de la météo italienne. Ici pour la MGM, en association avec la maison européenne Lux, il devient ainsi l'assistant ou coréalisateur (selon les sources) d'une énième adaptation des aventures de Sinbad. Conçu comme un film de Noël pour le marché américain, ce Les Mille et une nuits démarre ainsi comme un pur divertissement familial, léger, bondissant et joyeux au possible (quitte à faire forcé), mis en image avec une application bien trop sage par le yes-man américain Henri Levin, tout juste sorti d'un sympathique Voyage au centre de la terre. Il est ici accompagné par le spécialiste de la comédie musicale Donald O'Connor, absolument génial en trublion énergique dans Chantons sous la pluie, mais bien souvent déconnecté ici en Aladin tête en l'air et gaffeur, le plus souvent incapable de faire fonctionner la fameuse lampe.

 

voeux pieux


D'ailleurs l'artifice fantastique de l'aventure, l'exotisme magique promis restera des plus rares, le scénario assez laborieux ne faisant intervenir le génie qu'à de très rares occasions, ce dernier prenant d'ailleurs les traits d'un Vittorio De Sica plus habitué aux grands classiques du néoréalisme et manifestement peu à l'aise dans sa djellaba et ses effets de transparence. Tout le monde ou presque semble déplacé, plaqué, collé dans cette production à l'humour et à la fantaisie peu mémorable, où seul, comme bien souvent, la présence de Mario Bava en coulisse vient largement rehausser le niveau. Par quelques effets visuels tout d'abord faisant grandir ou rapetissir le rigolard Aladin face à ses poursuivants, mais aussi une puce plus terrifiante en version colosse, puis peu à peu en semblant reprendre les rênes du métrage. La plupart des séquences sans la star américaine, redonnent ainsi une place certaine au Prince Moluk (un certain Mario Girotti qui deviendra Terence Hill) tentant de sauver son royaume et sa dulcinée, imposant immédiatement une esthétique beaucoup plus maniériste et parfois même un mélange d'érotisme (la visite du Harem, la prisonnière systématiquement nue) et de cruauté étonnant. Les plus beaux tableaux du film prennent ainsi place dans la chambre secrète d'un méchant Grand Vizir, très proche de la future version Disney, mêlant éclairages inquiétants et couleurs vives, et des accessoires et détails que n'auraient pas renier une production Hammer. Quelques morceaux de pellicule qui modestement annoncent la future réalisation solo de Mario Bava, et véritable petit bijou de mélange des genres : Hercule contre les vampires.

Nathanaël Bouton-Drouard






 

Partagez sur :
 

Image :
Studio Canal reprend ici le nouveau master 4K développé par Kino Lorber en 2020. Un travail de restauration manifestement compliqué qui dû faire face à des sources disparates et très inégales. Le premier tier du film par exemple est souvent marqué par une image numériquement adoucie et quelques plans même en SD upgradé des plus granuleux. Cependant rapidement le film retrouve un bel équilibre avec une copie bien plus fraiche, débarrassée des instabilités et du moindre défaut de pellicule, affichant au passage des couleurs chaudes et resplendissantes et une définition admirable. Une belle résurrection pour ce film un peu oublié et maltraité par le temps.

 


Son :
Plutôt sobre et basique, la piste anglaise mono en DTS HD Master Audio 2.0 n'en reste pas moins constamment claire et équilibrée. Idéale pour un tel spectacle. Etonnant cependant, comme c'était déjà arrivé dans la collection Make My Day, de ne retrouver le doublage français d'époque uniquement sur le montage européen de la version DVD. Dommage pour les gosses qui étaient la cible privilégiée du film.

 


Interactivité :
Toujours présenté sous la forme d'un digipack avec fourreau cartonné, Les Mille et une nuits est proposé dans ses deux montages. Le premier découvert en France, dans un format légèrement plus court et un générique alternatif est uniquement disponible en VF, dans une copie plus datée et sur le DVD. Le second, un poil plus long est en version anglaise sous-titré sur le Bluray. Ce dernier propose d'ailleurs aussi l'incontournable présentation du directeur de collection Jean-Baptiste Thoret, qui ne cache pas les faiblesses du film mais souligne l'importance de ce dernier pour les fans de Bava, et une très longue discussion entre Romain Vandestichele et Gérald Duchaussoy. Les deux auteurs de l'ouvrage Mario Bava : Le Magicien des couleurs, y redéfinissent l'esthétique et la personnalité du cinéaste tout en analysant le film en présence, de sa production marquant la fin de la grandeur hollywoodienne, de sa cohabitation difficile entre deux univers et bien entendu les prouesses du génie des effets visuels et de la photographie.

Liste des bonus : Préface de Jean-Baptiste Thoret (9'), « Les Mille et une nuits » revu par Romain Vandestichele et Gérald Duchaussoy (61').

 

 

Crédits & mentions légales - Publicité - Nous contacter
Copyright Regard Critique 2009-2022