LE PIèGE
Tourist Trap - Etats-Unis - 1979
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Genre : Horreur
Réalisateur : David Schmoeller
Musique : Pino Donaggio
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais et Français en DTS-HD Master Audio 1.0
Sous-titre : Français
Durée : 90 minutes
Distributeur : Carlotta
Date de sortie : 19 juillet 2022
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Le Piège »
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LE PITCH
Parti chercher de l’aide à la station-service après avoir crevé, le jeune Woody est sauvagement assassiné par une poupée de cire aux étranges pouvoirs télékinétiques. Restés près de la voiture immobilisée, Jerry, Molly, Eileen et Becky décident de rejoindre leur ami et finissent par atterrir chez M. Slausen. Cet homme solitaire aux allures de cow-boy leur propose de les héberger pour la nuit dans sa maison, un ancien musée de cire rempli de mannequins à l’apparence quasi huma...
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En vitrine

Papa de nombreuses séries B hautement recommandables comme Puppet Master ou Fou à tuer avec Klaus Kinski, David Schmoeller fait partie de ces artisans honnêtes souvent mis de cotés dans les anthologies horrifiques. Une carrière qui avait déjà bien commencée avec un premier Tourist Trap, répondant aux douces sirènes du slasher, mais avec une bonne dose de surréalisme macabre en prime.

Sorti il y a bien longtemps sous le titre parfaitement inadapté Le Piège, le premier film de David Schmoeller passa relativement inaperçu en cette belle année de 1979, tout juste entre le chef d'œuvre de Carpenter Halloween et le popcorn movie Vendredi 13. Deux jalons importants que l'on peut rapprocher par une volonté d'épure, de mécanisation de l'horreur qui va définitivement donner une forme définitive au fameux slasher. Curieusement, si Tourist Trap fonctionne lui aussi sur une mécanique bien huilée et reconnue où quelques jeunes adultes beaux et athlétiques vont se faire assassiner un à un par un tueur mystérieux, il préfère préserver les côtés les plus branques de Massacre à la tronçonneuse (dont le réalisateur pique d'ailleurs allégrement le décors redneck et le concept du masque de chair humaine), voir même à les accentuer. Car ce n'est clairement pas le scénario ici qui fait le charme de cette production un poil opportuniste tant les situations de base sont prévisibles, l'identité du meurtrier masqué vite éventée et le jeu des acteurs franchement faiblard, mais bien son étrange ambiance faite de cette inquiétante étrangeté chère à David Lynch mais qui renvoie surtout ici à l'univers de Bunuel.

 

Top Model

 

Un lieu détaché du monde moderne depuis qu'une autoroute à isolé la région (un peu comme dans Cars mais en moins drôle), des jeunes filles courtes vêtues (dont la sculptural Tanya Roberts) un vieux plouc qui a pété le dernier boulon, voilà qui aurait pu tourner à un produit de série sans envergure, mais Schmoeller malgré une mise en scène parfois trop factuelle, cultive une ambiance décalée, quelques parts entre le cauchemar et le conte, comme une version dérangée de La Belle et la bête. Un ton accentué par l'idée du producteur Charles Band (Rawhead Rex, From Beyond, Dolls...) de donner au sociopathe de service des pouvoirs télékinésiques, voir plus. Du coup l'univers de la magie n'est jamais très loin et l'on voit les armes blanches voler, des mannequins se déplacer tout seul voir partir dans des rires hystériques alors que les futures victimes se crispent de terreur. Cela donne ainsi naissance à quelques scènes particulièrement marquantes, en particulier un premier meurtre sur l'opposition chaos / silence et un final déroutant, ou à de pauvres victimes qui se transforment elles-mêmes en mannequins désossables et hurlants. Une atmosphère déliquescente, baroque, surréaliste certainement qui se perd aussi parfois dans une certaine redondance et un rythme cahotant qui l'empêche de rejoindre ses illustres copains au panthéon du slasher. Une œuvre imparfaite, fauchée et parfois mal bricolée, mais qui montre malgré ses nombreux emprunts plus que visibles, une vraie singularité.

Nathanaël Bouton-Drouard








 

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Image :
Pour la première fois visible dans son montage complet en France (avec quelques scènes bizarroïdes reliant l'une des jeunes filles à l'épouse du tueur), Tourist Trap en affiche peut-être encore plus ouvertement ses origines de film d'exploitation bien modeste. Si les cadres ont manifestement été nettoyés, il reste encore naturellement quelques petits défauts de pellicules visibles, mais aussi une certaine fluctuation des qualités de l'image. Les couleurs peuvent être aussi chaudes que fanées, la définition aussi marquée que trouble, le grain organique que neigeux, avec des séquences sombres qui trainent vers le grisâtre et le granuleux. Rien d'étonnant pour ce type de film et pas sur qu'on trouve mieux avant longtemps.

 


Son :
Seuls les monos d'origines sont ici présentés (là où un 5.1 peu naturel a été glissé sur le disque américain) et cela reste très proche des sensations franches et directes d'un spectacle bis. Les sources ne sont pas de première jeunesse, mais le tout reste efficace, en particulier en vo où la partition de Pino Donaggio garde une certaine force et une belle présence.

Liste des bonus : Bande-annonce.

 

 

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