UN TALENT EN OR MASSIF
The Unbearable Weight of Massive Talent - Etats-Unis - 2022
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Un Talent en or massif »
Genre : Comédie
Réalisateur : Tom Gormican
Musique : Mark Isham
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais et Français en DTS-HD Master Audio 5.1
Sous-titre : Français
Durée : 106 minutes
Distributeur : Metropolitan
Date de sortie : 11 août 2022
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Un Talent en or massif »
portoflio
LE PITCH
Nicolas Cage est maintenant un acteur endetté qui attend le grand rôle qui relancera sa carrière. Pour rembourser une partie de ses dettes, son agent lui propose de se rendre à l’anniversaire d’un dangereux milliardaire qui se révèle être son plus grand fan. Mais le séjour prend une tout autre tournure, lorsque la CIA le contacte, lui demandant d’enquêter sur les activités criminelles de son hôte. Nicolas Cage va devoir jouer le rôle de sa vie et prouver qu’il est à la haute...
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Out of his cage

Monstre insatiable de cinéma ex-star de blockbusters, de drames oscarisés et aujourd'hui collectionnant les séries B fauchées, les nanars et les OFNI hallucinés, Nicolas Cage en deviendrait presque un mythe. Un mythe qui s'attaque (gentiment) à son propre mythe avec Un Talent en or massif.

L'image de Nicolas Cage, malgré (ou à cause) de ses excès, de sa longévité et de sa boulimie de films toujours plus improbables, reste étonnamment floue, constamment partagée entre une conviction proche du génie et une excessivité éreintante de l'homme en roue libre. Mais ce que l'on ne pourra jamais arracher à Nicolas Cage c'est sa réelle passion pour le cinéma, sa cinéphilie parfois étonnante (Le Cabinet du Docteur Caligari est son film préféré et on y fait mainte fois clin d'œil ici) et le métier d'acteur. Le point de départ de cette comédie auto-référentielle entièrement imaginée pour l'ex-star que l'on découvre dans Un Talent en or massif presque au fond du trou, obligé de ramper pour obtenir des rôles un temps soi peu intéressants, totalement obnubilé par sa carrière déclinante et sa gloire passée, gonflant sérieusement sa fille et son ex-femme par son égocentrisme de célébrité hollywoodienne. Une approche plus proche de la franchise du JCVD de Mabrouk el Mechri que de la célébration luxueuse de Last Action Hero de John McTiernan, mais avec une tonalité largement plus légère, facile aussi sans doute, qui imagine notre brave Nicolas Cage, le vrai dans son propre rôle donc et conforme à son image de flamboyant paumé, briguer son dernier contrat à un anniversaire de milliardaire latino avant que la CIA ne lui demande d'enquêter sur son compte car suspecté de trafic d'armes, de drogue et du kidnapping de la fille d'un politique local. Problème pour Nicolas Cage, Javi Guttierrez (Pedro Pascal décontracté) est son plus grand fan, collectionne les objets de tournage lié à sa carrière et rêve de signer un scénario, mature et humain, avec lui.

 

leaving california


Entre de multiples allusions à Volte/ Face, Rock, Leaving Las Vegas, les Benjamin Gates, Les Ailes de l'enfer ou même Arizona Junior, la comédie de Tom Gormican (Célibataires... ou presque) n'est jamais aussi réussie que lorsqu'elle confronte l'homme à son image, l'acteur à son vedettariat, le héros à sa réalité moins glorieuse mais honorable. Idée déjà vu ailleurs mais parfaitement pensée ici, le Nicolas Cage d'aujourd'hui débat même directement avec le Nicolas Cage d'autrefois (alias Kim Coppola comme crédité au générique) double lifté numériquement arborant le look et l'attitude du rock'n'roll Sailor de Love at Heart de David Lynch. Mais en dehors de quelques friandises comme celle-ci, il faut reconnaitre qu'Un Talent en or massif manque singulièrement de folie (la scène coupée en bonus n'en est que plus savoureuse... et le choix incompréhensible) et se contente tranquillement de broder sur son pitch initial les imbroglios attendus, les dialogues à double-sens prévisibles et de reposer sa mise en scène (absente) et son rythme (pépère) sur un duo d'acteurs qui manifestement s'amusent comme des petits fous. Même sanction lorsque dans une double lecture méta le scénario s'échappe vers des ressorts plus proches du film d'action lambda américain, le film ne saisit jamais le volant pour véritablement s'embarquer dans une virée délirante ou sortir, enfin, d'une route limitée à 80.

Sincère et modeste, dressant un portait attachant de son sujet, Un Talent en or massif n'en saisit jamais vraiment l'incroyable passion et cette folie sur celluloïd qui peut autant fasciner qu'agacer. Une bonne bière sur une terrasse ensoleillée avec Nicolas, là où on aurait peut-être préféré une ligne de shots avec Cage.

Nathanaël Bouton-Drouard








 

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Image :
Pas de galette UHD en France, à contrario des USA, ce qui est relativement dommage puisque la source numérique 4K s'y prêtait à merveille et comme le Bluray en rappelle constamment le potentiel. L'image est d'une netteté imparable, les teintes chaudes et les contrastes sont dessinés avec précision et bien entendu ni les noirs ni les séquences les plus bousculées ne viennent montrer le moindre signe d'une faiblesse de compression.

 


Son :
Pointues mais finalement assez économes les deux pistes DTS HD Master Audio 5.1 délivrent des performances on ne peut plus satisfaisantes. Si les dialogues et un calme apparrant occupent la grande majeure partie du film, la dynamique sait se faire plus intense dès que l'action pointe son nez. Dynamique et délicatement enveloppant, pas toujours des plus subtiles certes, mais c'est peut-être le film qui veut ça.

 


Interactivité :
On ne pouvait bien entendu pas passer à coté des modules bien proprets que nous offrent systématiquement la plupart des productions américaines récentes. Heureusement ici, grâce au sujet du film et la présence de Nicolas Cage, les featurettes sur la naissance du projet, sur le double rôle de Cage, le soutien de Pedro Pascal ou les « scènes d'action » délivrent tout de même quelques anecdotes et quelques regards plus pertinents que la moyenne. Toujours trop courts certainement, ils ne remplacent pas un véritable Making of. Pour pousser le sujet un peu plus loin, il faut donc se diriger vers le commentaire audio enregistré par le réalisateur et le scénariste (malheureusement sans sous-titres) et un Q&A bonne ambiance avec une grande part de l'équipe du film. Enfin en guise de dessert, on peut s'amuser devant quelques gosses qui réinterprètent des scènes cultes de Nicolas Cage et deux petites scènes coupées. Si la première est des plus anecdotique, la seconde est un combat mental entre Cage et son double de jeunesse dans un décors surréaliste à la Caligari et tourné comme un remake de Volte / Face ! Peut-être le meilleur moment du film... coupé du montage final donc.


Liste des bonus : Commentaire audio de Tom Gormican et Kevin Etten (VO), Scènes coupées avec commentaire audio optionnel (5'), « Le cerveau » (7'), « Aperçu d'un Cage révolu » (5'), « Tout le monde a besoin d'un Javi » (4'), « Nick, Nicky et Sergio » 4'), « Acte deux : Action » (7'), Les auditions (2'), SXWS Films Festival : questions et réponses (16'), Bandes-annonces.

 

 

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