URBAN LEGEND 2 & 3
Urban Legends: Final Cut, Urban Legends: Bloody Mary - Etats-Unis, Canada - 2000, 2005
Image plateforme « Blu-Ray »
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Genre : Horreur
Réalisateur : John Ottman, Mary Lambert
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais et français DTS-HD Master Audio 5.1
Sous-titre : Français
Durée : 190 minutes
Distributeur : ESC Distributions
Date de sortie : 17 août 2022
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Travis, le meilleur étudiant en cinéma d’une université, se suicide. En cause, la perte d’un prix qui lui aurait offert de grandes opportunités à Hollywood. Suite à ce tragique évènement, plusieurs étudiants ayant contribué à son projet trouvent également la mort. Amy, une étudiante en tournage d’un film sur les légendes urbaines et Trévor le frère jumeau de Travis, tentent de comprendre la raison de toutes ces morts mystérieuses. 1969, Salt Lake City, bal de promo : Mar...
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Rumeurs fuyantes

Comme Scream et Souviens-toi l'été dernier, Urban Legend, succès du premier opus aidant, s'est progressivement constitué une trilogie officielle. Mais Urban Legends: Final Cut et Urban Legends: Bloody Mary n'ont rien des suites attendues.

Il est de coutumes dans la belle histoire des Slasher à succès, de donner moultes suites à un premier opus ayant apporté quelques satisfactions au box-office. Très honorable succès en salles et plus encore en vidéo Urban Legend était de ceux-là et comme le voisin de production I Know What You Dis Last Summer, la Columbia de Sony s'empressa de mettre en branle une première suite. Cependant en dehors de la vigile incarnée par Loretta Devine (personnage franchement secondaire tout de même) et une apparition très brève de l'ancienne tueuse (Rebecca Gayheart en clin d'œil final), Urban Legend 2 ne fait jamais vraiment suite à son modèle. L'histoire du premier film est devenue à son tour une simple légende urbaine qui va elle-même devenir le sujet de l'un des projets de l'école de cinéma où se déroule l'action. Se rapprochant plus encore de Scream, l'épisode fait donc le pari de jouer plus encore sur la lecture méta, sur les allusions référentielles mais prend aussi le risque de se heurter à ses propres citations. Entreprise difficile pour le compositeur John Ottman (Halloween 20 ans après, Lake Placid, Usual Suspects) dont c'est la première et la dernière réalisation cinéma, qui aimerait bien rendre hommage à Hitchcock, Carpenter, Wes Craven et autre auteurs de thrillers sophistiqués, mais qui peine bien souvent à trouver le ton juste entre sobriété et manque de caractère. Même sa musique, pourtant sa spécialité, n'arrive pas à imposer de véritable thème, de véritable impulsion (à l'image de l'apparence du tueur toujours changeante), pour rebooster des séquences de meurtres assez rares et dont l'essentiel se déroule hors-champs. Film de série (déjà) qui recycle la plupart des ambiances et optiques du premier film comme une sorte de variation sur le même thème, Urban Legend 2 dû souffrir aussi de quelques remontage en post-production, multipliant les coupes sèches dans un whodunnit déjà bien chaotique et bourré de facilité (le coup du frère jumeaux sorti du chapeau devrait être définitivement interdit), mais lui offre aussi en reshoot sa meilleure scène : une jeune femme se réveille dans une baignoire pleine de glaçon, un rien en moins, et se voit poursuivi par le tueur qui n'hésitera pas à la décapiter alors qu'elle tentait de s'échapper avant de donner son rein à gober au chien. Efficace, tendu et bien macabre, la séquence est aussi celle qui capture le mieux le concept de « légende urbaine » devenue réalité.

 

ultime cauchemar ?


Une idée à laquelle le plus tardif et inattendu Urban Legend 3, alias Urban Legends : Bloody Mary s'efforce de revenir beaucoup plus frontalement. Développé seulement en 2005, ce troisième opus connaît comme son équivalent de chez I Know What You Did Last Summer une simple sortie technique en direct-to-video. Budget considérablement réduit, casting uniquement composé de parfaits inconnus (même si Kate Mara se faisait un petit nom à la télé) et jouant comme dans un épisode de Beverlly Hills, effets spéciaux souvent fauchés, et pourtant le scénario a été signé par le duo Michael Dougherty (futur auteur de Trick' Treat et Krampus) et Dan Harris (déjà co-scénariste sur X-Men 2 et bientôt sur Superman Returns) et la mise en scène confiée à la Mary Lambert de Simetierre. Assez alléchant sur le papier surtout qu'Urban Legend 3 vient mêler aux restes fumants du neo-slasher quelques effluves de fantastique morbide à la Ring et autres fantômes japonaises, quitte à se rapprocher parfois des sensations d'un Destination Final. D'ailleurs, souvent inexpliquées, les morts des protagonistes reprennent systématiquement l'une de ses fameuses légendes urbaines (le mec cramé dans sa cabine de bronzage, les araignées qui éclosent sur le visage d'une autres, le crétin qui pisse sur la grille électrifiée), illustrés à grand renfort de détails bien plus que violent que ce que la licence avait offert jusque-là. Mais cela ne suffit clairement pas puisque passer la bonne surprise du pitch initial et sa disparition (qui restera éludée par facilité) des adolescentes d'une soirée pyjama, le scénario se perd là encore dans ses ambitions (allez hop un peu de Freddy au passage), tourne vite en rond entre les éliminations d'usage, et ne peut résister à l'ennui transmis par des acteurs incroyablement mauvais, un montage catastrophique et un habillage plus généralement terriblement télévisuel.

Imaginée en dépit du bon sens, produit à la va-vite et sans un véritable univers à cultiver ou tueur charismatique à transposer, Urban Legend 2 et 3 dont le seul point commun reste l'ennui qu'ils procurent, montrent par leurs constants changements d'orientation les limites rapidement atteinte d'une licence qui, sans doute, n'aurait jamais dû en devenir une.

Nathanaël Bouton-Drouard










 

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Image :
Comme pour le premier opus, Sony n'a pas fait de grands efforts pour restaurer les deux Urban Legends en présence. Les sources sont toujours celles déjà exploitées en DVD il y a plus ou moins vingt ans. Heureusement celles-ci s'avéraient très propres, stables et assez équilibrées et gagnent en HD une netteté un peu plus poussée et une meilleure gestion du grain vidéo à défaut d'un véritable grain de pellicule. Forcément avec des films tournés en 35mm ont aurait pu espérer une définition plus puissante et une colorimétrie plus pêchue, mais l'ensemble reste très honorable.

 


Son :
Passage au DTS HD Master Audio 5.1 pour tout le monde (vf et vo sur les deux films donc), avec un résultat certes très clair et l'opportunité d'installer quelques sensations plus marquées (le crash d'avion pour le premier, les apparitions pour le second) mais avec à choix fois un résultat un peu éteint, des voix assez plates et une musique très en retrait. Comme pour l'image, la performance est modeste.

 


Interactivité :
Toujours pas de trace des documentaire produits aux USA par Shout !, mais on apprécie tout de même le retour des différents modules et featurettes d'époque avec un petit making promo pour chacun des films et une sélection de scènes coupées et même un commentaire audio du réalisateur pas inintéressant pour Urban Legend 2. Seule nouveauté répartie sur les deux éditions, la continuation de la conversation enregistrée par Marie Casabonne, Guillaume Le Disez et Claude Gaillard (auteurs de l'ouvrage Slashers - Attention, ça va couper...) consacrée à la trilogie, qui se montrent étrangement plus enthousiaste envers Urban Legend 3 qu'Urban Legend 2 (comme quoi les goûts et les couleurs...). On y revient donc sur les transformations et évolutions de la licence, on évoque quelques anecdotes ou la destinée de certains jeunes acteurs, mais cela semble encore une fois un peu léger.

Liste des bonus Urban Legend 2 : Commentaire audio de John Ottman, Table ronde inédite autour de la trilogie Urban Legend, avec Marie Casabonne, Guillaume Le Disez et Claude Gaillard, Making of, Scènes coupées, Bêtisier, Bande-annonce.
Liste des bonus Urban Legend 3 : Table ronde inédite autour de la trilogie Urban Legend, avec Marie Casabonne, Guillaume Le Disez et Claude Gaillard, Making of, Bande-annonce.

 

 

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