EBOLA SYNDROME
伊波拉病毒 - Hong-Kong - 1996
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Ebola Syndrome »
Genre : Horreur
Réalisateur : Herman Yau
Musique : Inconnu
Image : 1.85 16/9
Son : Cantonnais DTS-HD Master Audio 2.0
Sous-titre : Français
Durée : 101 minutes
Distributeur : Spectrum Films
Date de sortie : 4 juillet 2022
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Ebola Syndrome »
portoflio
LE PITCH
En cavale en Afrique du Sud après le meurtre de sa maîtresse et de son patron, Kai viole une femme agonisante et contracte le virus Ebola. Il en réchappe miraculeusement, devient porteur sain et contamine les clients de son restaurant avec enthousiasme et délectation.
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Phase terminale

Véritable acmé de la fameuse Catégorie III autant dans la frontalité insolente de ses débordements que dans l'excellente tenue de sa production, Ebola Syndrome est un pur joyau de mauvais goûts et de méchanceté gratuite, une performance du chaos.

Petit monde fourre-tout né de la frustration de décennies de censure aveugle et absurde et d'une furieuse envie de producteurs avisés de se faire un maximum de fric avec un investissement minimal, la Catégorie III croise autant les films d'horreur les plus glauques, l'érotisme (enfin ?) frontal, l'opportunisme le plus outrageant et la bêtise la plus crasse. Bien entendu au milieu de toute cela quelques essais remontent aisément à la surface/ Comme Ebola Syndrome qui d'une certaine façon résume à lui toute seule tout le potentiel de ce classement supposé honteux. Aujourd'hui plutôt assagi et signant quelques spin-off de Ip Man et des grosses productions catastrophe comme Shock Wave, Herman Lau avait déjà signé un très proche The Untold Story en 1993, récit barbaque et brutal de la trajectoire sordide d'un serial killer incarné par le sidérant Anthony Wong (Time and Tide, Infernal Affairs). Presque un remake, Ebola Syndrome en reprend les grandes lignes et une bonne part de la construction, mais les croisent sous la commande du producteur averti Wong Jing (God of Gamblers) avec les vagues effluves du récents carton américain Alerte ! Là où le film américain se voulait cérébral, froid et policé, le versant maléfique made in HK répond par tous les débordements, faisant du fameux et terrifiant virus une réalité des plus... suintantes.

 

Patient zéro


Du film catastrophe à la catastrophe filmique, le film décrit donc la trajectoire destructrice de Kai, sociopathe peu recommandable, déjà auteur d'un double meurtre particulièrement crapuleux, et s'avérant l'heureux porteur sain du virus après avoir violer une pauvre africaine en pleine agonie. Toute personne qu'il touche, contamine par ses propres sécrétions est donc voué à une mort des plus atroces. Alors quand il sert dans son restaurant une un bout de viande dans lequel il s'est masturbé ou qu'il transforme sa dernière victime en hamburger local, on est pas loin de toucher le fond. Description totalement nihiliste d'un monstre à visage humain, trop ordinaire et beauf pour être véritablement impressionnant, Ebola Syndrome est le reflet d'une civilisation minable, égoïste, stupide et surtout rarement innocente qui va alors connaitre les pires outrages. Effets méchamment gores à gogos, scènes de culs (rarement consenties) à la sensualité très absente, gamine qui manque de se faire cramer, cannibalisme involontaire, victimes démembrées, animaux découpés pleins cadres... Le film assume son spectacle peu ragoutant et teinte le tout d'un humour vicelard, dont le second degré constant n'atténue jamais la noirceur du tableau. Porté avec frénésie par l'indécrottable Anthony Wong, au firmament de la dégénérescence, Ebola Syndrome est une authentique comédie de sale gosse où il est difficile de ne pas se bidonner bêtement devant l'acteur crachant sur les forces de l'ordre pour les faire reculer en criant « ebola ! ebola ! ebola ! » d'une voix haut perchée.

Le comble d'Ebola Syndrome restant le talent évident d'Herman Lau pour dépasser aisément le spectacle bis digne d'un nanar italien d'Umberto Lenzi et autre Joe D'Amato, par une authentique efficacité dans la mise en scène, le montage et le rythme. Le savoir-faire hongkongais au service d'un film affreux sale et méchant. Irrésistiblement outrancier.

Nathanaël Bouton-Drouard








 

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Image :
L'arrivée des nouveaux standards HD (4K) semble peu à peu avoir un véritable effet sur le catalogue de films hongkongais avec quelques véritables restaurations de très hautes volées. On ne l'attendait pas forcément sur un film comme Ebola Syndrome, et pourtant grâce au Lyon Festival Hallucinations Collectives, Spectrum Films et Vinegar Syndrome aux USA, le film se voit bel et bien doté d'un nouvel écrin imparable avec un scan 4K à la source et une reconstitution minutieuse du fameux et incontournable montage uncut. Quelques brefs plans censurés sont forcément issus de sources moins glorieuses, plus abimées et bien moins définies, mais 90% du film nous parvient dans des conditions inespérées avec un piqué extrêmement pointu, une gestion du grain admirable, des cadres particulièrement propres et des couleurs plus intenses et contrastées que jamais. Amusant de visionner dans la foulée le montage cinéma, hérité lui d'un master plus daté et classique, certes tout à fait regardable mais marqué par les habituels soucis de lissages, colorimétrie excessive et un rendu bien moins musclé.

 


Son :
Désormais présenté sous la forme d'une piste DTS HD Master Audio 2.0 la version originale du film a manifestement profité elle aussi d'une petite restauration très agréable. La source est claire, plutôt bien équilibrée et sans effets de saturation ou autres chuintements et laisse apparaitre une petite dynamique sur les avants.

 


Interactivité :
Toujours présenté sous la forme d'un fourreau en carton léger avec à l'intérieur un boitier Amaray avec jaquette réversible, Ebola Syndrome comprend cependant deux blurays du film, soit un pour le montage cinéma et un autre pour la version longue reconstituée. En sus chaque disque propose sa propre petite sélection de suppléments et en particulier le montage cinéma qui profite d'une introduction inédite du réalisateur et d'un commentaire audio complet (et sous-titré) laissant la parole à celui-ci et Anthony Wong. Quelques anecdotes et retours sur le tournage habitent une piste pas forcément des plus loquace cependant. Et la galette est complété par une longue interview du directeur des cascades James Ha, qui après avoir évoqué sa carrière générale revient sur un tournage parfois assez rocambolesque, et par le podcast du PIFFF (plus de trois heures tout de même) consacré aux Catégorie III et aussi présenté sur l'édition de Viva Erotica.

Le second disque revient aux fondamentaux avec l'indispensable présentation d'Arnaud Lanuque qui refait le petit historique de la censure et de la Catégorie III avant d'insister sur le statut particulier d'Ebola Syndrome et les talents de son réalisateur. L'intervention est suivie d'une interview d'archive de Herman Yau et Anthony Wong (sans doute enregistré pour un ancien DVD) où le premier s'étonne encore du statut de son film lorsque le second après quelques silences disparait littéralement de l'écran (?). La rencontre avec la co-scénariste Chau Ting est elle inédite (et avec un petit souci de son mais ce n'est pas grave) permettant à cette figure de l'ombre de raconter ses débuts dans le cinéma, sa participation non créditée au Wild Search de Ringo Lam et son approche ambitieuse des films de Catégorie III tout autant que la méthode très personnelle du producteur Wong Jing.

Liste des bonus : Version Intégrale (101') et version cinéma (98'), Présentation de Arnaud Lanuque, Interview de Herman Yau, Commentaire audio de Herman Yau et Anthony Wong, Podcast Catégorie III, Interview de la scénariste Chau Ting, Interview du responsable des cascades James Ha et Bande-annonce.

 

 

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