LE FLEUVE DE LA DERNIèRE CHANCE
Smoke Signals - Etats-Unis - 1955
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Le Fleuve de la dernière chance »
Genre : Western
Réalisateur : Jerry Hopper
Image : 1.33 4/3
Son : Anglais et Français en DTS-HD Master Audio 2.0
Sous-titre : Français
Durée : 87 minutes
Distributeur : Sidonis Calysta
Date de sortie : 7 avril 2022
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Le Fleuve de la dernière chance »
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LE PITCH
Les survivants de l'attaque d'un avant-poste tentent d'échapper aux indiens qui les traquent en descendant le fleuve Colorado, réputé pour être l'un des plus dangereux au monde...
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La rivière sauvage

Grand cru pour le western hollywoodien, l'année 1955 eut aussi son lot de réussites modestes, jadis passées sous les radars et méritant amplement d'être redécouverts aujourd'hui. Authentique survival ayant pour toile de fond la question de la paix avec les indiens, Le Fleuve de la dernière chance entre sans conteste dans cette catégorie.

Personnage central du Fleuve de la dernière chance incarné par un Dana Andrews stoïque comme jamais, le capitaine Brett Halliday est un déserteur de l'armée américaine promis au peloton d'exécution. Son crime ? S'être allié avec les indiens Ute (une tribu ayant donné son nom à l'Utah) contre l'armée des Etats-Unis. Une alliance qui aura fini par se retourner contre lui puisque le chef des Ute cherche désormais à le tuer et tous les blancs du territoire, reniant de fait une paix déjà fragile. Face à une menace indienne qui ne cesse de s'intensifier au point que plusieurs tribus ennemies fassent cause commune pour partir sur le sentier de la guerre, une dizaine de soldats occupant un fort assiégé n'ont pas d'autre choix que de prendre la fuite par le fleuve Colorado. Une évasion périlleuse suggérée par Halliday, ce qui le rend d'autant plus suspect aux yeux de ses anciens frères d'armes menés par le Capitaine Harper (excellent William Talman). Officier rancunier mais attaché au règlement, Harper n'aime guère les indiens mais il déteste encore plus Halliday qu'il rend responsable de la mort de son frère au cours d'une bataille contre les peaux-rouges. Ecrit par le duo George F. Slavin et George W. George (ce qui fait beaucoup de George pour un seul film), Le Fleuve de la dernière chance fonctionne sur la base d'un suspense proche du Lifeboat d'Alfred Hitchcock, regroupant sur de frêles embarcations des protagonistes qui se détestent et ne se font pas confiance mais qui doivent pourtant s'unir pour survivre et atteindre une région sécurisée. Mais la question n'est pas ici de savoir qui est le traître mais si les amis des indiens sont bel et bien des traîtres à leur drapeau. Sans surprises, le film milite pour la paix, démontrant la futilité de la haine et révélant au détour d'un dialogue la cruauté et le racisme de certains militaires présentés comme honorables.

 

Petit bateau


Artisan méconnu spécialisé dans le western, le film noir et le drame, Jerry Hopper s'acquitte avec un professionalisme certain de la réalisation du Fleuve de la dernière chance. Célèbre pour ses rapides et ses canyons présentant un danger mortel pour les fous qui oseraient s'y risquer, le fleuve Colorado est le décor naturel principal du film. La promesse de scènes spectaculaires et de paysages encore peu exploités à l'écran. Ne pouvant embarquer de caméras à bord des embarcations, Hopper doit alterner entre des plans larges réalisés à bonne distance depuis la rive et des plans serrés tournés en bassin et usant de transparences pour créer l'illusion. Visible, le procédé n'en est pas moins joliment négocié par un cinéaste qui sait choisir ses angles de prises de vue et imposer au montage une vraie dynamique. Passé un premier quart d'heure classique et riche en poursuites et fusillades, Jerry Hopper renforce le suspense avec une certaine habileté, choisissant de rendre la menace indienne totalement invisible, leur présence ne se signalant que par l'emploi de tambours de guerre et de signaux de fumée menaçant. Dans son arsenal d'effets, le réalisateur offre également la mort traumatisante d'un éclaireur jeté sans ménagement du haut d'une falaise.
En revanche, on aurait pu se passer d'une romance tout à fait superficielle entre le héros et une Piper Laurie bien mignonne mais qui n'a pas grand chose à jouer, simple objet de jalousie du véritable salopard de l'histoire, un militaire sadique qui ne cesse de menacer la cohésion du groupe. Autre regret, la mort prématuré d'un personnage d'éclaireur indien, privant le film d'un point de vue plus nuancé que l'on ne retrouve pas chez le trappeur joué Douglas Spencer, seul source de légèreté d'un récit plutôt concis et volontiers tendu.

Sans autre ambition que de proposer au spectateur une traversée rythmée sans sacrifier à une réflexion pertinente sur le pacifisme, Le Fleuve de la dernière chance atteint son objectif sans encombres.

Alan Wilson






 

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Image :
Il reste une poignée d'accidents de pellicule et quelques plans à la définition très en retrait mais cette nouvelle copie du film de Jerry Hopper, jusqu'à alors uniquement disponible dans un DVD obsolète, est de première bourre avec des couleurs éclatantes et un Technicolor de toute beauté. Une belle surprise pour un film somme toute peu connu.

 


Son :
Belle présence du score et des ambiances (tambours, coups de feu, grondement de la rivière) pour un mono très propre. La version française, aux dialogues atones, navigue en retrait d'une version originale plus dynamique, à privilégier.

 


Interactivité :
L'inusable Patrick Brion mais aussi Jean-François Giré, autre habitué de la collection Western de Sidonis, proposent chacun une présentation du film en rappelant le contexte (le milieu des années cinquante), la carrière du cinéaste Jerry Hopper et en vantant le talent d'acteur de Dana Andrews. Un dernier bonus, toujours animé par Patrick Brion en off, retrace d'ailleurs la carrière d'Andrews dans une série d'extraits qui incite à redécouvrir les prestations de cet éternel second couteau.

Liste des bonus : Présentation du film par Patrick Brion / Présentation du film par Jean-François Giré / Dana Andrews par Patrick Brion / Bande-annonce

 

 

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