L’HALLUCINé
The Terror - Etats-Unis - 1963
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Image de « L’Halluciné »
Genre : Horreur
Musique : Ronald Stein
Image : 1.33 4/3
Son : Anglais mono
Sous-titre : Français
Durée : 79 minutes
Distributeur : Wild Side Vidéo
Date de sortie : 5 mai 2010
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « L’Halluciné »
portoflio
LE PITCH
Uniformes napoléoniens et apparitions fantomatiques ! 1812, sur la mer Baltique, un soldat de la Grande Armée en déroute, s’est égaré. Epuisé, il doit la vie sauve à une jeune femme dont la beauté le fascine, mais qui disparaît aussi rapidement qu’elle est apparue. Il apprend qu’il pourra peut-être retrouver celle-ci dans le château du Baron Von Leppe, un vieillard qui vit reclus. Il ne s’est jamais remis de la disparition de sa femme 25 ans plus tôt…
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entre deux eaux

Une demeure victorienne isolée, un ancien acteur mythique hanté, un jeune premier possédant les traits d'une future star, des effets spéciaux aléatoires, cinq réalisateurs qui se relaient et un fantôme féminin qui se transforme en oiseau... pas de doute, c'est bien du Roger Corman  !

 

Producteur (trop) productif mais grand maître de la débrouille, Roger Corman n'avait pas son pareil dans les années 60 pour créer à partir de rien de vrai petit bijou de l'horreur gothique. Ainsi, à peine a-t-il achevé avec quatre jours d'avance Le Corbeau, énième adaptation d'Edgar Alan Poe, qu'il s'empresse de commander à Leo Gordon (Tower of London) un début de script réutilisant sans vergogne les mêmes décors et l'immense Boris Karloff (Frankenstein) encore sous contrat pour les jours restants. Une fois les séquences de l'acteur de 80 ans mises en boîte, le tournage part pourtant au va-l'eau, poussant le réalisateur / producteur à confier la mise en scène à certains de ses habituels poulains : Francis Ford Coppola (Apocalypse Now), Monte Hellman (Macadam à deux voies), Jack Hill (Foxy Brown)... et même le jeune Jack Nicholson, qui tient ici le rôle principal et profite de ce joyeux bordel pour faire ses premières armes derrière la caméra. Etalé du coup sur près de neuf mois, le tournage bouscule les décors, accumule les environnements naturels, et de la présence de tous ces talents découle évidemment une grande disparité dans le ton et le style des séquences.

 

"voyage, voyage"


Plus ou moins onirique, plus ou moins angoissant, L'Halluciné porte particulièrement bien son titre français tant les faux raccords et l'alternance illogique entre le jour et la nuit nourrissent une ambiance trouble et fascinante, soutenue par la bande originale dissonante concoctée par Ronald Stein (Dementia 13). Pour le moins étrange, cet essai protéiforme reflète aussi les hésitations d'un script contant la vengeance d'outre-tombe d'une superbe femme assassinée par son mari, comte régnant sur une île quasi-déserte où vient s'échouer un jeune militaire napoléonien. Malgré un pitch qui ne cherche pas l'originalité, l'aspect lâche dans la construction des personnages laisse toute latitude aux interprétations fiévreuses de Karloff et Nicholson, obligés d'habiller par leurs regards les nombreuses déambulations qu'ils effectuent dans la demeure massive ou le paysage environnant. Moins psychédélique que d'autres œuvres de la même équipe (comme l'exceptionnel The Pit and the Pendulum avec Vincent Price et Barbara Steele), L'Halluciné survit aujourd'hui grâce à une ambiance étonnante, un défilé de plans sublimes et bien entendu le premier grand rôle de Mister Nicholson. Ce n'est pas rien.

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
On ne peut pas toujours faire des miracles. La preuve. Si la copie est relativement propre malgré un bruit marqué, ce sont surtout les couleurs qui manquent cruellement de pêche. Les contrastes sont fluctuants et les couleurs virent vers le pastel fatigué.

 

Son :
Seul le mono d'origine anglais répond présent. Malgré des efforts pour lui donner une patine moins vieillotte, la piste affiche une source unique un peu lourde et souffrant d'un souffle persistant. Les conditions d'écoute ne sont pas optimales, mais ce sont les affres de l'âge.

 

Liste des Bonus : aucun

 
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