LA DERNIèRE VAGUE
The Last Wave - Australie - 1977
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « La Dernière vague »
Genre : Fantastique
Réalisateur : Peter Weir
Musique : Charles Wain
Image : 1.77 16/9 Compatible 4/3
Son : Anglais DTS HD Master Audio 5.1 et 2.0, Français DTS HD Master Audio 2.0
Sous-titre : Français
Durée : 105 minutes
Distributeur : ESC Distributions
Date de sortie : 15 juin 2022
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « La Dernière vague »
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LE PITCH
En quelques jours, l’Australie est frappée par plusieurs phénomènes atmosphériques étranges. Le jeune avocat David Burton doit assurer la défense de cinq aborigènes accusés du meurtre de l’un des leurs. Très vite, il acquiert la conviction qu’il s’agit non seulement d’un crime rituel, mais aussi que ce crime a un lien avec les perturbations climatiques que connaît le pays…
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Le cycle de l'eau

Après son premier chef d'œuvre Pique-nique à Hanging Rock, Peter Weir poursuit son exploration d'une Australie magique, encore traversée par les mythes aborigènes avec La Dernière vague. Le récit d'une apocalypse annoncée, mais aussi et surtout d'une renaissance dont le monde aurait, en définitive, bien besoin.

Le lien avec le précédent Pique-nique à Hanging Rock n'est pas que chronologique et commercial (le succès de l'un ouvrant la voie de l'autre), mais beaucoup plus intime et organique. A l'évanescence fantastique et lumineuse de l'un, à ses mystères inexpliqués et à sa sensation constante d'une liberté solaire, répond directement le fatalisme et l'opacité du second. Toujours photographié par Russell Boyd (qui persistera sur Gallipoli, L'Année de tous les dangers et Master and Commander), La Dernière vague plonge rapidement le décor habituellement aveuglant de l'Australie, sous les ombres d'une citée occidentale ou persiste par bribe, traces, mais surtout secrets, la culture millénaire des aborigènes. Comme une redécouverte, une résistance, que va découvrir l'avocat tellement anglais incarné par Richard Chamberlain aux contacts de certains d'entre-deux, censés s'être détachés dans les villes des codes tribaux mais naturellement toujours habités par ceux-ci. Ce qui aurait pu être une simple confrontation de civilisation, une forme de restitution symbolique, prend pourtant le chemin d'une étrange symbiose dans laquelle l'homme blanc, bourgeois et urbain, va redécouvrir sa nature et son héritage profond, tout en devenant lui-même le véhicule annonciateur d'un monde nouveau.

 

le rêve qui a mangé Sidney


Moins contemplatif que sur Pique-nique à Hanging Rock, Peter Weir n'en travail pas moins toujours une même approche délicate du fantastique, un réalisme magique particulièrement éclatant qui semble s'insinuer dans chaque porosité du film. Comme l'eau, omniprésente dès le titre et jusqu'au au phénoménal plan final annoncé, le monde-rêve écrasé dans le monde moderne par une réalité normalisée, l'effrite, le fissure avant de l'engloutir dans un songe cinématographie à la beauté stupéfiante. On est bien loin ici de la simple mise en image d'un folklore exotique et idéalisé, La Dernière vague embrassant avec pertinence et profondeur un monde étrange, mais qui trouve des ramifications dans toutes les peuplades et mythes oubliées du globe. Du voyage initiatique intime, d'une analyse du monde profondément australienne et solidement attaché à son histoire, Peter Weir extirpe par sa construction hypnotique d'une atmosphère apocalyptique sourde, une exploration universelle qui aujourd'hui pourrait résonner comme une mise en garde écologique, mais qui reste finalement surtout la célébration d'une forme primitive qui ne demande qu'à renaitre. Plus que Chamberlain, c'est donc bel et bien l'acteur David Gulpilil qui incarne le mieux l'essence du film, passeur qui ne perd jamais cette noblesse sauvage qui avait éclatée dans le sublime Walkabout. Un film frère d'ailleurs, autant pour son expédition en forme de retour au source que pour sa volonté de redonner au peuple aborigène la place qui a toujours été la sienne.

Nathanaël Bouton-Drouard






 

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Image :
Développé en Australie, le nouveau master HD en présence était censé rattrapé une poignée de premières éditions (par exemple en Allemagne) constituée uniquement d'une upgrade DVD. Une copie fièrement annoncée 4K mais produite manifestement sans retour à la source et avec quelques décisions esthétiques un peu étranges comme des variations de teintes plus tranchées et surtout une texturation bien trop lisse. Les cadres sont propres et stable, les couleurs retrouvent le naturel d'autrefois, mais la définition connait de nombreuses fluctuations allant d'un piqué sobre à un rendu plat accompagné de désagréables amas d'artefacts, en particulier sur les zones très sombres. C'est mieux certes, mais ce n'est pas encore ça non plus.

 


Son :
Ici ESC fait mieux que les australiens en proposant certes la piste anglaise restaurée en DTS HD Master Audio 2.0 mais aussi un 5.1 absent chez eux (mais présent en Allemagne). Si la première séduit par sa fidélité et sa clarté, la dynamique sobre mais naturelle de la seconde convainc agréablement et délivre quelques atmosphères surnaturelles plus présentes.

 


Interactivité :
Après la précédente sortie réunissant Les Voitures qui ont mangé Paris et Le Plombier, ESC propose La Dernière vague en solo mais avec un packaging creusant l'aspect « collection ». Enfin pas tout à fait seul parce que le film est accompagné d'une large sélection de bonus. Deux ont été récupérés sur la galette d'Umbrella, En l'occurrence des interviews enregistrées pendant le confinement et donc en visio (même ma connexion est meilleure que la leur) avec le chef opérateur Russel Boyd, discutant donc de l'esthétique du film, les objets choisit et sa collaboration avec Peter Weir, et avec Richard Chamberlain se souvenant de sa découverte de l'Australie et revenant sur les thématiques mystiques du film.
Les autres bonus sont exclusifs à la France avec une présentation un peu allumée de Jaz Coleman lors de sa carte blanche à L'Etrange Festival et une autre beaucoup plus classique signé par Bernard Bories, déjà présent sur la précédente sortie. Le gros morceau de l'édition reste cependant l'intervention centrale de Christophe Gans qui porte son regard complet et précis sur le film en question pour entendre son analyse et son propos sur les particularités du cinéma australien, le courtant mystique des années 70 et surtout toute la richesse considérable du cinéma de Peter Weir. Comme toujours (et c'est agaçant) c'est absolument passionnant.

Liste des bonus : Présentation du film par Bernard Bories (4'), « La Vague australienne » : entretien avec Christophe Gans (7'), « La Vague de Peter Weir » : entretien avec Christophe Gans (50'), Présentation publique du film par Jaz Coleman, leader du groupe « Killing Joke », lors de sa carte blanche à L'Étrange Festival (2016, 10'), « Lighting the Cave » : entretien avec Russel Boyd, chef opérateur (24'), Conversation entre Richard Chamberlain et le critique Paul Harris (22'), Bande-annonce originale.

 

 

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