KINJITE, SUJETS TABOUS
Kinjite – Forbidden Subjects - Etats-Unis - 1989
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Kinjite, Sujets tabous »
Genre : Policier
Réalisateur : Jack Lee Thompson
Musique : Greg De Belles
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais et français DTS HD Master Audio 2.0
Sous-titre : Français
Durée : 97 minutes
Distributeur : Sidonis
Date de sortie : 9 juin 2022
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
L'inspecteur Crowe enquête sur la disparition et l'enlèvement d'une jeune fille japonaise. Ses soupçons se portent rapidement sur Duke, un proxénète pédophile violent et retors, …
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nippon ni mauvais

Charles Bronson et la Cannon, d'Un justicier dans la ville 2 à ce Kinjite - Sujets tabous, sept années d'outrances bis au service de la loi du Talion. Et la croisade du lieutenant Crowe pour arracher la toute mimi Fumiko Hada des griffes d'un pervers de compétition de griller en guise d'apothéose tous les feux rouges de la bienséance morale. Ou quand le terme de plaisir coupable prend (enfin) tout son sens.

Jusqu'à mi-parcours environ, le scénario de Kinjite fait le choix plutôt curieux de suivre deux intrigues en parallèle. On retrouve bien évidemment Charles Bronson en flic lessivé de la brigade des mœurs, sujet à des accès de rage provoqués par des affaires de prostitution de mineures et l'injustice qui semble profiter aux criminels dont il croise le chemin. Mais on s'intéresse également au parcours de Hiroshi Hada (James Pax, l'une des trois Trombes des Aventures de Jack Burton), salary man japonais fasciné par la culture américaine et en proie à une sexualité contrariée. Machiste et ultra-conservateur dans son rapport à son épouse et à ses filles, l'homme d'affaires fantasme sur les hôtesses de bar mais aussi sur les mésaventures d'une jeune femme croisée dans le métro aux heures de pointe et tripotée par un indélicat. La chose le hante au point qu'une fois installé à Los Angeles et sous l'emprise de l'alcool, Hada tente à son tour de mettre la main sous la jupe d'une adolescente ... qui n'est autre que la fille du personnage joué par Bronson ! Lequel n'en saura jamais rien, à la fois grâce au silence de sa fille (#MeToo était encore bien loin) mais aussi en raison de l'enlèvement de la fille aînée d'Hada par le réseau de prostitution qui va l'amener à franchir toutes les limites et détourner son attention.
Et si bref résumé vous fait déjà bondir sur votre chaise (de colère ou d'impatience, au choix), attendez de voir ce que le film vous réserve dans le détail.

 

Tous les coups sont permis


Neuvième et dernière collaboration entre Charles Bronson et le réalisateur Jack Lee Thompson (des Canons de Navarone à Un justicier dans la ville 4, sacré carrière !) et dernier long-métrage tout court pour le cinéaste britannique, Kinjite profite du métier et du sens de l'image aiguisé du vétéran, malgré l'âge, la fatigue et la maladie. Essentiellement nocture, la traque menée par l'inspecteur Crowe se paie des allures de Hollywood Night extrêmement dynamique et enchaîne les morceaux de bravoure pas tout à fait comme les autres, tantôt scabreux, tantôt, euh, vraiment pas comme les autres. Au menu de ce repas gastronomique : une scène où Bronson intimide le salopard Duke (le flippant Juan Fernandez, l'une des gueules du Salvador d'Oliver Stone) en lui faisant bouffer sa montre en or, la vengeance de ce dernier qui arrose un restaurant à l'Uzi en tuant une bonne dizaine d'innocents, la bouffée de racisme anti-japonais totalement décomplexée d'un Charles Bronson qui se met à insulter tous les clients nippons d'un hôtel de luxe, le viol (hors-champ, on vous rassure) de la pauvre Fumiko Hada par trois gros dégueulasses les uns après les autres, une descente musclée sur un tournage de film porno où TOUT le monde sniffe de la coke à s'en faire péter les narines, l'interrogatoire d'un des hommes de main de Duke qui dérape lorsque les inspecteurs le font tomber par accident (ses chaussures étaient trop grandes ! Sans déconner!) du onzième étage d'un building avant qu'il ne s'écrase comme une merde dans une piscine où un panneau habilement cadré précise que les plongeons sont interdits (sic!), et enfin, le plat de résistance, la mise sous les verrous de Duke avec des détenus bodybuildés qui lui promettent de « tellement l'enculer qu'il va pouvoir chier droit » (vé-ri-dique) en guise de justice poétique.

Tout ceci serait parfaitement irregardable sans la naïveté et la maladresse typique des productions Cannon, à la fois desespérement racoleuses et sans arrêt sur la défensive, cherchant à arrondir les angles, par exemple en faisant d'un personnage de prêtre une sorte de « caution morale ». Au premier degré, on tient là le film de chevet de Donald Trump et Eric Zemmour. À tous les autres degrés, l'expérience ne se refuse tout simplement pas.

Alan Wilson






 

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Image :
Les fans de Charles Bronson et les complétistes auront sans doute en mémoire un blu-ray yankee sorti en 2015 chez Olive Films et à la réputation très honorable. Faute de pouvoir comparer cette édition avec la galette de Sidonis Calysta, on se contentera donc de mettre en avant la remarquable tenue d'un master impeccable respectant à la lettre les teintes si singulières des productions de la fin des années 80, avec un grain discret, une définition souvent poussée et des scènes nocturnes aux contrastes très naturels.

 


Son :
Deux vraies pistes stéréo qui compensent leur manque de profondeur et d'ouverture par une agressivité bienvenue, notamment sur la musique très vintage de Greg De Belles. Les scènes d'action ne sont pas en reste non plus. Les nostalgiques et les amateurs de vulgarité « over the top » se tourneront sans hésiter vers la version française, laquelle décuple la méchanceté des dialogues avec une complaisance souvent jouissive.

 


Interactivité :
On ne présente plus Olivier Père et ce dernier se fend une fois de plus d'une présentation très complète du film et qui s'attarde, entre autres, sur le background du scénariste Harold Nebenzal, fils de Seymour Nebenzal, le producteur allemand de L'Atlantide et du Testament du Dr Mabuse. Du cinéma d'auteur allemand des années 20-30 aux productions Cannon, le grand écart méritait d'être mis en lumière. Le second bonus n'est pas inconnu de nos services puisqu'il s'agit du même documentaire rétrospectif sur Charles Bronson (en définition standard et narré par Tom Sizemore) que l'on a déjà pu voir sur d'autres éditions consacrés à l'acteur. Un pur bouche-trou qui n'en demeure pas moins très agréable pour ceux qui seraient passés à côté.

Liste des bonus : Présentation par Olivier Père / « Charles Bronson : un héros populaire »

 

 

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