LA MAISON ENSORCELéE
Curse of the Crimson Altar - Royaume-Uni - 1968
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « La Maison ensorcelée »
Genre : Horreur
Réalisateur : Vernon Sewell
Musique : Peter Knight
Image : 1.77 16/9 Compatible 4/3
Son : Anglais et français DTS HD Master Audio 2.0 mono
Sous-titre : Français
Durée : 89 minutes
Distributeur : ESC Distributions
Date de sortie : 4 mai 2022
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « La Maison ensorcelée »
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LE PITCH
Un antiquaire enquête sur la mort de son frère et tombe sur une famille d’aristocrate lié au culte d’une sorcière.
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Trois visages de la peur

Si la Hammer reste l'indétrônable impératrice du cinéma d'horreur à l'Anglaise, certaines de ses concurrentes, telle la Amicus, eurent aussi leur heure de gloire et quelques titres honorifiques. Moins connue, car née en queue de comète du genre, la Tigon participa elle aussi, avec une poignée de titres, à l'effort de sang. La ressortie de certains d'entre eux dans la collection British Terrors d'ESC est l'occasion rêvée pour les (re)découvrir.

Créée en 1966 par Tony Tenser (qui produisit les deux premiers films d'un certain Roman Polanski), la Tigon profite donc de l'engouement toujours actuel d'un genre pourtant surexploité depuis des décennies. Ce qui lui permet de s'offrir, à moindre frais, la présence de quelques figures essentielles qui viennent seconder des premiers rôles nettement moins connus. Et c'est exactement ce qui se passe dans cette Maison Ensorcelée, où le héros antiquaire, interprété par Mark Eden (apparu quelques années avant dans plusieurs épisodes de Dr. Who) se retrouve face à trois ténors de l'horreur : Boris Karloff, Christopher Lee et Barbara Steele. Trois bonnes et suffisantes raisons pour se ruer sur le film à l'époque (et encore maintenant!). Reste à savoir ce qui se joue derrière.

Dr Karloff in the metaverse of madness


Derrière la caméra, le vétéran Vernon Sewell, peu habitué à l'horreur et qui va rendre une copie bien molle. A l ‘écriture, deux scénaristes de Dr. Who, qui vont alimenter le scénario de bric et de broc. D'abord des rêves entre salle de torture moyenâgeuse et fantasmes SM, dominés par la présence toute de verte maquillée et cornue de la madone Barbara Steele. Ensuite par une enquête prétexte menant un peu à tout et n'importe quoi (une conversation rigolote avec un pompiste, une fiesta interminable où l'alcool coule à flot mais qui ne sert absolument à rien). Et enfin à la confrontation avec deux figures légendaires de l'horreur britannique. Soit Boris Karloff, dans la peau d'un vieux patriarche acariâtre en fauteuil roulant secondé par un chauffeur en costume et lunettes noires, et Christopher Lee, comme toujours magnifique même dans ses films les moins bons (s'en est un). Tout ça s'entrecroisant tant bien que mal et avec quelques bâillements.

Mais si le film en lui-même n'est jamais vraiment totalement divertissant, il dresse le portrait intéressant et affectueux d'un genre qui joue désormais avec ses propres codes. Comme lorsque le héros s'étonne du manoir qu'il est en train de visiter et cite littéralement Boris Karloff... qu'il croisera évidemment quelques scènes plus tard. Une blague « meta » en avance de plusieurs décennies qui prouve que le genre avait encore quelques cartes dans sa manche. En plus de ses inaltérables stars.

Laurent Valentin




 

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Image :
Entre le maquillage vert de Barbara Steele, les éclairages kitsch mais savoureux des scènes de rêves et les tenues colorées très 60's, le bluray rend un bel hommage à la superbe colorimétrie du film. Les noirs sont quant à eux mis en valeur par un très beau contraste et le grain parfois persistant donne une belle patine à l'image.

 


Son :
Une seule piste mono mais dynamique à souhait. Les scènes les plus bruyantes profitent d'une belle ampleur tandis que les conversations feutrées sont débarrassées du moindre artefact et nous font profiter du magnifique accent so british et du timbre sans nul autre pareil de Christopher Lee.

 


Interactivité :
Un seul entretien mais avec le spécialiste ès-horreur Nicolas Stanzick, une fois de plus à la verve très affûtée et ne tarissant pas d'éloges sur un film pourtant on ne peut plus moyen. Ca s'appelle la passion du genre, Messieurs Dames ! En attendant, il nous fait profiter de ses connaissances sur le bousin, nous rappelant, par exemple, qu'il est à la base adapté de La Maison de la Sorcière de Lovecraft. Instructif, comme toujours.

Liste des bonus : Entretien avec Nicolas Stanzick (21').

 

 

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