SUPER-HéROS MALGRé LUI
France - 2020
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Super-héros malgré lui »
Réalisateur : Philippe Lacheau
Image : 2.35 16/9
Son : Français DTS HD Master Audio 2.0 et 5.1
Sous-titre : Français pour sourds et malentendants
Durée : 79 minutes
Distributeur : Universal
Date de sortie : 8 juin 2022
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Super-héros malgré lui »
portoflio
LE PITCH
Rendu amnésique par un accident de voiture, un acteur raté devient persuadé d'être le super-héros Badman dont les aventures sont en plein tournage...
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Endgame

N'ayant pour seuls atouts qu'un brevet des collèges d'humour touche-pipi, un talent de cinéaste équivalent à celui d'un Claude Zidi manchot et plongé dans le coma et une culture populaire qui se résume à une liste de binge watching sur Netflix, Philippe Lacheau s'est laissé aller à croire que ce ne serait pas si mal de tenter une parodie de films de super-héros. On lui a filé de l'argent pour le faire. Et il l'a fait. Voilà, voilà.

Bon, il se peut que cette introduction n'y allant pas avec le dos de la cuillère à l'égard du pilier de la bande à « Fifi » flirte un tantinet avec la mauvaise foi. Après tout, Baby-Sitting, son premier essai coréalisé avec Nicolas Benamou en 2014, nous avait très agréablement surpris. Reprenant à l'américain Projet X le concept de la fête qui dérape (lui-même dérivé de The Party de Blake Edwards), cette comédie en found footage ne manquait ni de cœur, ni de belles idées. Sauf que depuis ce joli coup d'essai très justement récompensé au festival de la comédie de l'Alpe d'Huez, Philippe Lacheau n'a fait que décevoir, suivant une trajectoire inversement proportionnelle à l'ambition affichée de projets de plus en plus friqués et clinquants. Tout simplement imbuvable, son adaptation de Nicky Larson échouait sur toute la ligne à rendre hommage à l'humour et aux personnages du manga de Tsukasa Hojo. Incapable de raconter une histoire ou de diriger ses comédiens, Lacheau y enchaînait les vignettes cartoonesques et bas du front dans l'espoir d'attirer l'attention et de déclencher l'hilarité. On pensait donc avoir touché le fond mais Super-héros malgré lui parvient à faire pire. Ce n'est pas seulement mauvais mais aussi profondément détestable. Et ce n'est pas peu dire.

 

super dupont


Par où commencer ? Par le cynisme et la bêtise crasse du scénario, sans doute. Lacheau prétend aimer les super-héros et vouloir se moquer des productions à la chaîne des studios Marvel et de. l'opportunisme du cinéma français à vouloir courir après les modes avec plusieurs trains de retard. Des icônes de comic books, le sinistre sire ne connaît manifestement que Spider-Man de Sam Raimi, The Dark Knight de Christopher Nolan et Avengers de Joss Whedon puisque l'étendue de ses références pioche allègrement dans ces trois blockbusters (et rien d'autre). C'est mince et ça ne tient pas debout. Mais en se moquant des artisans du cinéma hexagonal et en les ridiculisant de la sorte, Lacheau crache ostensiblement dans la soupe. Et il le fait en accumulant les gags au dessous de la ceinture : capotes pour mini-pénis, pantalon qui tombe dans une cour d'école ou lors d'un baiser à l'envers, interrogatoire d'un petit arnaqueur dont on fait gonfler le slip jusqu'à ce qu'il éclate, ... bref, pas besoin de vous faire un dessin. Et lorsque l'on se retrouve avec une vanne sur un artificier arabe (qui devrait savoir y faire avec des explosifs, LOL) ou sur un flingue chargé à balles réelles qui atterrit sur le tournage d'un film avec Tom Cruise, lequel se prend une balle dans le fion, on dépasse les limites de la décence pour se retrouver avec une nausée tenace. Ajoutez à ce mélange déjà corsé une mise en image indigente et bardée de tics ringards, un score qui pastiche en mode bontempi du Alan Silvestri et du Hans Zimmer et les prestations déplorables de Jean-Hugues Anglade et George Corraface et vous obtenez une anomalie dont il est préférable d'oublier l'existence de toute urgence.

Alan Wilson








 

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Image :
Parfaites et colorées, elles mettent en valeur une photographie rutilante où les carosseries de véhicules brillent, où le soleil semble se coucher en permanence devant la caméra et où les séquences nocturnes se teintent de bleu sans jamais y perdre en définition.

 


Son :
La stéréo a la pêche mais ce n'est rien en comparaison d'un 5.1 comme on les aime, riche en basses profondes et en effets multidirectionnels, équilibré entre les dialogues et la musique. Nickel.

 


Interactivité :
Outre une introduction rallongée pour un personnage secondaire (on apprend que sa copine est une prostituée un peu cagole, sans commentaires), c'est toute une intrigue secondaire avec le maire de Paris interprété par Philippe Katerine qui refait surface. Ledit édile ayant été écrit comme un croisement neuneu entre Benjamin Griveaux et Anne Hidalgo, on se dit là qu'on a évité encore bien des souffrances. Articulé autour d'une interview façon Konbini du réalisateur, scénariste et acteur principal, le making-of oscille entre instantanés de tournage, bouffées égocentriques (avec des extraits de ses courts-métrages d'enfance, whaou) et teasing des projets à venir. La comparaison entre une poignée de scènes et les storyboards préparatoires est habilement menée mais bon, vu le film, hein. Concis mais il y a de quoi ravir les fans. S'il y en a. Et il y en a. Snif.

Liste des bonus : Scènes coupées / Le Super making-of « malgré-tout » / Storyboards

 
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