UN PAPILLON AUX AILES ENSANGLANTéES
Una farfalla con le ali insanguinate - Italie - 1971
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Réalisateur : Duccio Tessari
Musique : Gianni Ferrio
Image : 2.35 16/9
Son : Italien et français DTS HD Master Audio 2.0
Sous-titre : Français
Durée : 89 minutes
Distributeur : Le Chat qui fume
Date de sortie : 16 avril 2022
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Un Papillon aux ailes ensanglantées »
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LE PITCH
Un journaliste et animateur de télévision renommé de Bergame, Alessandro Marchi, est accusé du meurtre d’une étudiante française, Françoise Pigault, retrouvée dans un parc, lardée de cinq coups de couteau. Bientôt, des preuves accablantes conduisent à son arrestation. À la suite d’un procès fertile en rebondissements, Alessandro est reconnu coupable, puis incarcéré. Mais l’enquête est relancée lorsqu'une prostituée est assassinée. Une exécution identique à celle de l...
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Disparition des Lépidoptères

Grand artisan du cinéma populaire italien, Duccio Tessari (Les Titans, Un Pistolet pour Ringo, Big Guns...) se penche sur le renouveau du Giallo avec Un Papillon aux ailes ensanglantés, thriller à l'italienne qui refuse déjà de se prendre dans le filet du simple effet de mode.

Sorti entre L'Oiseau au plumage de cristal et Le Chat à neuf queues de Dario Argento, le film de Duccio Tessari affiche un titre trompeur. Une phrase abscon et animalière renvoyant justement à toute la mode de thriller produit dans le sillon d'Argento et s'appuyant sans vergogne sur ses effets de style les plus représentatifs. Pourtant ici pas vraiment de tueur mystérieux ganté, par de meurtres rituels célébrés avec emphase (trois crimes et essentiellement hors champs), pas d'érotisme gratuit et de compositions chaloupés et encore moins d'enquête menée par des amateurs et à la résolution acrobatique. Dans Un Papillon aux ailes ensanglantées dès le meurtre inaugural montrant succinctement quelques mouvements indiscernables et un corps roulant le long d'une pente d'un parc public, c'est une certaine forme de réalisme qui prévaut. Le corps découvert n'a certainement rien de sexy (le plan froidement nu du cadavre viendra l'affirmer) et l'enquête qui va suivre va faire la part belle aux nombreux détails exposer par des policiers chevronnés et leurs collègues de la scientifique. Des indices précis, explicités, qui vont mener à un suspect, un célèbre présentation TV, père de famille mais cachant quelques secrets, dont le procès se déploiera sans beaucoup plus d'artifices. Dans un genre où c'est d'habitude l'atmosphère sulfureuse, les glissements presque fantastiques et fantasmatiques, le film de Tessari surprend par sa rigueur dramatique, par ses éléments de pur polar voir de thriller procédurier.

 

mise sous verre


Naturellement l'affaire va inévitablement rebondir, prendre quelques chemins de traverse et l'issue rapidement remise en question par de nouveau éléments, mais là encore les masques vont tomber lentement, en profitant d'explorer les charmes discrets de la bourgeoisie de Bergame. Avec ses personnages affichés par le nom et titre dans la première bobine comme on épinglerait des papillons sur un mur, le réalisateur annonce sa propre vision d'un monde luxueux, notable et présentable, mais incurablement pourris jusqu'à la moelle, se noyant dans les secrets et les tromperies, et n'hésitant pas comme cet avocat véreux à se taper l'épouse de son client et à tenter de violer leur fille. Les femmes premières victimes, objets d'ornements ou jouets sexuels comme souvent dans ce genre de petit jeu de massacre. Cependant malgré l'apparent classicisme de la mise en scène et certaines langueurs du rythme, le film sait habillement creuser et déstructurer les effets de son puzzle en alternant passé, présent et futur par quelques accointances de montage assez audacieuses et explorant avec malices une profondeur de champs souvent très prononcée et significative. Une vision plus sérieuse et discrète du giallo mais qui reste on ne peut plus intéressante et exigeante, et qui donne l'occasion à Helmut Berger une nouvelle opportunité de livrer une interprétation à fleur de peau. Peut-être plus intériorisé qu'à l'accoutumé, son personnage de jeune rebelle dormant dans des draps en soie mais dont la colère (ou est-ce de la perversité, de la folie ?) affleure à chaque plan, devient dérangeante, inquiétante, menant le film jusqu'à son ultime résolution, son ultime autodestruction dans une succession de panoramiques circulaires en marche arrière : il n'y a plus de reconstruction possible.

Nathanaël Bouton-Drouard








 

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Image :
Superbe restauration que voilà, effectuée à partir d'un scan 4k du négatif 35mm, et qui a profité d'un soin tout particulier apporté sur les moindres tâches, griffures, points et autres instabilités. Les cadres sont maîtrisés révélant une définition exemplaire dont la profondeur vient embrasser les constructions multiplans de Duccio Tessari. Au passage les couleurs, certes assez sobres et réalistes, se voient désormais dotées de contrastes bien mieux dessinés. On notera bien quelques plans plus doux que le reste et des séquences sombres moins pointues, mais cela semble vraiment provenir directement de la source.

 


Son :

Là aussi entièrement retravaillée à la source la piste mono italienne désormais disposée en DTS HD Master Audio 2.0 impose d'emblée une superbe clarté et un équilibre bien tendu entre les dialogues et les musiques. Proposé dans un mix équivalent, le doublage français, honorable, reste sans doute un peu plus froid mais n'a pas trop à rougir non plus de la comparaison.

 


Interactivité :
Et revoici Mr Jean-François Rauger toujours prompt à accompagner la sortie d'un bon petit giallo un peu oublié. Avec sa verve habituelle il propose une nouvelle présentation bien complète revenant sur la filmographie de tout un chacun, puis sur les particularités de cet essai avant d'en offrir quelques pistes d'analyse stylistiques et thématiques pas inintéressantes. Intervenant italien que l'on a déjà croisé chez Le Chat qui fume, Fabio Melelli revient sur certain points identiques mais étend plus généreusement le propos sur l'ensemble de la carrière du cinéaste présentant quasiment toutes ses réalisations une par une afin d'en démontrer la richesse et la variété. Plus court mais aussi plus intime, le témoignage de Lorella de Luca, épouse du monsieur délivre quelques anecdotes et petits détails du caractère du cinéaste.

Liste des bonus : Le Papillon par Jean-François Rauger (29'), Duccio et moi avec Lorella de Luca (8'), Œillet rouge avec Fabio Melelli (21'), Film annonce

 

 

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