LE PORT DES PASSIONS
Thunder Bay - Etats-Unis - 1953
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Genre : Aventure
Réalisateur : Anthony Mann
Musique : Frank Skinner
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais et français DTS HD Master Audio 2.0 mono
Sous-titre : Français
Durée : 103 minutes
Distributeur : Elephant Films
Date de sortie : 14 juin 2022
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Le Port des passions »
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LE PITCH
1946. Démobilisés de l’US Navy, Steve Martin et Johnny Gambi ont décidé d’investir toutes leurs économies dans un rêve fou : construire une plateforme pétrolière au large des côtes de la Louisiane. Ils se heurtent à l’opposition musclée des pêcheurs, qui craignent que cela détruise la faune de la région. Rien ne sera épargné aux deux associés : tempêtes, sabotages et affrontements violents se succèdent, mettant en péril le projet…
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Les Aventuriers de l'or noir

Enième œuvre collaborative entre le solide Anthony Mann et le tout aussi robuste James Stewart, Le Port des passions n'est pas un western mais bien un film d'aventure célébrant la marche du progrès par le biais de courageux prospecteurs de pétrole. Toute une époque.

Résonnant comme une évidence autant pour le large public d'alors que pour les cinéphiles d'aujourd'hui, la relation entre la violence psychologique contenue des films d'Anthony Man et l'humanité intériorisée et ferme de James Stewart, n'a pas forcément accouché que de chefs d'œuvre. Un peu coincé entre les réussites majeures que sont Les Affameurs et Je suis un aventurier, Le Port des passions a en plus la particularité de s'éloigner (en apparence) de l'ouest sauvage pour s'intéresser à un contexte beaucoup plus contemporain. Celui des premières années d'après-guerre et de ce nouvel élan dans la culture et l'économie américaine annonçant les glorieuses décennies à venir. Celles d'une soif de modernité symbolisée ici par des chercheurs d'or noirs qui décident de construire une plateforme pétrolière offshore dernier cri aux abords des côtes de la Louisiane, au grand damne des pécheurs de crevettes locaux inquièts qu'on bafoue leurs traditions... et leurs femmes.

 

en attendant la marée


Amusant de noter que si en 1953 le futur pollueur atmosphérique et maritime est largement célébré pour son courage et son esprit visionnaire face à une bande de gentils, mais un peu colériques, bouseux locaux, aujourd'hui les rôles seraient à raison largement inversés. Sauf que ce chantre du libéralisme et de la réussite, porté par sa force de charactère, son humanisme et son abnégation est incarné par l'impérial James Stewart et que cela fait forcément facilement passer la pilule. L'interprétation générale d'ailleurs, que ce soit Dan Duryea en acolyte moins constant, Joanne Dru en femme blessée par les hommes ou Gilbert Roland en bagarreur et charmant du cru, emporte aisément l'adhésion donnant même du coffre à un scénario, pourtant co-signé par John Michael Hayes (Fenêtre sur cour, La Rumeur...) qui ne s'avère malheureusement pas toujours des plus passionnants, à la fois un peu lâche et trop bavard. Un point de faiblesse qui semble même parfois avoir quelque peu amoindrit la mise en scène habituellement plus inspirée d'un Anthony Mann qui reste ici sur la retenue : les paysages sont étrangement en retrait malgré un superbe technicolor, les confrontations viriles un peu mécaniques, la caractérisation des personnages n'évite pas quelques clichés... Finalement il ne semble ne s'être véritablement intéressé qu'à l'opportunité de s'offrir de belles séquences sur l'océan et une reconstitution spectaculaire d'une tempête en pleine mer. Un divertissement au demeurant très agréable, doté de ces petites thématiques un peu désuètes aujourd'hui, rétro même, accumulant les personnages roublards, les prises de becs, le pittoresque, et qui tout de même impose un savoir-faire et un professionnalisme évidents.

Nathanaël Bouton-Drouard




 

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Image :
Tourné dans un superbe Technicolor, Le Port des passions affiche le souci rencontré par de nombreuses productions couleur de l'époque à savoir un glissement irrégulier des couches de teintes. Ça déborde, ça bave un peu, ça oscille de manière un peu désagréable et comme ce type d'ajustement est coûteux Universal n'a certainement pas investi dans une telle restauration. Heureusement, pour le reste, les cadres sont effectivement très propres et l'ensemble du film profite d'une définition bien creusée révélant de belles matières, un grain organique et une profondeur très agréable.

 


Son :
Piste anglaise et français (doublage d'époque) se présentent dans de très bonnes conditions avec des DTS HD Master Audio 2.0 qui assurent une restitution limpide des monos d'origine. La VO a naturellement plus de naturel que la VF mais les mixages restent bien plantés.

 


Interactivité :
Sobre, face caméra mais avec un débit bien régulier Eddy Moine délivre une présentation dont il a désormais le secret. Collaboration Anthony Mann et James Stewart, implication de scénaristes connus, particularités du film, défauts et qualités... L'essentiel est là et parfaitement transmis.

Liste des bonus : Le film par Eddy Moine (16'), Bandes-annonces

 

 

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