LE TRôNE DE FEU
il trono di fuoco, The Bloody Judge - Italie, Allemagne, Espagne, Liechtenstein - 1970
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Genre : Aventure
Réalisateur : Jess Franco
Musique : Bruno Nicolai
Image : 2.35 16/9
Son : Français et anglais PCM 2.0 mono
Sous-titre : Français
Durée : 102 minutes
Distributeur : Artus Films
Date de sortie : 17 mai 2022
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Angleterre, 1685. A la mort du roi Charles II, Jacques II monte sur le trône. Mais une grande partie de la population est fidèle à Guillaume d’Orange, en exil. Afin de contrôler les conspirateurs, le juge Jeffreys est chargé de faire régner l’ordre. Il exécute sa mission avec beaucoup de zèle, torturant et faisant périr sur le bûcher de nombreuses femmes soi-disant sorcières. La famille de Lord Wessex va s’opposer au juge sanguinaire.
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Injustices sanglantes

Le stakhanoviste Jess Franco retrouve la star du gothique Christopher Lee pour un démarquage plus qu'honorable du Grand Inquisiteur de Michael Reeves, avec Le Trône de feu venant célébrer le sens de la justice on ne peut plus personnel du véritable juge Jeffrey. Un grand moment d'histoire, avec quelques soupçons de dérives sanglantes et d'érotisme cela va de soi.

Toujours produit par Harry Alan Towers, lui permettant d'accéder à un confort de production inédit dans sa carrière, Jess Franco connaît dans cette dernière partie des années 60 une période faste, à la fois plus sobre mais incroyablement plus soignée. Le cinéaste semble certainement beaucoup plus appliqué dans sa mise en scène, ses cadrages et surtout dans son appréhension de narrations beaucoup mieux tenus. Il est sans doute motivé par les superbes décors portugais et espagnols, la crédibilité et la richesse des costumes, l'esthétique de la photographie, l'étendue des compositions de Bruno Nicolai, mais aussi la mise à disposition de casting internationaux des plus solides. Dans Le Trône de feu on reconnaît ainsi l'autrichienne Maria Schell vue chez Visconti (Nuits Blanches) ou Richard Brook (Les Frères Karamazov) en aveugle capable d'entrapercevoir le destin des protagonistes, l'anglais Leo Genn (Moby Dick de John Huston, Quo Vadis...) en noble inquiet par l'état de son Angleterre, mais aussi et avant tout l'immense Christopher Lee. Un acteur extrêmement cultivé qui connaissait justement parfaitement les agissements du tristement célèbre George Jeffreys et ses Assises sanglantes, accusant et condamnant le moindre suspects de rébellion contre l'éphémère Jacques II, à la torture, à la pendaison ou au bûcher sous prétexte de sorcellerie.

 

le bordel et la loi


Un monstre de l'histoire que Lee présenterait presque astucieusement comme un bureaucrate lassé mais appliqué, que seule la présence de la très jolie Maria Rohm (Justine, 99 Femmes, Black Beauty) va raviver dans ses pulsions plus humaines. Sur fond de rébellion contre le roi félon et son sbire à robe rouge, de romance entre la belle blonde et un charmant jeune duc bien entendu très mal vue par "l'homme de loi", Jess Franco signe un film d'aventure bien efficace avec cavalcades à cheval, batailles à l'épée, roulades dans le foin et quelques tentatives de viols sur la pauvre Mary, faisant ainsi écho à la très fructueuse série des Angélique, mais aussi permettant au cinéaste de faire glisser parfois le classicisme apparent vers quelques élans sadiens beaucoup plus personnels. Déjà collaborateur de Jess Franco sur quelques épisodes de Fu Manchu, Les Nuits de Dracula et Eugénie, Christopher Lee sera désagréablement surpris lorsqu'il découvrira les scènes de tortures appesanties et totalement gratuites dans lesquels de jolies demoiselles, plus ou moins dénudées, mais toujours suppliciées, subissent les coups de fouets et les lames sanglantes du grimaçant Howard Vernon en collant et cagoule de bourreau. Des séquences qui culmine lorsque notre belle héroïne se met à lécher lascivement et longuement, sans aucune raison, le corps d'une de ses camarades d'infortunes. Jess Franco restera toujours Jess Franco.... Il s'intéressera d'ailleurs à nouveau à ce fameux Juge George Jeffreys trois ans plus tard avec le tout aussi réussi Les Démons, cette fois-ci plus influencé par le succès de Les Diables de Ken Russsel.

Nathanaël Bouton-Drouard






 

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Image :
Ils sont encore plutôt rares les Bluray du Trône de feu et la qualité de la copie en est d'autant plus étonnante. La source est dans d'excellente condition avec des cadres extrêmement propres, sans réels défauts notables, le tout rêvélant des couleurs pleines et chatoyantes, se rapprochant directement des contours technicolors voulus. La définition est à l'avenant avec un joli piqué, venant agréablement souligner les détails des costumes et décors tout en reflétant naturellement le petit grain de pellicule d'origine.

 


Son :
Un peu fatigué et parfois essoufflé, le doublage français d'origine n'en reste pas moins plutôt dans le ton avec un vrai sérieux dans l'interprétation. On préférera tout de même profiter de la vraie voix de Christophe Lee, grave et inquiétante, qui plus est disposée dans une version anglaise sobre mais claire et bien posée.

 


Interactivité :
Même packaging digipack avec fourreau cartonné que pour les autres titres récents de la collection Jess Franco chez Artus Films. A l'intérieur un DVD et un Bluray qui propose le même programme avec une scène coupée essentiellement romantique mais sans explication sur son écart du montage présent, et une présentation du film par le désormais habituel Stéphane du Mesnildot. On y discute des films de torture et d'inquisition à travers les âges, de la tenue générale des films de Jess Franco produits par Harry Alan Towers, des petites particularités bis du Trône de feu et des collaborations avec Christophe Lee. A l'essentiel donc.

Liste des bonus : « Le Trône de Jess » : présentation par Stéphane du Mesnildot (17'), Scène coupée (6'), Diaporama d'affiches et photos (2'), Bandes-annonces.

 

 

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