TEXAS ADIOS
Texas Addio - Italie, Espagne - 1966
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Genre : Western
Réalisateur : Ferdinando Baldi
Image : 2.35 16/9
Son : Français et italien PCM 2.0
Sous-titre : Français
Durée : 92 minutes
Distributeur : Frenezy
Date de sortie : 28 avril 2022
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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portoflio
LE PITCH
Poussé par la soif de vengeance, Burt Sullivan quitte le Texas où il était shérif pour parcourir le Mexique en compagnie de son jeune frère. Les deux hommes sont à la recherche du meurtrier de leur père, Delgado qui est maintenant un propriétaire foncier puissant. Mais la découverte d’un secret familial calme leur besoin de vengeance…
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Almeria, hola

Parfois considéré à l'étranger comme un Django 2 (ce qu'il n'est pas), Texas Adios fait partie de la première grande foulée de westerns italiens, permettant d'assurer à Franco Nero sa stature nouvelle de star du genre. Un petit western, encore très classique, mais qui en 1966 participa à affirmer la naissance d'un genre.

 

Si Sergio Leone entama sa propre révolution en 1964 avec Pour une poignée de dollars, la proposition ne fit véritablement goutte d'huile que deux ans plus tard avec une année 1966 particulièrement chargée où le jeune Franco Nero va irrémédiablement s'imposer comme le visage du western italien avec pas moins de trois films mémorables : le cultissime et baroque Django de Sergio Corbucci, le déjà paroxystique Le Temps du massacre de Lucio Fulci et au milieu le plus timide Texas Adios. Là où les deux autres affirment à la fois la personnalité de leurs auteurs et les caractéristiques explosives du western spaghetti, le film de Ferdinando Baldi reste largement plus attaché à une certaine forme épurée, droite et classique encore héritée de l'école américaine. Si Franco Nero, reste bien installé dans sa figure de l'anti-héros taiseux, mal rasés et à la dégaine décalée (ici un manteau serré et fermé où le holster sert de ceinture), il incarne un shériff, un vrai, dont la vengeance contre l'assassin du paternel n'est pas incompatible avec sa volonté de faire juger et écrouer le truand.

 

chevauchée civilisée


Pas d'excès dans Texas Adios, les méchants tombent effectivement sous les balles mais sans effusion de sang, alors que la caméra reste impeccablement posée incarnant les paysages splendides, et encore presque neufs, d'Almeria (Le Bon la brute et le truand se tournait à quelques encablure de là), dans un cinémascope superbe. Si en coulisses ont retrouve quelques noms déjà attachés à Django (le scénariste Franco Rossetti, le directeur photo Enzo Barboni, sans parler de l'acteur principal), le film de Baldi montre un cinéma italien qui se cherche encore, entre héritage et modernité, valeurs sûres et amorces des chamboulements à venir. Si quelques années plus tard le même réalisateur s'engouffrera dans la folie ambiante avec le délirant Blindman (avec Ringo Starr), il se montre ici beaucoup plus mesuré jouant d'ailleurs sur les compositions de l'excellent Antón García Abril (La Chevauchée des morts-vivants) pour souligner le passage d'un Texas encore joyeux et presque idéalisé façon 50's à un Mexique plus sombre et dangereux bien plus 60's. C'est dans cet environnement où apparaissent avec la rébellion populaire en marche les premières bribes des fameux western Zapata inaugurés quelques mois plus tard avec le El Chuncho de Damiano Damiani, et où l'atmosphère se fait légèrement plus pesante alors qu'éclate la vérité sur la teneur plus mélodramatique que shakespearienne qui relie les frères Sullivan avec le riche propriétaire Delgado (José Guardiola) au charisme mafieux.

Pas forcément le plus percutant et le plus marquant des western italiens, Texas Adios reste plutôt intéressant dans sa volonté d'inscrire le changement dans la continuité (oui comme un centriste), distillant quelques codes qui deviendront ensuite communs, plus appuyés, décadents. Plus timorés que d'autres certes, mais tout de même solidement produit, filmé avec emphase, superbement photographié et virilement relevé par la présence imparable de Franco Nero.

Nathanaël Bouton-Drouard




 

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Image :
Déjà distribué en HD chez Arrow (aux USA en double programme avec Django), Texas Adios devient le second titre édité par Frenezy. Manifestement une source un peu plus compliqué que celle de La Victime désignée (juste parfaite) puisque malgré un scan 2K du négatif 35mm et une restauration assez poussée, notre petit éditeur français à dû encore reprendre le travail de l'éditeur anglais pour parfaire sa proposition. Malheureusement les quelques plans étrangement flous ou aux contours dédoublés (sans doute un décalage de la pellicule) n'ont pas pu être gommé, et les nombreuses retouches sont parfois encore perceptibles avec des matières un peu trop gommées. Cela étant dit, le film n'a jamais paru aussi propre et stable, les couleurs ont retrouvé de jolis contours ocres et se dotent désormais de petits reflets argentiques du meilleurs effets. Les plans larges, nombreux, en imposent certainement.

 


Son :
Pas de version doublée anglaise ici, seules les versions monos italienne et française d'origines déployées en PCM 2.0. Des sources en excellentes conditions, bien rafraîchies et des plus confortables, mariant efficacement les thèmes musicaux et les dialogues. A noter que le doublage français, d'époque, est extrêmement solide voir même parfois plus convaincant que la VO.

 


Interactivité :
Deuxième titre du tout jeune Frenezy et nouvel objet parfaitement réussi avec un fourreau au design tout en élégance contenant un boîtier Amaray avec jaquette réversible. Sur le Bluray on retrouve une intéressante sélection de bonus avec pour ouvrir le programme une présentation maison signée par le spécialiste du western italien Jean-François Giré. L'intervenant se souvient de sa première découverte du film puis s'attarde plus largement sur la naissance du western italien et la place toute particulière du film dans cette « première époque », revenant bien entendu sur la carrière naissante de Franco Nero ou la filmographie du cinéaste. On en retrouve d'ailleurs un pendant british avec l'intervention d'Austin Fisher qui va cependant vite embrayer sur les codes naissants du western à l'italienne et les contours politiques tout justes amorcés ici. La suite se fait en compagnie de Mr Franco Nero, qui partage allègrement de nombreux souvenir de l'époque, voit Texas Adios comme un western très américains et partage quelques anecdotes avec Clint Eastwood et John Wayne, puis avec l'ex-jeune premier Alberto Dell'Acqua qui traverse tout sa carrière de cascadeur et ses nombreuses participations aux westerns spaghettis. Complet.

Liste des bonus : Entretien chapitré avec Jean-François Giré : le doigt sur la gâchette #1 (21'), Entretien avec Franco Nero : souvenirs filmés en 2018 (20'), Entretien avec Alberto Dell'Acqua alias Cole Kitosch : acteur, cascadeur... et forain (33'), Analyse d'Austin Fisher qui décrit la place particulière du film dans le western italien (16'), Galerie de photos, Bande-annonce restaurée

 

 

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