THE CARD COUNTER
Etats-Unis, Royaume-Uni - 2021
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Genre : Drame
Réalisateur : Paul Schrader
Image : 1.66 16/9
Son : Anglais DTS HD Master Audio 5.1, Français DTS 5.1
Sous-titre : Français, italien...
Durée : 111 minutes
Distributeur : Universal
Date de sortie : 20 avril 2022
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « The Card Counter »
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LE PITCH
Un joueur de casino taciturne prend un jeune homme paumé sous son aile et voit les traumatismes de son passé ressurgir.
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The Outsider

Alors qu'on annonce, à grands coups de blockbusters décérébrés ou formatés, la mort du cinéma tous les quatre matins, voilà que Paul Schrader, un des plus grands scénaristes d'Hollywood encore en activité décide, cinq ans après son dernier film, de se remettre à la réalisation. Sans surprise, le Monsieur nous revient avec une proposition qui ne ressemble qu'à lui-même, hanté par un héros scorsesien en diable (Martin est à la production) et une romance totalement inattendue. La grande classe.

Pour ceux qui ne connaîtraient pas Paul Schrader et aimeraient le découvrir, il suffit de deux titres. Taxi Driver et Yakuza. Soit ses deux premiers scénarios (l'un pour Scorsese, l'autre pour Pollack) et un genre de quintessence de ce que pouvait être le cinéma américain des années 70. Bien sûr il y en a d'autres (le Obsession de De Palma par exemple), mais ces deux là marquent les débuts d'un auteur qui deviendra un des scénaristes récurrents du grand Martin et lui-même réalisateur avec une poignée de films d'importance.
Parmi eux, Hardcore, qui raconte le calvaire d'un père essayant de sortir sa fille de l'univers du porno. Dans ces titres, un point commun entre tous ses personnages : ce sont des outsiders, des laissés-pour-compte, des asociaux détruits par le système ou en passe de l'être. Avec son héros (tout d'abord) sans nom, ancien taulard, qui erre dans les salles de casino et hante (littéralement) les chambres d'hôtel, The Card Counter assène encore une fois l'écriture de son auteur. Celle d'un homme en dehors des clous qui cherche encore une place avant de vriller définitivement. Tout l'enjeu est donc dans cette simple question : y-a-t-il de l'espoir ? Encore une fois, la réponse est clairement oui.

 

Poker face


Au lieu des rues glauques et fiévreuses habituelles, Schrader place donc son héros (Oscar Isaac, auquel le réalisateur offre un de ses meilleurs rôles) au sein de casinos colorés et lumineux. Un monde de strass pour mieux échapper à la grisaille du monde ou de la prison (qu'il reproduit d'ailleurs dans ses chambres d'hôtel) mais qui va le rattraper lors d'une rencontre fortuite avec un jeune paumé (Tye Sheridan, enfin un peu moins lisse que d'habitude). Un duo étrange motivé uniquement par un passé douloureux qui reviendra sous la forme de scènes littéralement surréalistes aux héros (formidable idée formelle) et contrebalancé par l'unique personnage féminin (Tiffany Haddish, parfaite) qui deviendra progressivement le seul échappatoire possible lors de scènes, cette fois, à la beauté onirique époustouflante (la ballade dans le jardin lumineux).
A son histoire de vengeance que certains auraient attaqué bille en tête, Paul Schrader préfère donc la finesse et l'effet de style ; les Etats-Unis, grand ennemi systémique, sont représentés par Mister USA, un joueur de poker imbattable ; la violence traumatique, compagnon cauchemardesque, est sous-entendue mais n'envahit jamais le cadre ; quant à la romance naissante, possible, elle est abordée avec une incroyable pudeur, comme un écho au respect qu'imposent les traumatismes de son héros torturé dont le visage n'est même plus capable du moindre sourire.

Peu nombreux sont les spectateurs à avoir profité l'année dernière de la sortie de The Card Counter en salles. Il est pourtant, au final, derrière son concept anti-spectaculaire, l'un des plus beaux films de l'année 2021. Un diamant noir à la photo somptueuse qui, sans en déflorer tous les aspects, conjugue écriture magnifique et pamhlet politique avec juste ce qu'il faut d'univers sonore savamment dosé. Un quasi chef d'oeuvre, à ranger d'urgence entre Scorsese et Mann, à la classe monumentale presque anachronique. Non, pas presque.

Laurent Valentin








 

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Image :
Magnifique. Les noirs sont profonds, les couleurs, nombreuses, explosent avec un contraste saisissant. Faisant par exemple de la scène du jardin lumineux l'une des plus belles du support ces derniers mois.

 


Son :
Un DTS-HD 5.1 aux petits oignons qui sait tirer le meilleur parti de l'univers sonore du film, tour à tour sobre, feutré et chaotique. Les scènes de casino mettront l'ensemble de l'installation à contribution, avec des arrières immersives, tandis que les canaux principaux rendront presque palpable le moindre frôlement de carte sur les tapis verts. Techniquement parfait.

 


Interactivité :
Un unique entretien d'une poignée de minutes avec Paul Schrader himself, qui revient rapidement sur deux ou trois aspects du film, ses acteurs et puis s'en va. Une vraie déception tant l'expérience du film méritait très largement d'être prolongée.

Liste des bonus : « Un monde aux enjeux élevés »

 

 

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