LA ROUE
France - 1957
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Image de « La Roue »
Genre : Drame
Musique : Louiguy
Image : 2.35 16/9
Son : Français DTS HD Master Audio 2.0 mono
Sous-titre : Français pour sourds et malentendants
Durée : 104 minutes
Distributeur : Coin de Mire
Date de sortie : 18 mars 2022
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
1940. Conduit par le mécanicien Pelletier, un dernier train emporte, à travers les bombardements, les familles qui fuient le Nord de la France… Une jeune femme est tuée et laisse à ses côtés une enfant en bas âge, Norma, que Pelletier va adopter et envoyer en nourrice avec son fi ls de 5 ans. Les années passent. Les deux jeunes gens viennent s’installer chez leur père et découvrent sa vie de cheminot qui ne laisse de place à personne d’autre qu’à sa locomotive à vapeur…
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La Rose du rail

35 ans après le chef d'œuvre muet d'Abel Gance, le cinéma français s'imagine pouvoir proposer un remake de La Roue. Les grandes ambitions artistiques d'autrefois laissent alors place à un petit mélodrame sentimental et à une illustration appliquée des conditions de vie et de travail des ouvriers de la florissante SNCF.

Gigantesque projet cinématographique comme seul Abel Gance pouvait les faire produire en France, La Roue est une œuvre fleuve atteignant les sept heures dans son montage le plus complet, multipliant les expérimentations stylistiques (montage, caméra mobile, tournage ne extérieur, apparition de touches de couleurs...) qui en fait un classique instantané de l'ère du muet. De ces ambitions avant-gardistes on en trouve aucune trace dans cette version de 1957, clairement beaucoup plus classique et posée dans sa mise en scène, même si on doit lui reconnaitre une vraie faculté à mettre en valeur les machines et leurs mécaniques souvent spectaculaires. La photographie noir et blanc de Lucien Joulet (Le Chanteur de Mexico) et Pierre Petit (Le Rapace) sculpte à merveille les lignes noirs et brillantes de la locomotive, lui donnant une réelle prestance à l'écran, écrasante et omniprésente. Une belle manière de symboliser la place que « la Petite » tient dans la vie de Pelletier (solide Jean Servais) et le déchirement que va provoquer son éloignement avec celle-ci à la suite d'une erreur commise pour raison familiale, puis pour des questions médicales (la vue n'est plus assez bonne) qui le relèguent à mécano à l'atelier, puis veilleur de nuit. Une lente déchéance, symbole aussi d'une modernisation du monde du chemin de fer où l'on ne cesse de vanter les performances de l'électrique dont les expérimentations vont d'ailleurs être menées par le propre fils de celui-ci.

 

A nous de vous faire préférer le train


Un drame ouvrier en somme où l'on reconnait bien souvent la touche humaine et social du futur metteur en scène de Rue de la cascade. Si le film est essentiellement crédité à André Haguant (Procès au Vatican, Il est minuit, docteur Schweitzer), scénariste, réalisateur et producteur quelque peu oublié aujourd'hui, ce dernier ne fut au final que peu présent sur le tournage, victime d'un accident de voiture deux jours avant le début des prises de vue. A son jeune assistant, Maurice Delbez donc de prendre pour la première fois les manettes du long métrage et d'y apposer une sensibilité humaine bien présente et d'ailleurs admirablement portée par un excellent Pierre Mondy en bon copain franc et le cœur sur la main. On le sent ainsi clairement plus attiré par l'aspect presque documentaire du sujet que par les dernières bribes du scénario d'Abel Gance jouant sur l'attirance destructrice que voue Pelletier à sa fille adoptive (ici recueillie après que sa mère soit tombée sous les balles allemandes) et le trouble qui va naitre dans le cœur d'un fils qui la croit être sa sœur de sang. De ce mélodrame ambigu, trouble et riche en symboliques, La Roue de 1957 n'en préserve qu'une confusion des sentiments, de larges maladresses d'un homme bourru et solitaire et un secret qui bien entendu fait plus de mal que de bien. Un essai bien moins grave qui peut alors s'achever sur un happy end plein de bons sentiments.

Film sympathique et document presque historique, La Roue reste tout de même assez anecdotique surtout comparé au chef d'œuvre d'un Abel Gance dont l'histoire ne nous dit pas s'il osa jeter un œil sur cette proposition des plus académiques.

Nathanaël Bouton-Drouard








 

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Image :
Le film est offert par Coin de mire, et Lobster Films, dans une nouvelle restauration effectuée à partir d'un scan 2K de l'internégatif, assurant d'emblée un habillage technique extrêmement solide et appliqué. En dehors d'un générique d'ouverture abimé et de quelques transitions plus fragiles, la copie impose des cadres particulièrement propres et des contrastes joliment détaillés retranscrivant fidèlement grain et définition d'origine.

 


Son :
Disposé en DTS HD Master Audio 2.0, le mono d'origine profite lui aussi d'une sérieuse restauration, lui donnant une clarté tout simplement inédite et une belle mise en valeur de l'atmosphère sonore (musique et bruitage) sans aucune saturation ou disparité disgracieuse.

 


Interactivité :
Nouvel opus de la très belle collection Le Coin de mire, La Roue est disposé dans Mediabook toujours aussi élégant, au design noir et blanc réhaussé de lettres dorées. A l'intérieur un livret piqué dans la reliure propose quelques reproductions de documents d'époque avec livret de presse, reproduction de la couverture d'un numéro dédié de La Vie du rail ou un extrait de la revue Le Film complet, associés dans deux petites pochettes dédiées à un fac-similé de l'affiche du film et des reproductions de photos d'exploitations. Sur les DVD et Bluray on retrouve aussi l'indispensable séance complète avec la possibilité de visionner en préprogramme les actualités de 1957 avec le concours oublié de Miss Europe et une célébration réjouie des premiers miracles du nucléaire (joie !), suivi de la bande annonce du fabuleux Les Espions de Clouzot et d'une bonne sélection de réclames allant de bonbons d'Isigny servis sous la forme d'un film de cape et d'épée, d'un peu d'animation pour les eskimos de Gervais et de literie Epeda vendues par Jean Richard. Des documents tous restaurés avec soin.
A ce programme désormais consacré, l'éditeur à eu la bonne idée, comme pour La Tête dans le ciel, de proposer trois films « institutionnels » relativement inédits et venant bien entendu explorer le monde du rail et ses belles mécaniques. Si on n'évite bien entendu pas les petits éléments sentencieux et un lyrisme limite publicitaire, les courts métrages explorent avec élégance eux aussi la fin d'une époque, les visages du monde cheminot, avec l'abandon de la vapeur au profit des machines à essence, ou la performance (dont La Roue se fait écho) d'un record de vitesse à 330 km/h. Petit bijou admirablement monté et filmé, 231 D 735 est lui aussi un bel hommage au train à vapeur et aux métiers qui l'accompagnait, profitant en outre d'extraits de La Bête humaine de Zola en texte d'accompagnement et de musiques signées François de Roubaix.

Liste des bonus : La séance complète avec actualités Pathé, réclames publicitaires et bandes-annonces d'époque, un livret reproduisant des documents d'époque (24 pages), 10 reproductions de photos d'exploitations (15 x 12 cm), la reproduction de l'affiche d'époque (29 x 21,5 cm), « La Raison du diesel » (27'), « Contre la montre » (22'), « 231 D 735 » (30').

 

 

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