EGō
Pahanhautoja - Finlande, Suède - 2021
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Egō »
Genre : Horreur
Réalisateur : Hanna Bergholm
Image : 1.85 16/9
Son : Finlandais DTS HD Master Audio 5.1
Sous-titre : Français
Durée : 82 minutes
Distributeur : The Jokers
Date de sortie : 27 avril 2022
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Egō »
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LE PITCH
Tinja a 12 ans. Sa mère la pousse à faire de la gymnastique, exerçant sur elle un perfectionnisme malsain. Une nuit, la petite fille va faire la découverte d’un œuf bien étrange, qu’elle va cacher, puis couver. Jusqu’à l’éclosion d’une inquiétante créature…
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L'autre c'est moi

Malgré sa victoire lors du dernier festival du film fantastique de Gerardmer où il a remporté le grand prix du jury, Ego ne passe pas par la case cinéma chez nous et débarque directement en Blu-ray, DVD et VOD. Une décision compréhensible à la vision du film malgré des qualités évidentes.

Ego est le premier long métrage d'Hanna Bergholm réalisatrice et scénariste Finlandaise qui s'était déjà fait remarquer avec plusieurs courts métrage primés. L'idée de ce premier film ne vient pas d'elle à la base, c'est le scénariste Ilja Rautsi qui lui a tout d'abord proposé l'histoire d'un jeune garçon qui garde caché un œuf, qui va finir par faire éclore un double maléfique de lui. Une idée qui séduit tout de suite Bergholm qui demande à changer le sexe du personnage principal pour en faire une jeune fille dans laquelle elle puisse projeter une relation mère-fille toxique, qui sera la base de la frustration qui engendrera la créature. Une écriture à quatre mains donc, qui aboutit sur une histoire très intéressante et un traitement à l'image qui n'a pas peur de prendre des risques, souvent payants, mais qui pèche malheureusement par sa réalisation.
Ego suit donc le parcours de Tinja, toute jeune adolescente de 12 ans, future grande gymnaste qui évolue au sein de sa famille parfaite, dans leur maison parfaite et leur jardin parfait. Tout semble aller pour le mieux donc, sauf que cette image d'Épinal est avant tout celle que la mère de Tinja veut montrer dans ses blogs vidéos car la réalité est beaucoup moins charmante quand la caméra est éteinte. Sans avoir à lever la voix, tout en sourire et froideur, elle tient sa famille sous sa coupe au point que son mari ne semble être qu'une coquille vide dénuée d'émotion et Tinja fait tout pour être aux yeux de sa mère, la petite fille modèle qu'elle montre aux autres. Une soumission totale et volontaire qui va se confronter aux affres de l'entrée dans l'adolescence, notamment l'importance de l'image qu'on renvoie, et va nourrir une frustration et une rage intérieure symbolisé par un oeuf mystérieux, qui va grossir en même temps que le mal être de Tinja, et faire naitre une créature dangereuse.

 

birdgirl


Si le double maléfique symbolisant les pulsions refoulées est un thème assez classique dans le genre du fantastique et de l'horreur, il s'était fait relativement rare ces dernières années au cinéma et l'utiliser dans le cadre du passage de l'enfance à l'adolescence est plutôt bien vu. La créature, Alli de son petit nom, est même le principal centre d'intérêt du film puisque sa relation, autant fascinante que répulsive, avec Tinja est clairement la plus grosse prise de risque du métrage mais aussi la plus payante. Segmentée en plusieurs étape, la transformation d'Alli qui va aller du bébé oiseau géant à une adolescente humaine en passant par une étape hybride des deux, fait aussi office d'utilisation des différentes techniques de création de monstres au cinéma au fil des années. Sa première forme est ainsi entièrement en animatronic, et c'est aussi cette forme qui est la plus intéressante puisque qu'on pourrait apparenter sa relation avec Tinja comme une sorte de E.T horrifique. Utilisant le même lien empathique qui reliait Elliot à son ami venu des étoiles, Tinja et Alli sont ainsi très vite dépendante l'une de l'autre et le design de la créature ne nous pousse pas à s'attacher à la tendresse qui les unit (sous cette forme Alli ressemblant fort aux Skeksis de Dark Crystal). Mais c'est bien dans cette partie qu'Ego réussi son pari de film d'horreur, nous faire accepter cette situation grotesque car le décor autour d'eux, la mère de Tinja ayant re-décoré leur maison pour en faire une sorte de maison de poupée géante, l'est encore plus.
C'est malheureusement quand Alli va commencer à muter vers l'humain que le film commence à montrer des signes de faiblesse, ne pouvant plus compter sur la fascination pour la créature, la mise en scène peu inspirée du film n'a clairement pas les épaules pour soutenir l'intérêt et ne se repose que sur des jump scares prévisibles et des attaques laissées hors-champs. La succession de cadres fixes, qui étaient plutôt pertinents quand ils illustraient le monde rigide et hypocrite de la mère de Tinja, deviennent redondants et finissent par anesthésier tout ressentit alors qu'il aurait fallu que la réalisation mute à son tour et devienne plus organique et viscérale.

Malgré une deuxième moitié assez ratée, on peut comprendre l'enthousiasme que le film a suscité en festival puisque son histoire reste très efficace et une partie de son traitement aussi notamment sa conclusion qui fait totalement sens avec ce que le film nous a raconté, les pires monstres ne sont pas forcément ceux que l'on croit.

Benoit Llamazeres










 

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Image :
Le blu-ray rend parfaitement honneur à l'esthétique très marquée du film. Alternant les couleurs pastel de l'esthétique factice de la maison et les couleurs vives et froides de la Finlande dans les extérieurs, la copie HD joue parfaitement des contrastes et est un régal pour les yeux.

 


Son :
Du très bon boulot aussi coté son, le film restant assez intimiste le mixage DTS 5.1 ne fera pas péter vos installations sonores mais il fera de l'excellent boulot en restituant les sons d'ambiances inquiétantes et les bruits en tout genre, très dérangeants, de la créature.

 


Interactivité :
En matière de bonus il ne faudra se contenter seulement d'un court making-of et d'une bande annonce. Le making of se concentrera principalement sur des interviews de Hanna Bergholm et Sophia Heikkilä. La réalisatrice revient sur la genèse du projet et son travail avec le scénariste et l'actrice aborde la psychologie de son personnage et sur son duo avec la jeune Siiri Solalinna.

Liste des bonus : Making-of (10') - Bande annonce (1'34)

 

 

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