BARBAQUE
France - 2021
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Image de « Barbaque »
Genre : Comédie
Réalisateur : Fabrice Eboué
Musique : Guillaume Roussel
Image : 2.35 16/9
Son : Français DTS HD Master Audio 5.1 et 2.0
Sous-titre : Aucun
Durée : 83 minutes
Distributeur : Universal
Date de sortie : 9 mars 2022
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Barbaque »
portoflio
LE PITCH
Vincent et Sophie sont bouchers. Leur commerce, tout comme leur couple, est en crise. Mais leur vie va basculer le jour où Vincent tue accidentellement un vegan militant qui a saccagé leur boutique…
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Label Rouge

En cherchant à se moquer des vegans dans une longue tirade pas drôle issue de son dernier one-man show, l'humoriste Fabrice Eboué a très vite senti qu'il tenait là un sujet en or. Le débat souvent violent qui oppose les « viandards » aux défenseurs de la cause animale pourrait bien devenir le moteur d'une comédie sale et méchante. Prolongeant cette réflexion, l'auteur nous livre aujourd'hui avec Barbaque une bien étrange mixture, parfaitement réjouissante dans ses excès mais handicapée par ses maladresses et une certaine forme de puérilité.

Les végans peuvent (en partie) souffler, ils ne sont pas les seuls à figurer au menu de Barbaque. Quoi que l'on pense de Fabrice Eboué et de sa répartie saccadée, le loustic a toujours pris soin de se montrer équitable en tapant sur tout le monde. C'est même son seul mode opératoire : prendre deux camps opposés, leur coller un nez rouge, les enfermer dans une pièce pour qu'ils se tapent dessus et se marrer en observant le résultat : antiracistes d'aujourd'hui et racistes d'hier dans Case départ, la françafrique et les dictateurs dans Le crocodile du Botswanga et les laïques et les croyants dans Coexister. Barbaque se propose même d'aller un peu plus loin en créant des clans au sein même des extrêmes qu'il caricature. Il y a les végans activistes et les végans pacifistes comme il y a des artisans bouchers et les ténors de l'industrie agro-alimentaire. Le seul problème, c'est qu'Eboué a beaucoup de mal à voir au delà des archétypes qu'il met en scène. Visiblement, il ne connaît de son sujet que ce qu'il a pu en voir dans les JT de 20h et ne s'est pas donné la peine de creuser plus loin. Sa recherche effrénée de la vanne qui tue et la jubilation de grossir systématiquement le trait l'empêchent de se montrer totalement convaincant dans sa vision acide d'une société française de plus en plus divisée, agressive et frustrée. Pour autant, Barbaque ne se vautre pas dans la même bêtise molle que le nullissime 100% bio de Fabien Onteniente au sujet voisin.

 

saignant ou à point ?


Animé d'un véritable désir de cinéma et déterminé à ne pas jouer dans la même catégorie que les gros succès de la comédie populaire française, Fabrice Eboué n'a que faire de l'esthétique « propre » et sans la moindre imagination des Phillipe de Chauveron, Olivier Baroux et autres Dany Boon. Face à la médiocrité et à l'idéologie de plus en plus rance des Qu'est-ce qu'on a fait au bon Dieu ? et de la saga des Tuche, l'agitateur venu du Jamel Comedy Club assume la transgression et fait voler en éclats le bon goût en usant de la grenade à fragmentation. Gore et provocateur, Barbaque se veut un hommage à C'est arrivé près de chez vous et aux satires malodorantes de John Waters tandis que le ressort du cannibalisme évoque (par accident?) le Vorace d'Antonia Bird et le Sweeney Todd de Tim Burton. S'il n'a pas le talent de ses pairs, Eboué fait néanmoins l'effort de soigner la forme et d'emballer un long-métrage cohérent avec une photographie et des cadres qui sortent de la routine. Il reste encore des efforts à fournir sur la narration et le rythme, avec un final trop vite expédié et une tendance à empiler les séquences plutôt qu'à les lier harmonieusement mais Fabrice Eboué est maître de son humour et ne manque pas de bonnes idées.

Faisant reposer son récit sur la dynamique d'un couple en crise, sur la fascination des françaises et des français pour les émissions de tueurs en série (caméo hilarant de Christophe Hondelatte à la clé) et les surnoms de plus en plus ridicules de ces derniers ainsi que sur le succès foudroyant d'une viande à base de végans que les bouchers tentent de faire passer pour du porc d'Iran (!), Barbaque est effectivement très drôle et très mal élevé. Et la prestation savoureuse d'une Marina Foïs démoniaque en épouse esseulée se transformant peu à peu en mante religieuse sociopathe finit d'emporter l'adhésion. Vous en reprendrez bien une petite tranche ?

Alan Wilson












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Image :
Un master numérique parfaitement immaculée et au niveau de définition assez bluffant. Les rouges sont superbes et les nombreux effets prosthétiques des scènes gores sont sublimés par une facture technique au réalisme hallucinant.

 


Son :
La piste stéréo est déjà très robuste avec un équilibre parfait et une dynamique de compétition mais c'est bien le 5.1 qui fait des miracles et propose une acoustique extrêmement travaillée, entre coups de hachoirs bien placés, dialogues clairs et des détonations puissantes lorsque le personnage de Fabrice Eboué entreprend de chasser du vegan au fusil de chasse.

 


Interactivité :
L'entretien avec Fabrice Eboué a beau être court, il surprend heureusement par sa franchise et sa sincérité. Sans chercher à se montrer humble ou à caresser dans le sens du poil, l'acteur-réalisateur-scénariste parle de ses rêves de cinoche, de son amour de la mise en scène et de son besoin de choquer et de faire bouger les lignes.

Liste des bonus : Entretien avec Fabrice Eboué (13 min)

 
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