REMINISCENCE
Etats-Unis - 2021
Image plateforme « Bluray 4K »
Image de « Reminiscence »
Genre : Science-fiction
Réalisateur : Lisa Joy
Musique : Ramin Djawadi
Image : 2.35 16/9
Son : Dolby Atmos True HD Anglais, Dolby Audio 5.1 français, allemand, italien...
Sous-titre : Français, anglais, allemand...
Durée : 116 minutes
Distributeur : Warner Home Video
Date de sortie : 23 décembre 2021
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Reminiscence »
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LE PITCH
Nick Bannister, un détective privé engagé par des clients afin de retrouver leurs précieux souvenirs navigue dans le monde séduisant du passé lorsque sa vie est bouleversée par une nouvelle cliente, Mae . Une simple affaire se transforme en obsession après sa disparition et il se bat pour apprendre la vérité sur elle…
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Tempus Fugit

Terrible flop de l'été dernier, bien loin de rembourser son budget, Reminiscence aura été délaissé par un public peu intrigué par les mentions de la cocréatrice de Westworld et du coauteur d'Interstellar, ou même par la présence de Hugh Jackman en tête d'affiche. Pourtant l'essai, imparfait, valait sans doute un peu mieux que cet, ironie, oubli collectif.

Écrit et réalisé par Lisa Joy, productrice et scénariste omniprésente de la série Westworld donc, Reminiscence a moins à s'inquiéter de l'ombre du beau-frère Christopher Nolan (lui aussi avide de SF et d'imbroglios mémoriels) que de celles de références plus anciennes et plus imposantes encore. Avec cette vision d'un futur, proche, dystopique, cette photographie sombre et liquide et surtout cette réappropriation moderne des codes du film noir, impossible de ne pas constamment penser à Blade Runner, voir même au Dark City d'Alex Proyas. Tout y est finalement, du héros en manteau long, déjà brisé qui va s'enflammer pour la sublime femme fatale qui va passer sa porte (Rebecca Ferguson) puis qui sera hanter par sa disparition. Obsédé par celle-ci, il va découvrir, à force de détours et de révélations, le réseau de corruption qui enserre Miami et un terrible secret dissimulé par une famille de puissants. Rien de nouveau dans les grandes lignes, mais le scénario se suit sans déplaisir, proprement emballé par une mise en scène certes un peu trop télévisuelle (aucun éclat) mais indéniablement efficace. L'écriture fonctionne, la photographie est léchée, la musique de Ramin Djawadi pas trop envahissante, l'interprétation exemplaire et le gadget science-fictionnel permettant de visualiser les souvenirs du client, s'intègre parfaitement à l'atmosphère et aux thématiques propres justement à ce type de polars futuristes, mélancoliques, désespérés et imprégnés d'un monde brutal, corrompus.

 

Les pieds dans l'eau


Un spectacle carré, sans doute un peu trop puisque rien ne semble se déloger de son socle, suivant docilement toutes les attentes du spectateurs qui se laisse porter ne boudant pas son plaisir mais jamais dupe de la nature éphémère de la séance en question. Trop propre, trop lisse, certes Reminiscence ne peut prétendre à être un futur classique du genre, mais au delà de cette première ligne, il possède cependant un arrière-plan fascinant et assez puissant. Celui d'un avenir proche où la monté des eaux à littéralement transformé le monde (Miami est devenu une Venise américaine), où la population survivante ne sort plus jamais en pleine journée à cause des chaleurs caniculaires, mais où surtout l'avenir ne semble plus rien porter. Le monde se noie peu à peu, le décor est constamment au bord de l'engloutissement et les personnages du film boivent la tasse que ce soit en s'allongeant dans la fameuse machine, en se laissant dériver dans leurs plus beaux souvenirs, ou en observant leur civilisation sombrer peu à peu. Ce suintement constant entre le cadre de l'histoire et sa nature profonde, beaucoup plus ambitieuse que son simple déroulé, aurait pu effectivement accoucher d'une proposition beaucoup plus viscérale et vertigineuse. Il faudra se satisfaire de cet étrange blockbuster, trop léché pour son bien, mais qui laisse suinter un désespoir et quelques visions intéressantes.

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
Film essentiellement capturé en 4K numérique, Reminiscence s'intègre parfaitement aussi bien sur format Bluray (splendide) que sur une galette UHD. Bien entendu cette dernière accroît encore la profondeur de champs, multiplie la finesse de restitution, développe des noirs plus profonds mais surtout joue sur une palette de couleurs plus large et fluide (merci le HDR) et une gestion impressionnante de la lumière. Pas grand chose à reprocher ici, le support est au meilleur de ses capacités.

 


Son :
Systématiquement les pistes doublées sont reléguées par la Warner à de simple Dolby Digital 5.1 fonctionnels mais tellement datés. D'autant plus agaçant pour les anglophobes que la version originale, elle, s'imprègne d'un Dolby Atmos ample et délicat. Dynamiques et naturels, les dialogues s'intègrent parfaitement au paysage sonores nourri essentiellement par des atmosphères assez discrètes mais bien présentes, et quelques envolées un peu plus musclées lors des rares scènes d'action du film. Carré mais efficace.

 


Interactivité :
Est-ce dû à l'échec du film en salle ou à la politique éditoriale de l'éditeur, en tous cas les quelques suppléments disposés sur le Bluray qui accompagnent l'édition n'ont vraiment rien de bien affriolants. Quelques featurettes thématiques, au ton définitivement promotionnel qui enchaînent la présentation du pitch, celle de l'univers et le travail, formidable cela va de soit, de la jeune réalisatrice. Tout le monde est là, du cast au producteur, mais on y apprend vraiment pas grand chose.

Liste des bonus : « Tu pars en voyage » (4'), La côté submergée (7'), « Créer un souvenir » (8'), « Reminiscence : une réunion de famille » (8'), Clip : « Save My Love » par Lonr. et Amber Mark (5')

 
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