ZENABEL
Italie, France - 1969
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Image de « Zenabel »
Réalisateur : Ruggero Deodato
Image : 2.35 16/9
Son : Italien et français DTS HD Master Audio 2.0
Sous-titre : Français
Durée : 85 minutes
Distributeur : Le Chat qui fume
Date de sortie : 20 novembre 2021
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Zenabel »
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LE PITCH
En 1627, dans l’Espagne du Siècle d’or, la jeune Zenabel apprend de son père mourant qu’elle est en réalité une fille adoptée. Ses vrais parents, le duc et la duchesse de Valle Stretta, furent assassinés alors qu’elle était encore un bébé. Le responsable de ce double meurtre, don Alonso y Moira, un baron sans foi ni loi, est depuis devenu le maître des lieux, faisant régner la terreur dans le duché. Désormais, Zenabel va tout mettre en œuvre afin de reconquérir son titre e...
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Tous les hommes tremblaient devant elle

Futur réalisateur d'un Cannibal Holocaust parfois encombrant, Ruggero Deodato se montrait bien plus frais et léger dans ses premières années. Comédie joyeusement libertine, pochade un poil cochon, Zenabel est aussi un film de cape et d'épée.

Après une fructueuse carrière comme assistant réalisateur, et au passage pour quelques grands noms comme Roberto Rossellini, Antonio Margheriti, Riccardo Freda ou même Sergio Corbucci dont le fameux Django porterait sa marque, Ruggero Deodato ne fait qu'entamer sa carrière de cinéaste en cette fin des années 60. On est encore très loin des extrêmes qui ont fait sa renommé, puisque ses premiers essais officiels versent plus joyeusement du coté de la parodie fumeti de James Bond avec Phénoménal et le trésor de Toutankhamon, ou l'aventure exotique un peu friponne avec Gungala La Panthère nue. On reste d'ailleurs parfaitement dans le ton avec ce Zenabel (connu aussi en France sous le titre Faut pas jouer avec les vierges) voulu par le producteur Mauro Parenti, qui s'octroie au passage le rôle du brigand héroïque, comme un véhicule pour célébrer la fougue et la beauté de son épouse Lucretia Love. Féministe convaincue elle s'offre ainsi le rôle d'une jeune donzelle qui déjà brancarde les mâles voyeuristes de son village avant de découvrir que ses origines nobles lui donne droit un à destin beaucoup plus grandiose. Accompagnée d'autres demoiselles bien décidées à affirmer leur indépendance, elle se dirige vers le château du vilain Baron (le vétéran John Ireland un peu perdu) dont l'un des plaisirs est de s'offrir une fois par an une « fête de la vierge ». Une sorte de chasse à cours où le gibier se crapahute dans les bois les fesses à l'air avant de se faire trousser par les aristocrates.

 

La Croisade des femmes


Une référence aux fameuses Chasses du Comte Zaroff (en beaucoup moins douloureux), mais surtout un esprit déluré largement inspiré des fumeti pour adultes si populaires en ces années de libération sexuelles, qui plus encore que le Isabelle, duchesse du diable de Bruno Corbucci, s'engouffre dans le mélange feuilletonnant et sensuel de la saga des Angélique. Ruggero Deodato, qui signait alors sous le pseudo classe de Roger Rockfeller n'a pas grand-chose à envier à Bernard Borderie et profite de superbe décors et costumes, d'une photographie pimpante très « Technicolor » et de compositions romanesques signées par Bruno Nicolai, épaulé par un certain Ennio Morricone. Les images sont toujours belles (aaah ce joli ralenti sur le bain en pleine nature dès l'ouverture), les péripéties entre petits combats de cape et d'épée et autres dissimulation et embûches, s'enchaînent à un rythme honnète, mais l'essentiel du film tient effectivement plus dans sa tonalité constamment grotesque, paillarde et son défilé de très jolies demoiselles dans le plus simple appareil, finalement rarement réticentes à une petite partie de jambes en l'air. Un sexe léger, joyeux, un humour parfois un poil lourd mais toujours enfantin qui pourrait même faire penser dans sa manière de jamais se prendre au sérieux, dans ses nombreux décalages parodiques, à ce cher Mel Brooks.

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
Alors qu'on pleure encore l'absence de restauration de qualité pour les œuvres les plus connues de Deodato (Le Dernier Monde cannibale, Cannibal Holocaust, La Maison au fond du parc, Barbarians...) c'est le sympathique Zenabel qui s'offre une restauration à partir d'un nouveau scan 4K de l'interpositif. Et comme toujours avec Le Chat qui fume, le master a été minutieusement nettoyé de la moindre imperfection tout en préservant le grain et les argentique, afin d'affirmer une patine cinématographique qui s'allie à la perfection avec une définition pointue. Le plus impressionnant ici restant la superbe palette de couleurs vives, pleines et contrastées qui rehausse largement le spectacle rappelant les meilleurs swashbuckler des années 60.

 


Son :

Solides et bien charpentés les monos d'origines sont proposés dans des DTS HD Master Audio 2.0 qui assurent une appréciable clarté, sans aucune disparité ou perdition véritablement notable. Comme toujours avec ce cinéma italien tout le monde a été post-synchronisé, mais versions italienne et française jouent une corde tout aussi excessive et caricaturale.

 


Interactivité :

Encore une très belle édition à l'actif du Chat qui fume qui glisse dans son digipack reprenant de belle façon l'affiche italienne du film, quelques bonus plus qu'alléchants. Et on ne dit pas ça que pour les scènes pornographiques tournées par Claude Pierson pour le distributeur français afin de caviarder une péloche qu'il trouvait trop timide. Restaurées elles aussi, mais totalement hors propos et trop visibles, elles affichent des scénettes et inserts où la chair semble bien triste.
Philippe Chouvel (auteur de l'ouvrage sur Claude Mulot) en explique l'origine entre deux filmographies (réalisateur, producteurs, actrices... ) dans sa timide présentation du film. De son coté Ruggero Deodato ne cache pas la désagréable surprise qu'elles suscitèrent lors d'une projection où il aurait aimé emmener sa fille. L'interview exclusive du réalisateur se consacre presque exclusivement à Zenabel et lui permet d'évoquer un tournage heureux et un résultat qui garde toute sa sympathie et lui ouvrit quelques portes dans le monde de la publicité. Un item qui au passage complète parfaitement le gros morceaux Deodato Holocaust, retraçant presque toute la filmographie du bonhomme, mais dont Zenabel est curieusement absent. Conçu par le brésilien Felipe M. Guerra, le film vendu parfois en unitaire dans d'autres pays, risque de décevoir ceux qui s'attendaient à un authentique documentaire. Il s'agit en fait uniquement d'une série de longues interviews de Deodato entrecoupées d'extraits des différents films évoqués. Mise en scène basique, construction chronologique, déroulé pépère, En tant que bonus de luxe, l'entreprise fonctionnecependant très bien grâce à la personnalité du sujet, toujours loquace, franc voir colérique (le petit emportement final est un petit classique) et l'évocation de réalisations trop souvent écrasées par son image (fausse) de spécialiste du cinéma gore.

Liste des bonus : « Deodato Holocaust » (71'), « Le pouvoir des filles » avec Ruggero Deodato (19'), Zenabel par Philippe Chouvel (32'), Séquences coupées interdites aux mineurs (19').

 
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