LA COLLINE AUX COQUELICOTS
コクリコ坂から - Japon - 1995 / 2011
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « La Colline aux coquelicots »
Réalisateur : Goro Miyazaki
Musique : Satoshi Takebe
Image : 1.85 16/9
Son : Japonais et français DTS HD Master Audio 5.0
Sous-titre : Français
Durée : 90 minutes
Distributeur : Wild Side Vidéo
Date de sortie : 24 novembre 2021
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « La Colline aux coquelicots »
portoflio
LE PITCH
Umi est une jeune lycéenne qui vit dans une vieille bâtisse perchée au sommet d’une colline surplombant le port de Yokohama. Chaque matin, depuis que son père a disparu en mer, elle hisse face à la baie deux pavillons, comme un message lancé à l’horizon. Au lycée, quelqu’un a même écrit un article sur cet émouvant signal dans le journal du campus. C’est peut-être l’intrépide Shun, le séduisant jeune homme qu’Umi n’a pas manqué de remarquer. Attirés l’un par l’au...
Partagez sur :
Seconde génération

Goro Miyazaki pourra-t-il un jour s'extraire de l'ombre de son célèbre père, pilier du studio Ghibli ? Car si La Colline aux coquelicots est pour l'instant sa réalisation la plus réussie, celle aussi dont le scénario a été rédigé par Hayao Miyazaki. Cruelle ironie.

Être le "fils de" n'est pas forcément chose facile. Demandez le à Goro Miyazaki dont chacune des réalisations est inévitablement comparée à l'œuvre phénoménale du paternel... D'autant plus cruel que confectionnés au sein du même studio d'animation, avec des équipes tout aussi rodées et professionnelles, ses créations comme le tristement laborieux Les Contes de Terremer, la sympathique série animée Ronja ou hasardeux Aya et la sorcière, manquent systématiquement de cette étincelle magique, de cette vivacité éclatante et de cette compréhension puissante des personnages. Des failles qu'Hayao Miyzaki n'hésite d'ailleurs jamais a évoquer publiquement... Dur. 
Comme assez souvent dans l'histoire du studio Ghibli, La Colline aux coquelicots est un projet de longue haleine, imaginée déjà par le metteur en scène du Château dans le ciel lors de sa découverte d'un manga pour fille populaire qui indirectement faisait écho à sa propre jeunesse. Celle des années soixante, d'une génération de l'après guerre pouvant enfin prendre son destin en main dans un pays en pleine transition, entre tradition et modernité occidentale. Les années passent et il faudra que Miyazaki entendent une simple chanson, L'été des adieux devenue la chanson titre, pour que tel une madeleine de Proust les sentiments reviennent s'imposer à lui et qu'il entame l'écriture de l'adaptation. Un sujet on ne peut plus personnel, des souvenirs légèrement teintés de nostalgie, une atmosphère aujourd'hui disparue ou pointe une mélancolie d'autant plus marquante que la production du film s'est faite pendant la crise de Fukushima, dont il va pourtant confier la réalisation à son fiston.

 

des fleurs sur un champs de bataille


Largement aidé par le savoir-faire du studio, celui-ci s'en sort d'ailleurs plutôt bien. Pas de grandes envolées stylistiques, pas de touche véritablement originale dans la mise en scène ou la dramaturgie, mais en tout cas un regard assez sensible et délicat sur cette bande de jeunes adolescents enthousiastes, tournés vers un avenir radieux et se lançant dans la défense du « quartier latin », gigantesque bâtisse frisant la ruine et abritant les clubs « intellectuels » du lycée. Le premier combat politique d'une vie, admirablement conté, offrant à la fois les plus beaux décors du film (cette fameuse précision du peint à la main) et les élans les plus touchants où affleurent justement cette humanité fragile, simple, sincère propre au catalogue du studio Ghibli. Une atmosphère réussie, mais qui une nouvelle fois s'égare un peu maladroitement sur les rives du grand mélodrame. La romance, ou plutôt la bluette, d'Umi et Shun, hantée par les tragédies de la Guerre de Corée et un terrible secret de famille, ressemble trop à un roman à l'eau de rose, à un shojo naïf, pour véritablement passionner le spectateur. En suivant les aventures de la jeune héroïne, indépendante comme il se doit, celui-ci aura alors surtout tendance à laisser son regard vagabonder sur l'horizon aux reflets brillants, sur les étals des marchants disposés dans les rues, sur les petites attitudes minutieuses des camarades de classes... Ce quotidien là, toujours juste et admirable, n'avait sans doute pas besoin d'accents feuilletonesques plus basiques, mignons mais un poil forcés. Dans cette histoire d'héritage, de transmission intergénérationnelle on pourrait chercher ce qui appartient à Hayao et à Goro, mais notre mauvais esprit a déjà tranché.

Nathanaël Bouton-Drouard








Partagez sur :
 

Image :
Sans le moindre faux pas, le Bluray de La Colline aux coquelicots délivre naturellement une image aux lisières de la perfection. Produit à la fois de manière traditionnelle et à l'aide d'outils informatiques, le transfert initial du film est entièrement numérique et se prête donc admirablement à un visionnage HD de ce type : la définition est exemplaire et les couleurs pimpantes et variées.

 


Son :
Si le film est proposé autant pour sa version originale que française (assez agréable) avec un dispositif sonore mettant en avant une belle dynamique, il laisse volontairement le caisson de basse au repos. C'est que l'on parle ici de doux souvenirs, de tendresse, de jeunesse, et pas d'émotions fortes. La dynamique est toujours subtilement amenée, travaillant discrètement mais sûrement ses ambiances, et assurant une dynamique directe et naturelle.

 


Interactivité :

Une fois n'est pas coutume dans la gamme des titres Ghibli, La Colline aux coquelicots est accompagné d'une imposante quantité de bonus. Et chose encore plus rare, on peut enfin approcher légèrement les coulisses de productions ou en tout cas les évoquer grace au discours d'Hayao et Goro Miyzaki à l'issue de la première projection du film à son équipe. Remerciements collectifs, encouragements, mais aussi quelques menues critiques, Miyazaki père n'hésite pas à se reprocher des retards dans le rendu du scénario, rappelant que les éloges promotionnelles c'est pas vraiment le genre de la maison. On en retrouve écho dans la conférence de presse enregistrée pour le coup quelques mois plus tôt, avec un retour sur les origines du film, l'importance de la chanson principale et de l'évocation du Japon des 60's, mais aussi une émotion encore très vive, voir douloureuse, puisque nous ne sommes que quelques semaines après la catastrophe de Fukushima. Le reste est beaucoup plus léger avec une présentation public du film qui laisse beaucoup de place aux doubleurs japonais, un petit clip bien kitchounet et l'intégralité du concert de la chanteuse Aoi Teshima. Un joli dispositif avec trois écrans immersifs, des petits effets 3D qui traversent la salle et surtout tout l'univers musical du film accompagné au piano par Satoshi Takebe le compositeur.

Liste des bonus : 2 artcards du film (16,5 x 12 cm), Aoi Teshima : Concert à 360° (52'), Clip L'été des adieux par Aoi Teshima (6'), Conférence de presse L'été des adieux (40'), Première projection : discours de Hayao et Goro Miyazaki (6'), Présentation du film au cinéma Scala-Za (24'), Bandes-annonces.

 
Crédits & mentions légales - Publicité - Nous contacter
Copyright Regard Critique 2009-2022