L'ENFER DES ZOMBIES
Zombi 2 - Italie - 1979
Image plateforme « DVD »
Image de « L'Enfer des Zombies »
Genre : Horreur
Réalisateur : Lucio Fulci
Musique : Fabio Frizzi
Image : 2.35 16/9
Son : Français en DD 5.1 et DTS, italien en mono
Sous-titre : Français
Durée : 91 minutes
Distributeur : Neo Publishing
Date de sortie : 3 mai 2005
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « L'Enfer des Zombies »
portoflio
LE PITCH
Après qu'un bateau à la dérive eut ramené un mort-vivant à New York, une jeune journaliste intriguée décide de retracer son étrange parcours. Après des recherches, elle se rend en compagnie d'amis proches sur l'île d'où provenait le "malade", où va bientôt s'abattre une terrible malédiction...
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L'enfer selon Fulci

L'heure est au mort-vivant. Après Resident Evil, Resident Evil : Apocalypse (USA, Allemagne), 28 jours plus tard (Angleterre), L'Armée des Morts (USA), Undead (Australie), Shaun of the Dead (Angleterre) et en attendant Land of the Dead (USA, Canada) de ce bon vieux George A. Romero, difficile d'échapper à la nouvelle vague zombiesque internationale. Les Morts marchent donc à nouveau, se nourrissent de chair fraîche encore, et encore, sous le regard d'une nouvelle génération baignée dès l'enfance dans l'horreur sociologique, brutale et intime de Romero, comme dans celle viscérale, poétique et onirique de Lucio Fulci.

 

Cauchemard expérimental

 

Dire que Lucio Fulci a marqué à vie la quasi-intégralité des amateurs de gore via L'Enfer des Zombies est un doux euphémisme. Rien ne laissait pourtant espérer un tel résultat à l'époque. Vendu avant même la première ligne de scénario achevé, Zombi 2 (sans le « e », pour éviter les embêtements juridiques, « 2 » pour prétendre faire suite à Zombie) se tournera à l'italienne, sans le sou et dans une désorganisation assez phénoménale. Moins d'un mois séparera le dernier jour de prises de vue de la sortie européenne, à peine le temps nécessaire aujourd'hui pour mixer les doublages internationaux d'un blockbuster américain. Ca laisse rêveur.
Malmené dans sa vie personnelle, Fulci, jusqu'alors auteur gothique solide (cf. L'Emmurée vivante), déversera son mal-être et ses frustrations dans L'Enfer des Zombies. Sanglant à n'en plus pouvoir, le film ne prétend pas jongler avec les thématiques politiques de son homologue américain. Fulci et son producteur Fabrizio de Angelis veulent un film d'horreur direct, au premier degré, un survival dont l'inspiration vaudou nourrira avant tout un cauchemar quasi-expérimental.

no man's Land


Quoiqu'il en soit, le pari sera tenu haut la main par l'équipe de Fulci. Si ses figures imposées affichent aujourd'hui un kitsch plus ou moins savoureux (les scènes de nu n'ont vraiment, mais alors vraiment rien à faire là), L'Enfer des Zombies reste un sommet d'impressionnisme macabre, de raffinement dans l'horrible. Desséchés, parcourus dans leurs chairs par des vers et autres bestioles peu recommandables, les morts-vivants errent désincarnés dans des rues de western filmées en Cinémascope, et dégageant une aura singulière, qui n'appelle jamais le rire. Dans ce no man's land exotique où viennent se perdre des occidentaux trop curieux, Fulci met en scène des morceaux de bravoure surréalistes, tellement graphiques et excentriques qu'ils dépassent d'emblée tout procès moral : une femme énuclée en gros plan par un revenant, un mort dévorant un requin vivant, une tête s'extirpant lentement d'une terre aride... Un spectacle ahurissant qui trouvera son apogée lors d'un gunfight à la limite de l'abstraction, où lors de cette image finale emblématique, montrant les morts arpenter mécaniquement le pont de Brooklyn. Un plan de légende pour un film mémorable, qui méritait bien l'hommage que Zack Snyder lui adressait récemment dans L'Armée des Morts.

Simon Grueber








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Image :
Peut-être la seule petite déception de cette édition. Tandis que l'édition américaine de Blue Underground bénéficiait d'un transfert de toute beauté, à la colorimétrie incroyable, et d'une copie quasiment dénuée de taches et de griffures, le disque de Neo Publishing doit se contenter d'un master ancien, qui commence à montrer ses limites. Dommage donc, mais pas loin d'être rhédibitoire : compressé sur un DVD-9 sans le moindre bonus alentours, le transfert se montre bien plus classieux que pour nombre de longs-métrages des années 1980.

 


Son :
Autre petite bizarrerie, le film n'est pas disponible en Anglais, langue des acteurs Ian McCulloch et Tisa Farrow. Avant que les puristes ne hurlent au scandale, on précisera qu'aucune "version originale" du film n'existe dans le sens premier du terme, à l'instar de la majorité des films d'exploitation italiens de l'époque. Sur le plateau, chacun s'exprimait dans son propre dialecte et les distributeurs internationaux se chargeaient de réenregistrer les dialogues étrangers. D'un point de vue sonore donc, le français a été privilégié, écopant d'un dolby surround, d'un dolby digital 5.1 et d'un DTS tandis, contre un simple mono pour l'italien. Si le choix semble impressionnant sur le papier, les mixages haut débit n'apportent pas grand chose au visionnage, si ce n'est quelques effets de spatialisation ici et là. Les cinéphiles préféreront toujours se rabattre sur un mono d'origine.

 


Interactivité :
Autant le dire tout de suite, le collector de L'Enfer des Zombies tient de l'entité extraterrestre. Jamais ô grand jamais un film d'horreur rital des eighties n'avait fait l'objet d'un traitement aussi jusqu'au-boutiste. Reprenant l'intégralité des suppléments de l'édition Media Blasters, qui souffrait hélas d'une copie censurée du film (la version intégrale étant sortie dans un premier temps chez Anchor Bay, puis chez Blue Underground, nouveau fief du réalisateur William Lustig), le collector de Neo Publishing risque de faire date dans l'édition indépendante hexagonale. Loin de se reposer sur des bonus à la richesse et à la pertinence variables (les intervenants, qui ont dû travailler chacun sur une centaine de nanars depuis 1980, semblent parfois avoir du mal à se raffraîchir la mémoire quant au bijou de Fulci), dont seuls quelques segments et anecdotes éveilleront l'intérêt du fan (sur l'écriture du scénario, la création des maquillages, le combat contre le requin ou simplement le désespoir contenu de Fulci, alors en pleine instance de divorce), Neo Publishing s'est fendu d'un packaging somptueux agrémenté de photos de production et d'affiches originales, ainsi que d'un tout nouveau documentaire maison, de très loin le plus intéressant du disque. Long d'une petite demi-heure, L'Autopsie s'intéresse autant à la genèse du métrage (commande du synopsis, enrôlage de Fulci, préventes dans des marchés internationaux) et sa création à proprement parler (dont une session de montage expéditive d'un mois seulement !) qu'à son impact sur l'indutrie italienne de l'époque et sa douloureuse importation en France. Toujours excités comme des gamins dès qu'il s'agit de parler bis et gore, le journaliste Christophe Lemaire et Pascal Goubereau, responsable éditorial de Ciné FX, évoquent la première projection du film non censurée au Grand Rex, puis leur découverte du montage tronqué, épuré de toute éclaboussure sanglante par un distributeur soucieux de ne pas écoper d'un classement X. Un remontage qui compte toujours aujourd'hui parmi les plus honteux du genre, et que ce double-DVD inespéré vient bannir à jamais de nos esprits.

Liste des bonus : L'Autopsie (30'), Ressusciter les Morts (10'), Créer un meilleur Zombie (100'), Une Soirée avec Dakar (4'), Le Festin des Vers (13'), Commentaire audio de Ian McCulloch, 3 Bandes-annonces, Livret de 16 pages

 

 
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