MAGIC CRYSTAL
Hong-Kong - 1986
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Image de « Magic Crystal »
Réalisateur : Wong Jing
Musique : Joseph Yapp
Image : 1.77 16/9 Compatible 4/3
Son : Cantonnais et français DTS HD Master Audio 2.0
Sous-titre : Français
Durée : 93 minutes
Distributeur : Spectrum Films
Date de sortie : 12 novembre 2021
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Magic Crystal »
portoflio
LE PITCH
Andy, un jeune casse-cou expert en kung fu, part aider un ami archéologue en Grèce. Ils deviennent la cible de Karov, un chef d’agents du KGB et redoutable combattant martial, à cause d’une pierre de jade d’origine extraterrestre et pourvue de nombreux pouvoirs. Cyndi, une agent d’Interpol également experte en kung fu va leur prêter main forte.
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Alien cinema

Véritable naissance du style Wong Jing et divertissement aussi outré que spectaculaire, Magic Crystal oscille joyeusement entre le nanar laqué et la performance martiale avec toute la générosité que pouvait avoir le cinéma populaire HK.

Plus que prolifique et toujours en activité, Wong Jing c'est toute une méthode, une ambiance, une vision totalement mercantile du cinéma où celui-ci n'est vouée qu'à satisfaire bêtement les attentes d'un grand public en quête de divertissements faciles. Pas de honte, Wong Jing la toujours assumé, avec d'autant plus de virulence que souvent ses productions s'avèrent d'authentiques succès au box office hongkongais et asiatique. La saga des God of Gamblers avec Chow Yun Fat puis Stephen Show, les comédies romantiques The Romancing Saga, une adaptation totalement abusée mais réjouissante de City Hunter avec Jackie Chan, Evil Cult avec Jet Li, les Naked Killer avec Maggie Q pour n'en citer qu'une infime poignée parmi la centaine de réalisations créditées à son actif. Après quelques premiers pas fructueux du coté de la déclinante Shaw Brothers, Wong Jing va véritablement imposer sa marque avec justement le Magic Crystal en présence, annonçant la couleur pour les décennies à venir, en copiant ouvertement les derniers gros succès américains, croisant même de manière presque incestueuse Les Aventuriers de l'arche perdues, avec sa chasse au trésor et sa grotte parsemée de pièges mortels, et E.T. reproduisant de manière grotesque l'histoire d'amitié entre un petit garçon et un alien au physique étrange... celui d'une huître vert fluo à l'antenne qui s'allume comme une ampoule. Aujourd'hui en 2021, cet aspect de Magic Crystal peut même sécher le spectateurs tant certains éléments annoncent, par un hasard pervers, le beaucoup plus récent Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal dans son final très SF et la présence d'un vilain agent russe.

 

Chacun sa croisade


Pas question de traiter Wong Jing de visionnaire, il ne fait finalement qu'appliquer la recette de l'excellent Armour of God de Jackie Chan, mais en plongeant l'ensemble dans un humour poussif et lourdingue, avec le petit soupçon d'érotisme encore très sage, plaqué sur un scénario prétexte mal ficelé avec surcouches de services secrets d'Interpol, histoire d'amour potentielle oubliée en cours de route et petit détour touristique par Athènes. Bordélique à souhait, assez grotesque, l'opération réussit tout de même à survivre à l'artillerie lourde du cinéaste (qui d'ailleurs une fois encore s'offre le rôle du sidekick bien balourd), grâce à un casting royal qui se jette dans de longues scènes d'actions nerveuses et accrocheuses. Impossible de ne pas évoquer la prestation surprise de la vénérable Wong Mei Mei, ancienne icône de la Shaw Brothers, ni les efforts convaincant du héros Andy Lau alors à l'orée de sa future gloire, mais se sont clairement les occidentaux Cynthia Rothrock (Le Sens du devoir II, Une Flic de Choc) et Richard Norton (L'Exécuteur de Hong Kong, Twincle Twincle Lucky Star), parfait en vilain cinglant, qui font le show, tout deux échappés et en grande forme du récent carton de Sammo Hung Shanghai Express. Des face-à-face façon kickboxing d'une rare vivacité, ultra rapides, percutants, habilement électrisés par un montage pointu, où s'invitent les techniques de la grue et du tigre pour la première, une maîtrise totale des saï pour le second, orchestrés par le solide Tony Leung Siu Hung que l'on a retrouvé plus récemment sur la saga Ip Man. Finalement c'est peut-être ça la plus grande qualité de Wong Jing : toujours savoir bien s'entourer.

Nathanaël Bouton-Drouard








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Image :
Loin très loin de l'ancien master dégueu vu en VHS en France (pour les plus chanceux), la nouvelle copie HD de Magic Crystal rejoint ces étranges remasterisations à la chinoise dont on peine à savoir si elles sont satisfaisantes ou agaçantes. La restauration est ici évidente avec des cadres bien nettoyés, des couleurs un peu délavées mais stables et harmonieuses, mais la définition reste constamment en retrait, entre le léger flou artistique et un bruit numérique pas franchement discret. Le gain est plus qu'évident et la copie reste honorable.

 


Son :
Bonne surprise que de retrouver ici la version française d'origine, même s'il est bien évidement de courte durée tant le doublage est aussi calamiteux que tous les essais des années 80. La version originale est tout de même un chouïa plus énergique, plus vive, agréablement propre et claire.

 


Interactivité :
L'indispensable Arnaud Lanuque règne en maître sur cette édition (rien que ça). Tout d'abord en livrant son habituelle et érudite présentation du film, avec bien entendu un détour par l'école Wong Jing, et une évocation de ses belles prouesses techniques. Ensuite en proposant deux interviews enregistrées en compagnie de Richard Norton et Cynthia Rothrock. Enregistrées par webcam interposées certes (la qualité d'image est à l'avenant), mais qui traverse aussi largement les débuts des deux acteurs au sein de l'industrie hongkongaise que leurs souvenirs de tournage de Magic Crystal. Quelques détours par l'ensemble de la carrière, quelques anecdotes sur les coulisses, le regard porté sur une belle époque du cinéma d'action, la collaboration avec Wong Jing et le chorégraphe, le jeune Andy Lau... Rien ne manque.

Liste des bonus : Présentation de Arnaud Lanuque (13'), Interview de Cynthia Rothrock (19'), Interview de Richard Norton (45'), jaquette réversible.

 
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