LA MENACE
France - 1977
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « La Menace  »
Genre : Policier
Réalisateur : Alain Corneau
Musique : Gerry Mulligan
Image : 1.85 16/9
Son : Français DTS HD Master Audio 2.0 mono
Sous-titre : Français pour sourds et malentendants
Durée : 117 minutes
Distributeur : LCJ Editions
Date de sortie : 10 novembre 2021
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « La Menace  »
portoflio
LE PITCH
Jalouse de l’amour qu’Henri porte à Julie, Dominique se venge en la frappant avant de se jeter d’une falaise. Julie devient alors la suspecte principale. Pour la faire sortir de prison, Henri commence alors à semer de fausses preuves pour pousser la police à le suspecter.
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Control freak

Troisième long métrage d'Alain Corneau (Série noire, Tous les matins du monde...) et déjà seconde collaboration avec Montand après l'admirable Police Python 357, La Menace en rejoue la même partition. Mais il pousse sans doute encore plus loin cette sensation de piège inextricable dans lequel le protagoniste s'enferme seul.

Dans Police Python 357 Yves Montand incarnait un policier devenu le coupable idéal s'efforçait de s'extirper d'un réseau d'indices qui ne cesse de se resserrer autour de lui. La Menace, tourné dès l'année suivante avec une équipe équivalente (dont le scénariste Daniel Boulanger), place l'acteur face aux accusations portées sur sa nouvelle maitresse, la fragile Carole Laure, pour laquelle il va mettre en branle un plan extrêmement alambiqué. Une succession de faux indices disséminés sur les lieux du crime, chez lui et son ancienne compagne, de comportements suspects, qui doivent alors mener la police, et surtout l'inspecteur Waldeck (flegmatique mais pugnace Jean-François Balmer) à le suspecter et donc à libérer celle qui porte son enfant. Tout démarre d'un quiproquos tragique, d'un suicide dont on ne saura jamais s'il était pensé pour nuire, d'une mauvaise décision initiale (pourquoi ne pas avoir tout raconté à la police ?) qui s'emballe lentement mais de manière inéluctable. Une logique de film noir, de puzzle presque kafkaïen où Alain Corneau déclame tout son amour pour les atours du cinéma de Fritz Lang (en particulier le génial L'Invraisemblable vérité) et l'efficacité américaine.

 

Fausse route


La Menace démarre ainsi volontairement comme un drame sentimental on ne peut plus français dans le décors bordelais, triangle amoureux où l'on sent poindre les cris, les larmes et la tragédie, mais va bifurquer avec rigueur vers le thriller hollywoodien. Le cinéaste pousse même le vice jusqu'à s'offrir un dernier tier dans les paysages canadiens, là où s'est enfui Henri Savin pour la conclusion de son plan vertigineux. Presque sans parole, porté par un Montand froid et mutique, le film n'hésite pas alors à se muer en authentique film d'action, entre une spectaculaire évasion et une poursuite contre des poids lourds qui n'est pas sans rappeler Duel. Corneau exploite ici jusqu'à terme une machinerie maladivement complexe, une trame uniquement motivée par les agissements et les fausses pistes laissées par le protagoniste, dont on tente constamment de ratrapper la logique sans avoir le dessus. Comme souvent chez le cinéaste, le personnage central, tente de s'inventer une nouvelle existence, de faire plier le monde à sa volonté, trichant ici avec les codes de la justice, qui en devient trompeuse, mais toujours avec cette notion de l'inévitable sacrifice. Impossible alors de ne pas être happé par La Menace, intriguant, cérébral, porté par des acteurs exemplaires (Marie Dubois repartira avec un César du Meilleur Second Rôle) et surtout construit avec une rare habilité par l'un des spécialistes du polar français, même si l'exercice de style, jusqu'au-boutiste, peut en devenir improbable, voir extravagant.

Nathanaël Bouton-Drouard




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Image :
Sans même le signifier en gros et gras sur l'avant de la jaquette, LCJ propose ici une toute nouvelle copie restaurée. Un scan à la source manifestement et une restauration extrêmement soignée qui permettent de découvrir le film sous un nouveau jour. L'image est d'une propreté exemplaire, stable, la définition pointilleuse et creusée, tout en préservant comme il se doit le grain de pellicule d'origine. Au pire on questionnera peut-être quelques séquences aux jaunes plus prononcés, mais c'est pour chipoter.

 


Son :
Toute rafraîchie, la piste sonore originale profite pleinement d'un DTS HD Master Audio certes sobre et frontal, mais parfaitement clair et équilibré. Aucune perdition de notée.

 


Interactivité :
Seul supplément présent sur l'édition, le documentaire « Stratégie de l'effacement » dépasse cependant aisément la bonne heure. Un item composé des interviews croisées de Bernard Payen (Responsable de programmation à La Cinémathèque française), Grégory Marouzé (Alain Corneau, du noir au bleu), du monteur Henri Lanoë et de Jean-François Balmer. Des entretiens qui prennent le temps (et c'est rare) de revenir sur la carrière et la personnalité d'Alain Corneau, sur son approche du cinéma noir, d'échanger sur les liens entre La Menace et le précédent Police Python 357, tout en livrant quelques anecdotes de tournages et autre considérations sur Montand l'acteur et une certaine idée du cinéma français. Recommandé.

Liste des bonus : « Stratégie de l'effacement » avec la participation de Bernard Payen, Grégory Marouzé, Jean-François Balmer et Henri Lanoë (inédit, 71')

 
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