CALIFORNIA
Italie, Espagne - 1977
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Genre : Western
Réalisateur : Michele Lupo
Musique : Gianni Ferrio
Image : 2.35 16/9
Son : Italien et Français DTS HD Master Audio 1.0
Sous-titre : Français
Durée : 98 minutes
Distributeur : Artus Films
Date de sortie : 16 novembre 2021
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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portoflio
LE PITCH
À la fin de la guerre de Sécession, les soldats sudistes doivent rentrer chez eux, tentant de survivre dans les décombres fumants. Michael Random, dit California, se lie d’amitié avec le jeune William Preston, faisant un bout de chemin avec lui. Des chasseurs de primes nordistes tuent William. California va ramener sa médaille à la famille Preston et le venger.
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No Dreamin'

Exhumé de la longue agonie de l'âge d'or du western italien, California porte en lui les stigmates d'un genre mourant mais qui trouve encore quelques belles cartouches à tirer. Et le charisme de Giuliano Gemma fait le reste.

Parmi les plus grands acteurs du cinéma populaire italien, et l'une des (belles) gueules les plus inoubliables du western dit Spaghetti, Giulano Gemma sera finalement resté fidèle au genre jusqu'à ses derniers soubresauts. Même si ceux-ci s'avéraient aussi peu glorieux que le timide Selle d'argent de Lucio Fulci, ou le plus tardif encore Tex et le seigneur des abysses, adaptation de la célèbre BD vendue en poche. Quelques temps avant cela il avait tout de même participé à California, qui lui cultivait plus ouvertement le même nihilisme baroque et la violence attendue dans ce type de film. Sans atteindre le niveau décadent d'un Keoma (sorti l'année précédente), California achève littéralement le mythe fantasmé de la belle amérique, en décrivant le destin peu enviable des soldats sudistes aux lendemains de la guerre civile. Battus, affamés, se débattant dans la boue, livrés à eux-mêmes, ils tentent de traverser le pays pour retrouver leur maison et leur famille, mais beaucoup vont être poursuivis par une bande de chasseurs de primes sans pitié menée par le salopard Raymund Harmstorf (The Inglorious Bastards). Le film délaisse la photographie chaude et ensoleillée habituelle, le crépusculaire flamboyant et lui préfère une image plus crue, grisâtre, réaliste, rendant les froides exécutions plus brutales et violentes encore. Dans ce paysage décharné et humide nait cependant une amitié entre Michael Random et le plus jeune et idéaliste William Preston, qui va la aussi malheureusement se heurter à l'injustice.

 

End of the road


Pour une fois dans la dégaine d'un personnage présenté comme relativement antipathique, Guliano Gemma (Le Dernier jour de la colère, Texas, Un Pistolet pour Ringo) s'embarque dans la trajectoire d'une rédemption lorsqu'il retrouve la ferme famille de son ancien camarade de route, où il est accueilli à bras ouvert. Mais il est vite obligé de retrouver la voie de la vengeance lorsque la belle Helen se fait kidnapper par la même bande de mercenaire, à leur tour désavoués par les autorités. La frontière entre le bien et le mal n'a que rarement parue aussi ténue, et la Georgie dépeinte dans le film (aux étranges airs de campagne méditerranéenne) un territoire sans foi ni loi livré aux mains du plus fort. Toujours prompte à se lancer dans l'action Gemma est bien entendu à l'origine de quelques cascades bien troussées, de bagarres au poings sèches et percutantes (dont une explosion de bouteille en plein visage assez hallucinante), mais se montre tout aussi crédible dans la défroque de ce repenti désabusé et fataliste, qui s'avère être le California du titre. Pas forcément l'artisan le plus célèbre de ces grandes années du cinéma de genre italien, et pourtant, Michele Lupo montre qu'au delà de très sympathique péplum (Maciste contre les géants, Le Retour des titans...) et quelques titres pantalonnades en compagnie de Bud Spencer (Le Shérif et les extraterrestres, On m'appelle Malabar), il possédait une solide approche du western. Avant ce California de très bonne facture, on peut effectivement se souvenir de Méfie-toi Ben, Charlie veut ta peau et surtout du petit classique Arizona Colt, tous deux bien entendu avec le sémillant Giuliano.

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
Si un gros effort a été porté à la copie HD de California avec un étalonnage équilibré, une définition plus qu'honnête et des cadres nettoyés (en partie), reste que le master utilisé est manifestement hérité d'une source plus toute jeune. Une restauration intégralement numérique et partielle (des traces sont encore visibles à l'occasion) qui subit alors quelques attaques d'un grain vidéo un poil neigeux, de noirs pas toujours des plus stables et un piqué fluctuant. Pas parfait, mais comme le film reste une rareté, on est forcément plus indulgent.

 


Son :
Les monos d'origine sont proposés ici en DTS HD Master Audio s'offrant donc une restitution plus clair que jamais. Mais là encore les années n'ont pas toujours été tendres avec des petites perditions et saturations toujours présentes sur la version italienne et un mix français qui oublie parfois en cours de route une poignée de bruitages et d'effets d'ambiance.

 


Interactivité :

Présenté dans un digipack sobre avec fourreau cartonné, l'édition de California contient aussi bien le disque Bluray que son homologue DVD. Sur les deux, on retrouve comme supplément l'incontournable, et longue, présentation du film par Curd Ridel. Comme toujours le spécialiste du western italien nous gratifie d'une généreuse évocation des grands noms du film comme le réalisateur, les frères et sœurs Miguel et Paola Bosé mais aussi et avant tout Giuliano Gemma dont il rappel encore et toujours le statut de star mondiale et son importance considérable durant les années 60/70 en Italie et ailleurs.

Liste des bonus : Présentation du film par Curd Ridel (45'), Diaporama d'affiches et photos, Bande-annonce originale

 
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