PAIEMENT CASH
52 Pick-Up - Etats-Unis - 1986
Image plateforme « Blu-Ray »
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Genre : Thriller
Réalisateur : John Frankenheimer
Musique : Gary Chang
Image : 1.85 16/9
Son : Français et Anglais DTS-HD Master Audio 2.0
Sous-titre : Français
Durée : 110 minutes
Distributeur : Sidonis
Date de sortie : 16 octobre 2021
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Harry Mitchell est un industriel à qui tout réussi. Sur le point de rejoindre sa maîtresse à l’hôtel, il tombe sur trois individus masqués qui menacent de révéler sa liaison à moins qu’il ne leur cède une bonne partie de sa fortune.
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Chair à cannon

Si la Cannon a souvent été l'école de la caméra tout-terrain pour réalisateurs en devenir, Menahem Golan et Yoran Globus ont aussi profité du savoir-faire de metteurs en scène chevronnés. Comme John Frankenheimer, qui avec Paiement Cash réalise à la fois un film nerveux, bien écrit, au casting impeccable tout en livrant aux fans des deux producteurs leur dose de violence sanglante with big boobs. La vie quoi.

Harry Mitchell (Roy Scheider, comme toujours impeccable), est un riche industriel au glorieux passé de militaire et marié à une femme qui s'apprête à travailler avec un candidat au poste de procureur. Un citoyen au dessus de tout soupçon, en quelque sorte, si ce n'est sa petite aventure extraconjugale avec une mannequin de 22 ans. Enfin, c'est ce qu'il croit, car la fille est en fait une call-girl avec de bien vilaines fréquentations. Trois de ses contacts, évoluant dans le milieu pornographique, vont alors se servir de sa relation avec le businessman pour le faire chanter. Mais le plan prévu sans accrocs va vite dégénérer en bain de sang, d'abord par l'exécution (hyper violente!) de la jeune maîtresse puis par une succession de mensonges et de traîtrises en tous genres. Jusqu'à un final pyrotechnique en grande pompe sur l'air d'un hymne folklorique américain.

 

Le riche et les pauvres


A l'origine du film, le roman 52 Pick-Up d'Elmore Leonard, auteur prolifique à qui l'on doit quelques scénarios importants (3H10 Pour Yuma, Jackie Brown, Get Shorty...) qui donnent souvent la part belle à des marginaux ou à des gangsters. C'est évidemment encore le cas ici, puisque les trois maître-chanteurs évoluent dans les milieux interlopes d'un LA violent et poisseux. Parmi eux un noir (excellent Clarence Williams III en maquereau fiévreux), un homosexuel et un pornographe (John Glover, plus flippant que jamais). Un trio patibulaire et crasseux à souhait qui semble représenter la parfaite opposition du personnage de Scheider, réussite sociale exemplaire de l'Amérique reaganienne. A ce thème jamais appuyé mais bien présent, la caméra de Frankenheimer rajoute celui des apparences, forcément trompeuses, surtout pour ce héros sans reproches que sa faute fait plonger dans le pathétique et les turpitudes. Le summum étant atteint lors d'une très belle scène où, dos au mur, il pense être obligé de tout raconter à sa femme pour échapper à ses maître-chanteurs. La confrontation entre Ann-Margret (malheureusement sous employée dans le script) et Scheider est vraiment impressionnante et touchante.

Récurrente aussi la technologie de l'image, qui dans le script devient autant de moyens pour piéger son adversaire (l'assassinat de sa maîtresse présenté par l'intermédiaire d'une cassette vidéo - on pense au futur snuff movie de 8MM - ou encore l'appareil photo dont se sert le héros pour confondre ses adversaires). Autant il est parfois vain de trouver la moindre analyse dans certains films du même genre, autant Paiement Cash déroge donc totalement à la règle. Voilà pour la patte Leonard. Quant à celle de Frankenheimer, elle oscille très efficacement entre nervosité et violence sèche tout en profitant parfaitement des éléments du script lui apportant sur un plateau le prétexte nécessaire au défilé de poitrines dénudées. Et ce sans jamais s'éloigner de ses ambitions de base et puisant au mieux dans le savoir faire de Scheider qui porte pour le coup pratiquement tout le film sur ses épaules.

Au final, Paiement Cash, bien qu'occulter par nombre de productions bien plus iconiques et adorées par les fans de la Cannon, se hisse souvent bien au dessus. L'occasion de cette sortie bluray est donc bien le moment ou jamais de lui donner enfin (ou encore!) sa chance.

Laurent Valentin








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Image :
Imparfaite mais pour le meilleur. Le grain bien présent et les quelques flous encore persistants ici ou là, travaillent à donner au film cette patine désormais absente des trop parfaites productions numériques d'aujourd'hui.

 


Son :
Un DTS-HD sur deux voies uniquement, aussi bien en VO qu'en VF. Comme pour l'image, l'absence d'amplitude et d'immersion réellement dynamiques n'empêche jamais le plaisir du visionnage et convoque même la nostalgie de nos années VHS (qui sera un peu plus mise en valeur dans sa VF et son cortège de doublages d'anthologie).

 


Interactivité :
Une présentation par Olivier Père qu'il vaut mieux regarder après le film (un message anti-spoiler prévient en préambule). Le journaliste revient sur la plume d'Elmore Leonard, les différences entre le roman et son adaptation, les sous-intrigues laissées de côté et la vraie/fausse adaptation que fut The Ambassador (avec Mitchum). Presque trois quarts d'heure d'anecdotes et d'informations intéressantes auxquelles Olivier Père commence à nous habituer. Suit un documentaire de la série « The Directors » consacré à John Frankenheimer. Le doc revient sur une très grande partie de sa carrière (notamment celle qu'il eut à la télévision) en donnant la parole à un grand nombre d'acteurs (Samuel Jackson, Kirk Douglas, Frank Sinatra...) et d'actrices (Ann-Margret, Anglea Lansbury...) avec lesquels il eut à travailler. Un peu daté mais digne d'intérêt. Une petite bande annonce d'époque vient clôturer la section bonus.

Liste des bonus : Présentation par Olivier Père (43'19), Les Films de John Frankenheimer (56'11), Bande annonce d'époque (1'44).

 
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