BACCHANALES SEXUELLES
aka Tout le monde il en a deux - France - 1974
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Genre : Erotique
Réalisateur : Jean Rollin
Musique : Rex Hilton
Image : 1.66 16/9
Son : Français et Anglais en DTS-HD MA 2.0 mono d'origine
Sous-titre : Français, Anglais
Durée : 102 minutes
Distributeur : Le Chat qui fume
Date de sortie : 1 octobre 2021
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
À Paris, Valérie emménage dans l'appartement de son cousin, parti aux États-Unis pour six mois. Afin de tromper l'ennui, la jeune femme y convie son amie Sophie. Après quelques verres alcoolisés et des jeux saphiques, les deux copines s'endorment, l'esprit embrumé. Mais, dans la nuit, deux rats d'hôtel font irruption et kidnappent Sophie. L'un de ses camarades, Fred, débarque à son tour dans la demeure. Valérie et lui vont tout mettre en œuvre pour retrouver leur amie, retenue prison...
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Sur l'autel du bis

Dernier film simplement érotique de Jean Rollin avant son abandon dans une carrière porno un peu forcée, Bacchanales Sexuelles se voit luxueusement caressé par Le Chat qui fume qui n'hésite pas à le traiter comme un roi. Ou une reine.

Cinéaste française spécialisé dans le bis érotique et fantastique (ce qui en fait déjà une exception culturelle), Jean Rollin ne fut jamais vraiment prophète en son pays, connaissant malgré une réputation grandissante, de grandes difficultés financières. Ses déambulations lentes et éthérées en compagnie de jeunes et jolies vampires lesbiennes ne fait pas suffisamment recette et le réalisateur doit alors se plier aux attentes du moment et opter pour la facilité d'un érotisme plus prononcé avec Jeunes Filles impudiques avant de basculer directement dans le porno sous le pseudonyme Michel Gentil. Simple œuvre de commande produite pour des questions purement pécuniaires, Tout le monde il en a deux, retitré de manière beaucoup plus agressive Bacchanales sexuelles pour sa seconde exploitation, est de manière évidente un film charnière dans la carrière de Jean Rollin, à la fois un basculement et un adieux à cet imaginaire désuet qui animait ses films « traditionnels ». Produit avant tout comme un film érotique, l'essai s'empare donc de toutes les occasions possibles pour multiplier les étalages de chairs roses et les parties fines.

 

la comtesse et le bourreau


Sophie rejoint Valérie dans cet appartement parisien trop grand pour elle, et hop les accolades s'achèvent en léchouilles profondes. Fred pense rejoindre Sophie et finit par se taper, par inadvertance la seconde. Une bonne vient faire le ménage, a manifestement perdue sa culotte et c'est reparti de plus belle... Un sexe joyeux, sans prise de tête, reflets de ces 70's moins pudiques et de l'amour libre expérimenté par une certaine jeunesse, mais pourtant il est connu que Rollin ne gouttait que très peu ces séquences là, préférant regarder ailleurs le temps qu'elles s'achèvent. Le casting féminin (dont la sublime Annie Belle dans la dernière bobine), particulièrement appétissant et souriant, se démène avec langueur et sérieux, les anatomies étalées sans beaucoup de pudeur (on est souvent à la limite du porno justement) et ces étreintes semblent bien mécaniques, étirées artificiellement, comme les passages obligées qu'elles lui paraissent être. Mais au-delà de cet érotisme poussif, Jean Rollin trouve encore et heureusement matière à jouer avec ses obsessions plus personnelles, construisant cette comédie délurée comme un feuilleton improbable, où très vite un esprit fumeti vient s'inviter à la fête. Comme lorsque les jumelles de La Vampire nue traversent de nuit l'appartement dans des costumes de fantomettes, préparant le spectateur à sa rencontre avec une étrange secte de partouzeurs sataniques vaguement SM dirigé par une impressionnante Brigitte Borghese. Le scénario d'une logique pas vraiment implacable, s'étiole sérieusement laissant plutôt place à l'une de ces rêveries libres et bizarres, l'un de ces fantasmes parsemé de petits délires bis et gothiques, dont Jean Rollin avait le secret.

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
Le Chat qui fume traite les films érotiques français avec autant de soin et d'amour que leur pendant horrifique. Nouvelle prouesse pour l'éditeur qui nous délivre ici une restauration époustouflante du film opérée à partir d'un scan 4K du négatif originale. Le résultat est à tomber avec une image d'une propreté immuable, une définition incroyablement généreuse, un grain et des argentiques plus délicat que jamais et surtout des couleurs qui, sans excès, développent des trésors de petites subtilités. Si l'édition HD est épuisée, le Bluray est tout aussi impressionnant.

 


Son :
La piste française d'origine préserve son mono d'origine mais se découvre tout d'une même une fraîcheur très agréable. Le son est constamment clair, net et équilibré.

 


Interactivité :
Encore une fois la première édition du film en digipack avec fourreau et présentant le disque du film au format UHD est aujourd'hui totalement épuisé. L'éditeur propose donc une version simple disque Bluray dans un boitier amaray. Les bonus restent donc identique, toujours aussi généreux et soignés. On note d'ailleurs la présence de quelques scènes coupées (une dance lascive de Joëlle Coeur et un peu de bondage ne peut faire de mal à personne) restaurées avec autant de luxe que le film lui même. On y trouve ensuite une interview audio de l'actrice Annie Belle qui raconte sa rencontre avec Jean Rollin mais aussi ses déboires avec Claude François, une autre de l'ami et directeur de production Jean-Pierre Sammut, vient compléter une longue rencontre (mais un peu datée) avec le cinéaste. D'ailleurs plutôt que de s'attarder plus que de raisons sur Bacchanales sexuelles, l'édition préfère explorer les univers de Jean Rollin, proposant la longue conférence de Pascal Françaix sur l'œuvre littéraire de ce dernier et ses récurrences avec son cinéma, une tentative de reconstruction de son premier long métrage inachevé et un petit documentaire sur les cinéma de quartier et l'esprit bis parisien des années 60-70. Un vaste programme qui ne peut que réjouir les amateurs de Rollin.

Liste des bonus : Interview audio d'Annie Belle (25 min), Interview audio du directeur de la production Jean-Pierre Sammut (8 min), Scènes coupées (17 min), Rencontre avec Jean Rollin (49 min), La littérature et Jean Rollin par Pascal Françaix (52 min), L'itinéraire souvenir, reconstruction d'une œuvre perdue de Jean Rollin (30 mn), Paris Ciné Bis (21 min), Film annonce.

 
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