LES CONTREBANDIERS DE SANTA LUCIA
I contrabbandieri di Santa Lucia - Italie - 1979
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Genre : Policier
Réalisateur : Alfonso Brescia
Musique : Eduardo Alfieri
Image : 2.35 16/9
Son : Italien et français mono
Sous-titre : Français
Durée : 93 minutes
Distributeur : Artus Films
Date de sortie : 7 septembre 2021
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Pour mener son enquête sur un trafic d’héroïne international, le capitaine Ivano Radevic infiltre le milieu des contrebandiers napolitains. Il rencontre l’un des trafiquants de Borgo Santa Lucia, Don Autiero, et entre en contact avec le puissant Don Vizzini.
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Voir Naples...

Les éditions Artus continuent leur série « néo-polar italien » avec la sortie des Contrebandiers de Santa Lucia, qui nous plonge dans le chaos de la cité napolitaine. Sorti en 1979, il demeure un témoignage intéressant et original, même s'il ne figure pas parmi les fleurons d'un genre alors en pleine décadence.

Naples et le poliziottesco (ou néo-polar italien), c'est une grande histoire d'amour ! Les films se déroulant dans la capitale de la Campanie furent légion et recueillirent bien souvent du succès, comme Les contrebandiers de Santa Lucia qui fit près de 342 millions de lires de recettes. Parmi ces nombreux avatars (Napoli violenta de Lenzi, Assaut sur la ville de Caiano, Les tueurs à gages de Squitieri, La guerre des gangs de Fulci...), figurent aussi des productions tardives, à la fin des années 1970, comme celles de Alfonso Brescia qui enchaîna une série de films napolitains avec la star de la « sceneggiata » (chanson folklorique napolitaine) Mario Merola.
Et les deux stars, icônes du film ici sont bien Merola et sa ville natale. Surtout célèbre pour ses capacités de chanteur de sérénades, Mario Merola fait l'acteur avec un certain talent et paraît surtout authentique notamment lorsqu'il sert de guide à Gianni Garko dans les faubourgs de la ville, qui est admirablement dépeinte. Nous sommes quasiment dans une approche documentaire par moments avec les rencontres de contrebandiers sur le port, des vendeuses de cigarettes et de mères isolées vivant dans de misérables bicoques (on songera à Sophia Loren dans Hier, aujourd'hui et demain).

 

... et sourire !


Outre les aspects évoqués ci-dessus, le film ne regorge malheureusement pas que de qualités, et les scènes d'action sont rapidement escamotées comme cette fusillade en mer qui au lieu d'être un beau tableau s'avère finalement dérisoire et navrante. Que dire aussi d'une course-poursuite en Fiat...qui pompe allègrement les images d'une publicité de la marque italienne ! Si on ajoute à cela d'autres « stock-shots » piqués au film Afyan Oppio de Ferdinando Baldi, pour illustrer le début de l'histoire en Iran, ou l'insert d'images d'actualité sur la situation de ce pays après la révolution de 1979, on peut dire que Brescia sombre dans une certaine facilité rendant de moins en moins crédible son film. Et puisque les images ne suffisent pas à Brescia, il empruntera aussi des morceaux musicaux des frères De Angelis lors du final décevant se déroulant à New-York.
Propre aux polars napolitains, l'utilisation de jeunes enfants est également discutable et culmine à l'inconséquent lors de l'overdose d'une gamine... Un « chantage aux pleurs » que regrettait d'ailleurs Mario Caiano à propos d'Assaut sur la ville.
On pourra donc regretter qu'après un bon départ, le film s'enlise dans ses travers, peu aidé par ses acteurs. Hormis Merola et Garko qui assurent le job, Sabato s'avère peu convaincant en Parrain de pacotille, la française Lorraine De Selle (Cannibal Ferox) semble n'avoir été embauchée que pour montrer ses seins et Lucio Montanaro en fait des tonnes... Néanmoins, le film se suit sans déplaisir, conserve un rythme plutôt soutenu et s'avère souvent drôle.

Samuel Bouvet




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Image :
La version présentée ici permet de voir le film dans son intégralité, ce qui n'était pas le cas lors de sa sortie en France en 1982. On oscille entre plusieurs qualités d'images et plusieurs sources avec les « stock-shots » qui sont très reconnaissables ! Mis à part quelques traînées et images abîmées, la version est dans son ensemble de qualité.

 


Son :
Rien à redire sur le Master présenté ici, le son est propre et clair. Nous vous conseillons fortement la version originale car la VF, comme souvent sur ce genre de films, est caricaturale et a tendance à « nanardiser » un film qui n'en avait pas besoin !

 


Interactivité :

C'est toujours un plaisir de retrouver le passionnant et passionné Curd Ridel et sa connaissance du Bis italien. On en apprend plus sur le méconnu Alfonso Brescia, qui prenait régulièrement le surnom de Al Bradley, et sa carrière. Après avoir été assistant de réalisateurs comme Caiano, Leone ou...Fellini, il commença dans le péplum (Le Gladiateur magnifique, La Révolte des prétoriens...). Ses réalisations les plus célèbres restent ses westerns dont Calibre 32 et Furie au Missouri, tous deux sortis chez Artus.
Enfin, c'est l'occasion de connaître un peu mieux le grand Mario Merola, qui fut une véritable star en Italie et un Dieu à Naples ! Il sortira une centaine de 45 tours et une cinquantaine d'albums de « sceneggiata », d'ailleurs une chanson est diffusée durant le film permettant d'apprécier le talent de celui qui s'essaya au cinéma avec succès. Il tourna notamment une douzaine de films avec Brescia, avec toujours Naples en toile de fond.

Liste des bonus : Présentation par Curd Ridel (30')

 
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