BLADE
Etats-Unis - 1998
Image plateforme « Bluray 4K »
Image de « Blade »
Réalisateur : Stephen Norrington
Musique : Mark Isham
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais Dolby True HD 7.1, Français DTS-HD Master Audio 5.1
Sous-titre : Français
Durée : 120 minutes
Distributeur : Metropolitan
Date de sortie : 20 septembre 2021
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Blade »
portoflio
LE PITCH
Alors que le diabolique Deacon Frost met tout en œuvre pour réveiller le dieu vampire de la Magra et accomplir sa sinistre prophétie, le super-héros Blade fait équipe avec le Dr Karen Jenson, une hématologiste, pour créer un sérum contre les suceurs de sang, …
Partagez sur :
He was born ready, motherfuckers !

Vingt ans avant Black Panther, Marvel, alors au creux de la vague, s'alliait avec New Line Pictures pour produire Blade, le premier vrai film de super-héros noir. Nettement plus bad ass que les pirouettes en CGI du prince T'Challa, la croisade anti-vampires du Diurnambule se redécouvre avec un plaisir intact dans une nouvelle édition Ultra-HD rutilante.

Créé en 1973 par Marv Wolfman et Gene Colan, Blade fait son apparition dans le comic book horrifique Tomb of Dracula avec la nette ambition de profiter du succès de Shaft, sorti au cinéma l'année précédente. Si Black Panther, créé en 1966, tirait clairement son inspiration d'Edgar Rice Burroughs avec la volonté d'apporter de la diversité à l'univers Marvel, Blade, lui, est un pur produit de la Blaxploitation des 70's. Né dans un bordel londonien, Blade flirte certes avec la caricature mais il parvient à marquer les esprits et à s'inscrire dans la durée, multipliant les apparitions en tant que personnage secondaire, faisant parfois équipe avec Ghost Rider. Parmi les fans de Blade se trouve un jeune scénariste nommé David S. Goyer qui finit par en proposer une adaptation à New Line Pictures vers la fin des années 90. Goyer américanise le personnage - ses vrais racines en fin de compte - et le transforme au goût d'un public de jeunes adultes. New Line envisage Denzel Washington ou Laurence Fishburne pour l'incarner mais c'est Wesley Snipes qui emporte le morceau, autant par son physique et sa connaissance des arts martiaux que par l'argent qu'il injecte de sa propre poche via sa société de production Amen Ra Films. Spécialiste des effets spéciaux ayant travaillé dans l'ombre de Stan Winston, Stephen Norrington arrache le poste de réalisateur sur la base de ses storyboards et du succès d'estime de son premier long-métrage, la série B cyberpunk Death Machine (1994). Sorti le 21 août 1998 sur les écrans nord-américains, Blade triomphe avec des recettes mondiales trois fois supérieures à sa mise de départ. Contre toute attente, sur la base d'un obscur chasseur de vampires imaginé un quart de siècle plus tôt, une franchise est née et son influence se révélera décisive dans l'essor du film de super-héros.

 

sang neuf


Sa popularité, Blade la doit en premier lieu à sa stupéfiante scène d'ouverture. Une bimbo goth (incarnée par nulle autre que la légendaire Tracy Lords) entraîne un fêtard dans un abattoir où se déroule une gigantesque rave-party. Alors que les indices s'accumulent (le décorn pas de bar, le comportement agressif des teufeurs) pour donner à cette scène festive des allures menaçantes, la rave party devient une blood party et des milliers de litres de sang arrosent le public depuis les sprinklers du plafond. Venu pour emballer, le pauvre fêtard comprend instantanément qui est le seul humain au menu d'une centaine de vampires assoiffés. Entre alors en scène Blade, chasseur de vampires surnommé le Diurnambule (ou Daywalker), et le massacre peut commencer. À la sulfateuse, au fusil à pompe, à mains nues et au katana, Blade décime les vampires et disparaît avant l'arrivée de la police. Gore et spectaculaire, stylisé et bardées de plans iconiques, sa violence appuyée par un montage tranchant et un score techno hardcore, l'ouverture de Blade écrase la concurrence. À tel point, d'ailleurs, que le reste du métrage aura toutes les peines à monde à retrouver la même intensité quand bien même il regorge de scènes puissantes (le vampire obèse torturé aux UV, la poursuite dans le métro, la vengeance de Blade après la mort de Whistler). La faute à un méchant pas totalement à la hauteur, Stephen Dorff n'ayant pas le charisme suffisant pour faire de son Deacon Frost autre chose qu'un top model masculin dans une pub pour parfums et en pleine crise d'adolescence (il veut faire la fête et devenir un dieu, soit les ambitions d'une star du rock et pas vraiment celles d'un nouveau prince des ténèbres). L'acteur tire donc le film vers le bas avant de se faire tuer d'une façon assez quelconque, un ratage souligné par des images de synthèse déjà datées à l'époque.

Sans doute conscient de son talent d'Achille, Norrington soigne ses ambiances et parvient à rendre tout à fait angoissante sa vision d'une cité gangrénée à tous les échelons par la corruption des suceurs de sang. Dans ses effets, Blade annonce déjà Matrix qui sortira l'année suivante, bien qu'il soit impossible de dire qui a influencé qui. En revanche, il est évident que le X-Men de Bryan Singer doit énormément au film de Stephen Norrington, dans son look (cuir noir) aurant que dans sa capacité à inscrire les exploits des super-héros dans un univers « réaliste » et sombre. Quant à Blade, après deux séquelles aux antipodes l'une de l'autre (un chef d'oeuvre et un nanar) et une série télé que tout le monde a déjà oublié, il serait sur le point de faire son retour dans le MCU sous les traits de Mahershala Ali dans une version que l'on redoute considérablement adoucie. Blade, victime de la cancel culture Disney ? Oh, shit !

Alan Wilson










Partagez sur :
 

Image :
Le blu-ray était déjà parfait mais l'UHD parvient à faire encore mieux avec des rouges plus intenses, une définition plus pointue que des dents de vampires et un traitement des sources très respectueux de l'esthétique glaciale et métallique voulue par Stephen Norrington. Le tout sans jamais trahir une texture argentique et un grain des plus discrets.

 


Son :
Face au Dolby TrueHD de la version originale, le DTS de la version française ferait l'effet d'un pistolet à eau brandi face à une arme atomique. La différence entre les mixages est spectaculaire et le moindre coup de poing est semblable à un tir d'artillerie. Ce qui n'empêche pas la subtilité, la précision du découpage sonore mettant en relief certaines sonorités du score de Mark Isham que l'on avait jamais entendues auparavant.

 


Interactivité :
L'UHD est entièrement consacré au film, sans autre menu qu'un choix entre les deux pistes sons. Les suppléments, allant du commentaire audio à la fin alternative en passant par les featurettes d'usage, sont donc ceux du blu-ray de 2012 heureusement inclus dans cette édition. Ce qui nous ramène à une interactivité exhaustive qui a fait ses preuves mais déjà bien connue puisqu'elle dérivait elle-même du DVD de ... 1999. On aurait pourtant aimé que Stephen Norrington quitte sa semi-retraite pour nous parler de son film avec tout le recul nécessaire dans un module inédit. C'est la crise, ma bonne dame.

Liste des bonus : Commentaire audio de l'acteur/producteur Wesley Snipes, l'acteur Stephen Dorff, le scénariste David S. Goyer, le directeur de la photo Theo Van Der Sande, le décorateur Kirk Petrucello et le producteur Peter Frankfurt / « La Magra » : la conception de Blade / Les origines de Blade / La vague ensanglantée / Bandes-annonces

 
Crédits & mentions légales - Publicité - Nous contacter
Copyright Regard Critique 2009-2021