BATTLES WITHOUT HONOUR AND HUMANITY COLLECTION
仁義なき戦い, 仁義なき戦い 広島死闘篇, 仁義なき戦い 代理戦争,仁義なき戦い 頂上作戦, 仁義なき戦い 完結篇 - Japon - 1973 / 1974
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Genre : Action, Policier
Réalisateur : Kinji Fukasaku
Musique : Toshiaki Tsushima
Image : 2.35 16/9
Son : Japonais PCM Mono
Sous-titre : Anglais
Durée : 600 minutes
Distributeur : Arrow Video
Date de sortie : 5 juillet 2021
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
La saga dépeint les luttes intestines de la pègre de la Préfecture d’Hiroshima, des années 1950 à 1970.
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Oyabun

L'éditeur Arrow Films n'a de cesse de restaurer les œuvres majeures du cinéma dans des copies au doux parfum d'authentique. Après la réussite de leur première approche du cinéma de Kinji Fukasaku avec Le Cimetière de la morale l'an dernier, ils nous offrent la saga légendaire qui a redéfini le genre yakuza-eiga, polars noirs et ultra violents. Cinq disques, pour cinq films majeurs tournés dos à dos comme un monument unique.

Kinji Fukasaku cinéaste révolté commence sa carrière en 1961 avec le film : Le Policier vagabond : La Tragédie de la vallée rouge (風来坊探偵 赤い谷の惨劇). Adepte des films d'actions, il sera recruté pour remplacer Akira Kurosawa pour la partie japonaise du film Tora ! Tora ! Tora ! en 1970, qui va très largement contribuer à sa notoriété. Rapidement devenu roi du film de pègre (yakuza-eiga), il entreprend une saga mettant en scène une réalité sociale et sociétale : le Japon violent d'après-guerre. La jeunesse de Kinji Fukasaku s'est traduite par l'enrôlement dans l'armée, où il a occupé un poste dans une fabrique d'armes, et fut rapidement confronté à l'extrême violence du conflit mondial de 1939-1945. Dans la saga Combat sans code d'honneur ((仁義なき戦い), il va mettre en image cette réalité qui déchire l'archipel.
À la suite de la défaite lors de la Seconde Guerre mondiale, le Japon est occupé par les Américains. Des trafics s'organisent alors avec les dizaines de milliers de soldats de la force d'occupation. Les yakuzas s'occupent de la prostitution, devenue illégale. Ils profitent également du chaos généralisé pour s'approprier des terrains en toute illégalité, et sont en charge du trafic de drogues. Entre 1958 et 1963, les yakuzas accroissent leurs effectifs pour atteindre à leur apogée, un total d'environ 184 000 yakuzas, soit plus de membres que l'armée japonaise elle-même. Des clans se forment et des guerres éclatent pour le partage de territoires.
Ce que met en lumière Kinji Fukasaku, c'est le déchainement de violence qui fait suite au conflit mondial dans une ville profondément marquée par celui-ci : Hiroshima. Ces anciens soldats désormais livrés à eux même, abandonnés par leur patrie, sont devenus des chiens errants, sans foi, ni loi, ne connaissant que la violence et la brutalité. Leur seul refuge, seule illusion d'ordre et de maintien de ce qu'ils ont connu pendant la guerre  est d'obéir, servir, et tuer. Ainsi, que ce soit la perte de repères, ou le refuge dans la sécurité d'un clan, d'un nom comme au temps des samouraïs, les vétérans y trouvent leur compte, de même que les voyous sans but jusqu'alors. Une aubaine pour la pègre japonaise qui œuvre aux yeux et su de tous, la seule au monde dont les clans disposent de bureaux bien visibles, dans les grandes cités de l'Empire.

 

Yubitsume


Kinji Fukasaku capte au travers de son objectif, des combats d'une rare violence qui définissent à eux seul une nouvelle esthétique. En effet, auparavant, le cinéma utilisait les règles du kabuki pour le faire, maquillage outrancier, langage corporel codifié au millimètre, le théâtral était la norme. Ce qu'apporte le cinéaste, c'est un naturalisme qui respire le malsain, la crasse et le sang. Ce sont des combattants sans honneur, qui se battent comme des chiens de combats dans la rue, les bars, et autres échoppes tenue par la pègre. Cette réalité d'après-guerre prend corps de façon à priori brouillonne, mais le travail de chorégraphie est extrêmement poussé, obligeant les acteurs à parfois refaire dix fois la même prise, pour insuffler les métrages d'un réalisme qui provoque le dégoût. Le dégoût d'un pays en proie à l'occupation, d'une ville forcée de vivre sous la menace des radiations, et d'une société menée de force vers l'occidentalisation. Que ce  soit le gouvernement, ou la police qui utilisent la pègre sciemment pour assouvir leurs besoins de contrôle, le désordre est le maitre mot.

De même, les scénarii sont tellement chargés d'informations, qu'il s'en dégage une volonté de choquer, et d'alerter le public au travers du divertissement. Alerter d'un mal être, d'une faute lourde de la société japonaise, d'un affront à la vie, suffisant pour s'en acquitter de cinq doigts coupés, comme autant de métrages que comporte cette saga, auprès de Dieu lui-même.

Guillaume Pauchant






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Image :
Tous les films ont été restaurés pour l'occasion, avec une disparition plutôt remarquable des nombreux défauts de pellicules et autres taches et griffures. Certaines sont encore visibles comme des instabilités récurrents dans le traitement des couleurs, mais cela, tout comme l'aspect granuleux permet de coller au plus près aux matériaux d'origine.

 


Son :
La piste monaurale, est de la même approche que l'image, pas besoin de faire de portage en 5.1 ou autre, pour garder cet aspect « dans son jus », qui fait la force des éditions Arrow films.

 


Interactivité :
On chipotera un peu sur ce volet-là, les documentaires sont relativement courts et anecdotiques, pas inintéressants en soi, mais on aurait voulu quelque chose de plus copieux.
L'interview de Takashi Miike est plutôt un ressenti sur sa jeunesse à étrenner les cinémas qu'une analyse profonde du genre. Il en va de même pour le chorégraphe qui n'explique pas vraiment ses méthodes de travail, mais témoigne plutôt d'anecdotes de tournages, même chose pour la Piranha army. Ce sont en règle générale des hommages à la figure de Kinji Fukasaku, avec des bribes de son regard, et des conditions parfois extrêmes de tournage qu'il imposait.

Liste des bonus Combat sans code d'honneur : Commentaires audio du critique Stuart Galbraith IV, Yakuza graveyards une interview avec Takashi Miike (10 min), Bandes annonces
Liste des bonus Combat sans code d'honneur 2 : Man of action une interview du chorégraphe Ryuzo Ueno (10 min), ), Bande annonce
Liste des bonus Combat sans code d'honneur 3 : Secrets of Piranha Army un documentaire sur la troupe d'acteurs intervenants dans toute la saga dont : Masaru Shiga, Takashi Noguchi, Takashi Nishina et Akira Murota (35 min), Tales of a Bit Player : une interview du cascadeur Seizo Fukumoto (10 min), Bande annonce
Liste des bonus Combat sans code d'honneur 4 : Remembering Kinji : featurette avec Kenta Fukasaku et le biographe Sadao Yamane (17 min), Fukasaku Family : une interview de l'assistant réalisateur Toru Dobashi (15 min), Bande annonce
Liste des bonus Combat sans code d'honneur 5 : Last days of the boss : une interview de Koji Takada scénariste de La partie finale (18 min), Galerie d'affiches, Bande annonce

 
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