GAS-OIL
France - 1955
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Image de « Gas-Oil »
Réalisateur : Gilles Grangier
Musique : Henri Crolla
Image : 1.33 4/3
Son : Français DTS HD Master Audio 1.0
Sous-titre : Français pour sourds et malentendants
Durée : 93 minutes
Distributeur : Coin de Mire
Date de sortie : 10 septembre 2021
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Gas-Oil »
portoflio
LE PITCH
Jean Chape, patron camionneur, est un homme heureux. Il a quarante-cinq ans, de bons copains, un bon camion, quelques économies et une amie agréable. Or, un drame éclate soudainement dans la vie de cet homme paisible. Une nuit de verglas, il écrase, ou croit écraser, un homme…
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ça roule à l'ordinaire

Première collaboration à l'écran entre la légende Jean Gabin et le dialoguiste de génie Michel Audiard, Gas-Oil est un petit polar tout en notes mineurs. Un mini-suspens où la caméra est toujours plus séduite par la petite vie de ces braves camionneurs que par les truands qui tentent de leur pourrir la vie.

Le film a beau être une adaptation d'un roman de la collection Série noire, Du Raisin dans le gas-oil de Georges Bayle, il est évident que les aspects purement polar de la trame ne passionne pas grand monde ici. On y croise certes un cadavre jeté sous les roues d'un brave camionneur et une bande de gangsters échappée des faubourgs qui court après un magots disparu, mais ils peinent à trouver leur place dans le microcosme des routards du sud, petite communauté amicale, soudée et simple qui vient une fois encore rappeler tout l'amour que porte Gabin au prolétariat et au petit français de base. Eux travaillent, bataillent pour joindre difficilement les deux bouts, investissent dans leur commerces et leurs petites histoires d'amour (ici l'institutrice interprété par une Jeanne Moreau affectueuse), alors que les hors-la-loi du film cherchent le gain facile, bouscule les autres, s'écharpent entre eux et se perdent dans les relations troubles avec la vénéneuse Ginette Leclerc (Le Cave se rebiffe). Deux mondes où d'un coté Roger Hanin presque sans accent se cherche encore en chefaillon mollasson et de l'autre Gabin assoit définitivement sa figure du bon-père fier, un peu rustre mais définitivement sympathique.

 

le camionneur rêveur


En salopette, chemise à carreaux, clope au bec et sourire en coin, il « drive » le film, et prend plaisir à manier pour la première fois les dialogues de son futur collaborateur privilégié Michel Audiard. Là aussi on est très loin des grandes échappées fleuries à venir, de la gouaille poétique et des grandes envolées cultes, les dialogues préservant un ton doux et naturel, et les échanges une nature simple et chantante. Camarade récurent de la filmographie de la star, le petit artisan Gilles Grangier (La Vierge du Rhin, Le Désordre et la nuit, Le Cave se rebiffe, Maigret voit rouge...) se montre de tout façon beaucoup moins à l'aise dans la mise en place d'un suspens quelconque ou d'une atmosphère de film noir, que dans la simple chronique humaine, le petit drame quotidien. Si le final et sa spectaculaire opération de ratissage organisée par une poignée de dix tonnes lâchés sur les routes de France redonne des couleurs à l'ensemble, il faut reconnaître que Gas-Oil se traîne pépère et s'écoule nonchalamment. Et c'est pourtant là que naît tout le charme du film, dans sa manière modeste de faire se succéder les scénettes sans importances, les parenthèses sur la petite vie du prolo : un échange amusé entre Jean et sa Alice sur l'indépendance nouvelle des femmes, une bonne blague balancée le nez dans le moteur ou un long repas bien arrosé qui fini par une visite de la cave. Sans effort Gas-Oil capture la petite beauté de tout un (petit) monde chaleureux, attachant et sans chichi.

Nathanaël Bouton-Drouard




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Image :
Encore une petite merveille technique pour Coin de mire avec ce master HD inédit, coproduit par TF1 et le CNC, effectué à partir d'un scan 4K du négatif original. Une restauration très poussée qui a réussi à faire disparaître la moindre trace des années pour livrer une image extrêmement propre tout en préservant avec délicatesse le grain de pellicule, ses reflets argentiques et ses reliefs. Vibrante, organique, l'image repose qui plus est sur un noir et blanc admirablement contrasté et équilibré. Sans faute.

 


Son :
Élégante, bien placée et maîtrisée, la piste DTS HD Master Audio renoue avec un mono rafraîchi et stabilisé. Le son est clair, sans disparité ou dissonance. Là encore une belle restauration.

 


Interactivité :
Une édition plutôt classique pour Gas-oil, c'est-à-dire sans interview ou présentation en plus de l'offre optionnelle « La Séance ». Mais cette dernière est toujours aussi réjouissance avec cette possibilité de visionner le film accompagné en première partie d'un journal des actualité de 1955 (beaucoup de questions internationales avec la famille royale, les colonies ou la mise en place de l'ONU...), une poignée de publicité de cinéma comme on en fait plus (bonbons La Pie qui chante, eskimo Miko, gaines Scandale et beaucoup de dessins animés) entrecoupées d'une bande annonce. Un programme qui remet vraiment dans l'ambiance.
Et il y a toujours aussi ce superbe packaging Mediabook au noir impérial proposant en goodies un livret composé de documents d'archives, des reproductions de photos d'exploitation et de l'affiche.

Liste des bonus : La séance complète avec actualités Pathé, réclames publicitaires et bandes-annonces d'époque, un livret reproduisant des documents d'époque (24 pages), 10 reproductions de photos d'exploitations (14,5 x 11,5 cm), la reproduction de l'affiche d'époque (29 x 23 cm).

 
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