RETOUR à LA BIEN-AIMéE
France - 1979
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Retour à la bien-aimée »
Genre : Drame, Policier
Réalisateur : Jean-François Adam
Musique : Antoine Duhamel
Image : 1.85 16/9
Son : Français DTS HD Master Audio 2.0 mono
Sous-titre : Aucun
Durée : 98 minutes
Distributeur : Sidonis
Date de sortie : 24 août 2021
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Retour à la bien-aimée »
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LE PITCH
Obscur pianiste, Julien vit de plus en plus mal sa séparation avec sa femme Jeanne et son fils, d’autant plus que ceux-ci forment désormais une famille auprès du docteur Kern et qu’ils vivent tous dans son ancienne maison. Impatient de reconquérir celle qu’il a perdu, Julien orchestre un complot machiavélique dans le but de la reconquérir…
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Le blues du pianiste

Malgré un casting alléchant (Jacques Dutronc, Isabelle Huppert, Bruno Ganz...), Retour à la bien-aimée, sorti en 1979, n'avait alors pas rencontré son public malgré de bonnes critiques. L'édition Blu-Ray de ce film permet également de redécouvrir un réalisateur rare et disparu trop tôt, Jean-François Adam.

Jacques Dutronc, la « vieille canaille » chanteur emblématique de la chanson française, a aussi derrière lui une belle carrière d'acteur démarrée en 1973. Il côtoya ainsi de grands réalisateurs comme Claude Lelouch, Jean-Luc Godard, Andrzej Zulawski, Maurice Pialat (avec le César du meilleur acteur en 1992 pour Van Gogh) allant notamment vers un cinéma d'auteur assez exigeant comme celui de Jean-François Adam.
Et ici dans Retour à la bien-aimée le « playboy » troque son habituelle décontraction et ironie contre un personnage mélancolique à la recherche de son passé, mettant entre parenthèse sa carrière de pianiste-concertiste (il joue des gammes pour des leçons de danse histoire d'assurer se fins de mois). Celui qui « aime les filles » n'en aime ici qu'une et à la folie, son ex-femme jouée par une Isabelle Huppert fragile et ambiguë. Et pour parvenir à son but, tel un somnambule kamikaze il construira une sorte de machination, qui pourrait bien se retourner contre lui, en s'invitant dans un étrange ménage à trois gênant et déstabilisant. Si le film pourra laisser pantois certains d'entre nous, la performance de Dutronc est toutefois impressionnante, tout en sensibilité et en silences, et demeure l'une des raisons principales pour lequel le troisième, et dernier, film de Jean-François Adam se doit d'être vu.

Jean-François Adam ou le spleen au cinéma


Mort, à la suite d'un suicide, à l'âge de 42 ans et seulement un an après la sortie de ce film, Jean-François Adam demeure une énigme dans le paysage du cinéma français. Véritable artisan du septième art, il collabora avec des cinéastes tels que Godard, Truffaut ou encore Varda, en tant qu'assistant-réalisateur, chargé de production ou bien acteur. Il reste aussi célèbre pour avoir été le mari de Brigitte Fossey, avec qui il eut une fille Marie Adam elle-aussi actrice. Séparé de sa femme, le cinéaste s'était peu à peu enfoncé dans une mélancolie teintée d'un tempérament suicidaire... Ayant selon l'aveu de Benoît Jacquot, un pistolet toujours à portée de main.
Il est intéressant de constater à quel point sa filmographie a un côté autobiographique (il joue d'ailleurs dans le film le rôle de l'inspecteur, prenant un malin plaisir à égrener les pièges et à manipuler les personnages tel le metteur en scène qu'il était). Ainsi dans ses deux premiers films, M comme Mathieu en 1970 et Le Jeu du solitaire en 1975, ses personnages étaient déjà à la recherche du temps perdu, d'un passé, d'une femme idéalisée. Dans le même ordre d'idées, le retour à l'enfance est toujours évoqué dans ses films et dans Retour à la bien-aimée, l'enfant du couple Huppert-Dutronc est ainsi un personnage central avec un rôle central d'observateur.

Entouré d'une équipe technique de premier ordre (Benoit Jacquot, Georges Pérec, Jean-Claude Carrière au scénario ; Pierre Lhomme à la photo ; Antoine Duhamel à la musique) et d'acteurs de renom, dont un, comme toujours, très bon Bruno Ganz, Adam signe ici un drôle de film, entre le film d'auteur maniéré et le polar brumeux quasi surréaliste. Un film exigeant qui pourra soit vous renverser, soit vous ennuyer, mais où le talent indéniable de cinéaste d'Adam est joliment mis en lumière.

Samuel Bouvet






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Image :
Cette belle version restaurée, à l'image grisâtre impeccable, permet d'apprécier le talent indéniable du directeur de la photographie Pierre Lhomme, doublement Césarisé pour Camille Claudel et Cyrano de Bergerac. Profitant parfaitement du décor (une maison bourgeoise avec un grand escalier), il multiplie à loisir les champs/contre-champs, tout en clair-obscur. La dernière séquence nous enverrait presque vers le fantastique et l'expressionnisme.

 


Son :

Un son mono de qualité qui pourrait paraître feutré, mais ici les silences et les voix sourdes sont de mise. On appréciera le travail de Duhamel (qui travailla pour Truffaut, Tavernier, Boisset...) sur la musique de Schubert, sur laquelle s'applique tellement Jacques Dutronc durant le film.

 


Interactivité :
Près d'une heure de bonus de qualité qui nous permettent d'en savoir un peu plus sur ce cinéaste. Benoît Jacquot évoque l'amitié qu'il a tissé avec Adam (qu'il définit comme un « personnage singulier, mélange de joie sincère et de dépression radicale ») et son travail de réécriture du scénario de Pérec et Carrière. Dans le second bonus, Bernard Payen revient sur la carrière du réalisateur et ses deux premiers longs-métrages avec Sami Frey en vedette. Deux films qui à l'image de Retour à la bien-aimée « sont des voyages introspectifs de personnages ayant du mal à exorciser leur passé ».

Liste des bonus : Mélancolie du lien amoureux (26') ; Un conte somnambulique (27')

 
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