L'APPEL DE LA CHAIR & LA DAME ROUGE TUA SEPT FOIS
La notte che Evelyn uscì dalla tomba, La dama rossa uccide sette volte - Italie - 1971,1972
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Genre : Thriller
Réalisateur : Emilio Miragua
Musique : Bruno Nicolai
Image : 2.35 16/9
Son : Français et italien PCM 2.0
Sous-titre : Français
Durée : 211 minutes
Distributeur : Artus Films
Date de sortie : 7 septembre 2021
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Depuis la mort de son épouse Evelyn, Alan Cunningham, un lord anglais, voit sa santé mentale s’effondrer. Il passe son temps à se livrer à des jeux sadomasochistes avec des prostituées dans son château en ruines. Un jour, il rencontre la belle Gladys, sosie parfait d’Evelyn. Au cours d’une dispute dans le jardin du château familial, Kathy Wildenbrück tue sa sœur Evelyn. Peu après, un étrange personnage vêtu de rouge assassine des proches de Kathy. Des témoins affirment avoi...
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Dame to kill for

En Italie comme ailleurs, certain réalisateurs ont besoin de conditions particulières, de genres définis pour véritablement s'épanouir. Ce fut brillamment le cas pour le méconnu Emilio Miragua qui livra avec ses deux seuls giallos deux petits classiques du genre, marchant brillamment dans les pas de Dario Argento, tout en présageant ses évolutions à venir.

Longtemps assistant réalisateur sur une petite pelletée, entre autres, de péplums (Hercule contre les fils du soleil...), Emilio Miragua passa finalement à la réalisation avec trois petits délires d'espionnages / casses (La Peur aux tripes, Ce salaud d'inspecteur Sterling, L'Affaire Vatican) suivi d'un western plutôt anonyme résonnant au doux nom de Tire Joe et ... amen ! Tous furent signés sous le pseudonyme américanisant d'Hal Brady et ne laissèrent que peu de souvenirs dans la mémoires des spectateur. Disparu des radars aujourd'hui, Emilio Miragua aurait pu définitivement s'évanouir en note de fin pages sur un guide des petits artisans du cinéma italien, s'il n'avait pas signé coup sur coup les deux gialli en question ici, justement signés là de son véritable patronyme. Des productions naturellement opportunistes comme tout les films associés à ce genre sortis dans la foulée de L'Oiseau au plumage de cristal de Dario Argento, mais où pointent à la fois une vraie maîtrise technique et une personnalité très particulière.

 

la tombe de l'être aimé


Visuellement déjà donc, L'Appel de la chair et La Dame Rouge tua sept fois, dont les sorties sont séparées de quelques mois seulement, se hissent au-dessus de la pléthore de gialli bazardés par des producteurs et réalisateurs peux soigneux, travaillant des scopes particulièrement léchés, jouant de compositions sobres mais toujours admirables, où viennent percer des recherches photographiques (séquences nocturnes, éclairages aux filtres primaires citant Argento ou Bava). Une belle facture mettant forcément en valeur les généreux castings de superbes actrices à l'érotisme plus ou moins divulgué, mais aussi des environnements tour à tour urbains, modernes, ou beaucoup plus baroques. Si les deux films se déroulent dans un contexte contemporain, l'un au sein d'un domaine aristocrate anglais, l'autre dans les coulisses d'une grande marque de prêt-à-porter allemande (autre signe de l'hommage au fondateur Six femmes pour l'assassin), ils sont constamment attirés vers des atmosphères beaucoup plus traditionnelles, fantastiques, ultimes traces de l'âge d'or du gothique à l'italienne. L'Appel de la chair voit ainsi Anthony Steffen (Viva Django !) inviter ses conquêtes dans le donjon de sa demeure, meublée comme une salle des tortures médiévales tandis que la voix de sa défunte épouse le pousse au crime. La Dame Rouge tua sept fois, lui,  invoque une ancienne malédiction familiale, un caveau secret et les apparitions du fantôme d'une sœur meurtrière revêtue d'une cape rouge.

 

en jaune et rouge


L'ombre d'Edgar Alan Poe, et par ricochet des adaptations cinématographiques signées Roger Corman, planent lourdement provoquant des mélanges étonnants, mais toujours harmonieux et efficients, faisant glisser ces gialli aux frontières d'un fantastique qui vient souligner non pas un surnaturel crédible, mais un onirisme révélateur des troubles psychologiques de ses deux figures centrales, Alan Cunningham dans l'un, Kathy Wildenbrück (Barbara Bouchet) dans l'autre, tous deux hantées à la fois par un trauma personnel et par une mécanique de complot aussi sadiques que parfaitement huilés. On leur veut du mal assurément, pour des questions d'héritage naturellement, et les seconds rôles passent allègrement de suspects envisageables à victimes malheureusement, dans des scénarios aussi alambiqués que les cannons de vrais giallos de machination. Des fausses pistes à foison, des suspects idéals aux troubles secrets et des révélations finales à tiroir, structurent les whodunnit d'arrière-plan, classiques certes, mais construit avec un réel sérieux et une machinerie assez bien huilée et prenante. Deux belles réussites du giallo de ce début des années 70 et l'affleurement remarquable d'un cinéaste au fort potentiel, mais qui n'auront malheureusement jamais de suite, Miraglia s'étant par la suite totalement évanouis dans la nature. Mystérieux...

Nathanaël Bouton-Drouard








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Image :
Voici deux superbes copies dégottées par Artus Films. Traitées avec énormément de déférences les masters HD sont issus manifestement de restaurations à la source délivrant donc des cadres extrêmement propres et stables, et un piqué aussi pointilleux que cinématographique. Les matières sont bien là avec un grain de pellicule délicatement présents et des reflets argentiques très agréable en sus. La Dame Rouge tua sept fois se hisse tout de même légèrement au-dessus du premier film avec une palette de couleur plus riche encore et une définition à la profondeur accrue. Du bel ouvrage dans les deux cas.

 


Son :
Disponibles à chaque fois avec leur pistes françaises d'époque, les deux métrages sont marqués par des doublages pas forcément à la hauteur avec en outre des mixages étouffés et quelques chuintements un peu vieillots. Les versions originales s'en sortent largement mieux avec des pistes nettoyées et aérées pour un rendu très propre et bien posé, sans perditions notables.

 


Interactivité :
Proposés dans de très joli digipack cartonnés avec fourreau, L'Appel de la chair & La Dame Rouge tua sept fois sont accompagnés à chaque fois d'une présentation par le journaliste Emmanuel Le Gagne. Un petit rappel des faits, des codes du giallos, un petit détour par la filmographie (succincte) du réalisateur et les hauts faits des têtes d'affiches... L'exercice est classique mais efficacement mené. Petit guest en prime pour le second film avec un entretien avec la réalisatrice Lucile Hadzihalilovic (Innocence, Evolution...) marqué à treize ans par la double découverte de L'Oiseau au plumage de cristal et de La Dame Rouge tua sept fois.

Liste des bonus L'Appel de la chair : Présentation du film par Emmanuel le Gagne, Diaporama d'affiches et de photos, Film-annonce original
Liste des Bonus La Dame Rouge tua sept fois : Présentation du film par Emmanuel le Gagne, Entretien avec Lucile Hadzihalilovic, Diaporama d'affiches et de photos, Film-annonce original

 
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