PROPERTY
Etats-Unis, Canada - 1979
Image plateforme « DVD »
Image de « Property »
Réalisateur : Penny Allen
Musique : Richard Tyler
Image : 1.33 4/3
Son : Anglais Dolby Digital 2.0 mono
Sous-titre : Français
Durée : 92 minutes
Distributeur : Extralucid Films
Date de sortie : 11 août 2021
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Property »
portoflio
LE PITCH
Les habitants d’un quartier décident d’acheter les terrains afin d’éviter la démolition promise. S’organise alors une vie en communauté...
Partagez sur :
Un toit pour tous

Après Elephant Films, c'est Extralucid Films qui reprend le flambeau de la collection Les Sœurs Lumière, dédiée aux pionnières du 7ème art, avec le premier long métrage de Penny Allen : Property, portrait atypique d'une génération.

Artiste et activiste dans l'âme plus que simple réalisatrice de film, Penny Allen ne s'essaye au cinéma que de façon sporadique livrant la comédie Paydirt - annonçant d'une certaine façon le concept de la série Weed - en 1981, puis ne revenant que bien plus tard pour les documentaire The Soldier's Tale et En Retard pour l'enterrement de ma mère respectivement en 2007 et 2013. Entre les deux, outre l'écriture (A Geography of Saints, Metaphors for Change) ou la photographie, elle se sera consacrée au militantisme social et environnemental. Sa première œuvre, Property est nettement traversée par ces diverses aspirations et parfaitement nourris par son parcours personnel l'ayant amené à travailler au sein d'institutions sociales, comme journaliste, comme enseignante, ou s'inscrire dans la vie associative de quartier. Elle fut d'ailleurs directement témoin d'une situation proche de celle du film, alors qu'un petit quartier populaire menacé de destruction pour installer un riche centre économique fut racheté et sauvé par ses habitants. Entraînant avec elle sa troupe de théâtre, Penny Allen en reprend les grandes lignes et en accentue certainement la portée en invoquant un groupe de marginaux, tous très étrangers au départ à la notion, justement, de « propriété ».

 

spéculations


Un acteur qui se rêve star du stand-up et ne cesse de s'agiter, un poète qui ne rêve que de calme et de solitude pour parfaire ses créations, un repris de justice qui voit d'un mauvais œil sa compagne se livrer à la prostitution, quelques hippies de passage et des voisins noirs encore plus mal vu qu'eux simplement pour leur couleur de peau... Ce sont toutes les revendications et les rêves des années 70 que personnifient ces personnages, tout autant que leur prochaine disparition dans le libéralisme triomphant de la décennie à venir. Si l'horizon est bien sombre, Penny Allen suit cette quête modeste, ces aspirations constamment bloquées par la réalité et l'absurdité des institutions, avec une certaine légèreté, laissant ses personnages vivre, respirer, digresser... et beaucoup digresser. Une manière de se rapprocher constamment des contours d'un film documentaire, caméra épaule et mouvante, interprétation fiévreuse et libre, entre la démarche expérimentale de la performance et la crudité du cinéma vérité. Un dispositif souvent envahissant qui certes offre au métrage la sensation de faire revivre l'atmosphère d'une époque, le visage méconnu d'une Amérique délaissée, mais qui s'égare constamment dans l'anecdote, les apartés et des scénettes trop bavardes pour être essentielles. Tout comme ses personnages, Property a finalement un peu de mal à s'échapper des 70's, même s'il est à l'origine d'une étonnante vocation. Celle d'un jeune Gus Van Sant, ici simple preneur de son qui fit la rencontre du romancier Walt Curtis, qui y tient le rôle d'organisateur de quartier malgré lui, dont il adaptera Mala Noche pour son premier film.

Nathanaël Bouton-Drouard




Partagez sur :
 

Image :
Longtemps délaissé et oublié, Property n'a certainement pas profité des même soins de conservation qu'un classique film de studio. Malgré une restauration annoncée lors de la ressortie en salles et la diffusion dans quelques festivals, la copie reste assez abîmée, parsemée de taches, petites griffures et autres instabilités. Pas étonnant que le film ne sorte donc que sur support DVD, support qui lui permet de tenir le coup avec une définition honorable et un rendu aussi correcte que possible.

 


Son :
Seule la piste originale est tout à fait logiquement proposée ici. Une stéréo relativement stable et surtout étonnamment claire au vue du dispositif et des moyens du projet.

 


Interactivité :
Comme pour les précédents opus de la collection Les Soeurs Lumière distribués par Elephant Films, c'est la journaliste et historienne Véronique Le Bris qui ouvre le programme avec une petite présentation du métrage et de sa réalisatrice. Penny Allen est d'ailleurs présente en personne avec une interview qui lui permet de retracer la naissance du projet, le tournage de certaines séquences et surtout la mise en place de plans d'apparences anodins, mais pourtant longuement réfléchis. Intéressant certainement, tout comme son courts métrage The Didier Connection, œuvre expérimentale triturant la nature documentaire en prenant pour cadre le portrait d'un petit garçon. Un film longtemps perdu et donc proposé ici avec une image très abîmée.

Liste des bonus : Présentation du film par Véronique Le Bris (5'), Entretien avec Penny Allen (20'), The Didier Connection, un film de Penny Allen (13'), Bande annonce

 
Crédits & mentions légales - Publicité - Nous contacter
Copyright Regard Critique 2009-2021