MADHOUSE (1974)
Royaume-Uni - 1974
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Genre : Horreur
Réalisateur : Jim Clark
Musique : Douglas Gamley
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais DTS HD Master Audio 2.0
Sous-titre : Français
Durée : 92 minutes
Distributeur : ESC Distributions
Date de sortie : 21 juillet 2021
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Le célèbre acteur de film d’horreur, Paul Toombes, connu notamment pour son interprétation du Dr Death, est frappé par une dépression nerveuse alors qu’il se rend en Angleterre pour le tournage d’une nouvelle série. C’est alors que les différents acteurs et membres de l’équipe technique de cette série commencent à mourir, d’une façon très analogue à celles dont mouraient les personnages des films du Dr Death…
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Acting Death

Rencontre aux sommets entre les légendes de l'épouvante Vincent Price et Peter Cushing, Madhouse n'était pas tout à fait l'évènement attendu en 1974 alors que les amateurs de sensations fortes se tournaient plus volontiers vers Massacre à la tronçonneuse ou Black Christmas. On appelle ça un anachronisme.

Le cinéma d'horreur est en plein bouleversement, rattrapé par l'actualité tragique du monde, par les mouvements sociaux et les revendications des jeunes générations, et clairement le gothique à papa ne fait plus vraiment recette depuis la sortie en 1973 de L'Exorciste. Mais l'AIP (USA) et la Amicus ne semblent pas totalement en prendre la mesure, à l'image de la concurrente Hammer qui avancera elle aussi par trop petites touches. Surtout que les deux sociétés partenaires ont encore en mémoire le succès du diptyque Dr Phibes, modernisant l'imagerie habituelles dans des délires pops et un humour grinçant très Chapeau melon et bottes de cuirs avec un soupçon de relecture méta. L'ambition de Madhouse est alors ni plus ni moins que de renouveler le petit miracle en faisant de nouveau de Vincent Price un acteur grimé bien perturbé, auquel s'ajoute désormais l'illustre Peter Cushing en acolyte de l'ombre, ami sans doute trop doucereux pour être honnête. Malheureusement Robert Fuest refuse d'en prendre la réalisation, les deux sociétés de productions se chamaillent en coulisses, le scénario ne cesse d'être réécrit jusqu'aux dernières minutes et l'objet final sera remonté par tout le monde et dans tous les sens pour tenter d'y donner un visage cohérent.

 

clap de fin


Pas une mince affaire tant le métrage semble constamment tiraillé tous azimut, s'efforçant de rendre un vibrant hommage à la grande carrière des deux interprètes principaux (avec une pelleté de longs extraits des adaptations de Poe par Corman), tout en tendant les bras vers des codes beaucoup plus modernes avec ce tueurs ganté et masqué, singeant les crimes vus dans les films de Dr Death et devant beaucoup finalement aux Giallo (caméras subjectives à l'appui) tant à la mode depuis la découverte en 1971 de L'Oiseau au plumage de cristal. Une trame de whodunnit relativement limpide transformant l'affriolante Linda Hayden (Une Messe pour Dracula, La Nuit des maléfices) en starlette et victime de passage, et l'inattendu Adrienne Corri (Orange mécanique) en actrice brisée et défigurée vivant avec ses araignées dans la cave de sa maison. Toujours en grand écart, la mise en scène de Jim Clark, célèbre monteur de Marathon Man ou La Déchirure, alterne entre l'imagerie pop et moderne de son époque et la photographie baroque de La Tombe de Ligeia sorti 10 ans plus tôt, et n'arrive certainement pas à empêcher l'entreprise à s'achever en eau de boudin.

Chaotique mais méritant, Madhouse avec son Vincent Price cabotinant à l'excès, son Vincent Price manifestement déjà fatigué et en retrait, résonne aujourd'hui comme un timide chant du cygne dont l'échec en salle entraînera avec lui AIP et la Amicus qui se tourneront plus volontiers vers la série B d'aventure.

Nathanaël Bouton-Drouard




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Image :
Sans être parfaite la copie HD de Madhouse se montre bien satisfaisante avec une définition plutôt pointue, des couleurs chaudes et joliment contrastées et un rendu très agréable du grain de pellicule et des reflets argentiques. Un master très cinéma toujours traversé de quelques points blancs ou noirs, de restes de griffures et autres desiderata de l'âge (mais est-ce vraiment grave ?), mais où les vrais moments de faiblesses apparaissent dans les, fréquents, fondus enchainés beaucoup plus marqués et moins profonds.

 


Son :
Totalement inédit en France, le film n'est donc bien entendu disponible que dans sa version originale. Un DTS HD Master Audio 2.0 de très bonne facture, sobre, mais toujours clair et équilibré sans véritable perdition à noter.

 


Interactivité :

Rejoignant la collection British Terrors d'Esc, Madhouse se pare de l'habituel et documenté livret concocté par Marc Toullec ainsi que d'une présentation vidéo du film. Un segment confié cette fois-ci à Pascal Françaix, auteur du récent Teen Horror (ed. Rouge Profond), qui retrace la production tendue du film, les petites inimitiés sur le plateau (entre Price et Quarry, entre les deux société de production), les difficultés d'un scénario achevé en urgence tout en s'efforçant de réhabiliter l'objet et d'en souligner les qualités survivantes.

Liste des bonus : Un livret rédigé Marc Toullec (16 pages), Entretien avec Pascal Françaix (31').

 
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