SNATCH
Etats-Unis, Royaume-Uni - 2000
Image plateforme « Bluray 4K »
Image de « Snatch  »
Genre : Policier
Réalisateur : Guy Ritchie
Musique : John Murphy
Image : 1.85 16/9
Son : Dolby Atmos Anglais, DTS HD Master Audio 5.1 anglais, français, allemand...
Sous-titre : Français, allemand, italien...
Durée : 102 minutes
Distributeur : Sony
Date de sortie : 7 juillet 2021
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Snatch  »
portoflio
LE PITCH
Franky vient de voler un énorme diamant qu'il doit livrer à Avi, un mafieux new-yorkais. En chemin, il fait escale à Londres où il se laisse convaincre par Boris de parier sur un combat de boxe clandestin. Il ignore, bien sûr, qu'il s'agit d'un coup monté avec Vinny et Sol, afin de le délester de son magnifique caillou. Turkish et Tommy, eux, ont un problème avec leur boxeur, un gitan complètement fêlé qui refuse de se coucher au quatrième round comme prévu. C'est au tour d'Avi de d...
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London Calling

À sa sortie, il y a près de 21 ans, Snatch avait fait l'effet d'une petite bombe. Primo, le film confirmait l'art débrouillard d'un lad nommé Guy Ritchie, jeune réal' londonien qui venait tout juste de faire ses armes avec Arnaques, crimes et botanique. Deusio, il replaçait les Angliches sur la carte de l'entertainment burné, pulvérisant au passage une décennie de comédies romantiques et de... Hugh Grant.

Vingt piges plus tard, il reste quoi ? Un long-métrage aussi culte que roublard. De la brit pop en mode cinoche. Du plaisir immédiat, sans chichis, à l'image d'une pinte de Camden Hells descendue cul sec. Snatch, c'est rien que de la gouaille, de l'attitude, des postures. Et un phrasé 100% cockney. D'ailleurs, le visionner en VF relève du sacrilège tant la palette d'accents y joue un rôle déterminant (des baragouinages gitans à l'argot jamaïcain en passant par les tournures suintant les faubourgs de l'East End, on en a comme qui dirait pour notre argent). Bon c'est vrai, Guy Ritchie n'invente rien. Il se contente de sampler, recycler, tuner tout un tas d'influences. Mais il le fait putain de bien.

 

god save the style


Du premier au dernier plan, Snatch affiche une virtuosité qui se la flambe en permanence. Clairement, Ritchie sait manier une caméra et il le prouve allégrement. Ralentis, accélérations, split-screens, chassés-croisés spatiotemporels, incursions musicales parfaitement calées. C'est simple, on se croirait à la fois chez Scorsese époque Mean Streets ou Goodfellas (via le montage épileptique et la glorification des gangsters issus du prolétariat) et chez Tarantino (dans la dramaturgie éclatée et ce goût avéré pour le tragi-comique). Le cinéaste se contente juste de mixer ces inspirations certifiées dans un décorum typiquement anglo-saxon. Façon « working class ». Fini le « Royal with cheese » de Pulp Fiction, place au fish & chips qui baigne dans l'huile et colle aux doigts. Un concentré de costards en tweed, de tasses de thé et de testostérone. On y croise très peu de gonzesses ou alors dénudées sur des jeux de cartes. Ça parle mal, ça se vanne, ça se menace. Le « fuck off » règne en majesté et ça finit souvent dans un bain de sang comme après une bonne vieille castagne de sortie de pub.

 

Marque de fabrique


Last but not least, le casting est juste clinquant : le teigneux Jason Statham (dont la carrière à l'international doit tout à Snatch), Brad Pitt (drolatique en rabouin faussement abruti), Benicio Del Toro (en serial flambeur), Vinnie Jones (cet ex-footballeur de district au regard de psychopathe), Alan Ford (big boss de la pègre adepte des déclarations chocs et accessoirement de l'élevage de porcs) ou Dennis Farina qui campe un diamantaire juif new-yorkais à se pisser dessus de rire... Tous les acteurs sont en roue libre. Ils cabotinent sec. Et pourtant, ça passe crème. Grace, encore une fois, à cette identité british de tous les instants. Car Ritchie cite aussi beaucoup les cadors du cinéma de genre d'outre-Manche. En premier lieu Sir Michael Caine, flingueur ultra stylé du légendaire Get Carter. Ou Bob Hoskins (oui oui, le détective de Qui veut la peau de Roger Rabbit), génial parrain londonien du méconnu Du sang sur la Tamise signé John Makenzie.

À ce jour, Snatch demeure le meilleur film de Guy Ritchie. Le plus reconnaissable. Le plus adulé aussi. Excellent faiseur, le metteur-en-scène a vécu un léger passage à vide durant les années 2000 (en gros, le temps de son mariage avec Madonna). Mais depuis RocknRolla, il jongle habilement entre le Royaume-Uni et Hollywood à l'image de bon nombre de ses compatriotes (parmi lesquels Christopher Nolan ou encore Matthew Vaughn qui soit dit en passant fut le producteur de Snatch). Toujours aussi solides d'un point de vue technique, souvent sympathiques à regarder (notamment les deux Sherlock Holmes et Agents très spéciaux), ses films sont ce qu'ils sont : de purs produits de divertissement. Rien d'autre. Et il aura fallu attendre l'année dernière pour revoir le cinéaste véritablement en verve avec l'excellent The Gentlemen qui, ironie du sort, offrait un rôle en or à... Hugh Grant.

Gabriel Repettati










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Image :
Sortie en Bluray en 2009, Snatch n'avait alors pas vraiment brillé par ses qualités techniques, ses couleurs ternes et sa définition sommaire. On repart sur de bien meilleures bases pour cette première (?) édition en format UHD. D'entrée de jeu, les couleurs se montre bien mieux définies, contrastées, profitant du traitement HDR pour raviver une photographie qui reste toujours un chouia trop sombre (une récurrence sur certains titres Sony). Les cadres sont désormais d'une propreté immuable, la définition marquée respecte au mieux le grain et les reflets argentiques de la source 35mm. Pas forcément le film le plus spectaculaire en Bluray 4K, mais le fossé avec les sorties précédentes est flagrant.

 


Son :
Toujours en décalage le pauvre petit doublage français Dolby Digital 5.1 se fait sérieusement malmener par le Dolby Atmos inédit de la version originale. Une nouvelle performance qui tout en préservant le coffre des dialogues (le centre du film), déploie constamment la moindre intention sonore soulignant les jaillissements de la bande originale et décuplant généreusement les effets de mise en scène de Guy Ritchie. Sacrément dynamique.

 


Interactivité :
Pas de nouveau supplément pour cette édition, les bonus sont d'ailleurs tous toujours accrochés uniquement au disque Bluray. Des suppléments connus donc avec le commentaire extrêmement calme et technique enregistré par le réalisateur et le producteur Mathew Vaughn, le petit making of très efficace et les petites poignées de scènes coupées et de story-boards.

Liste des bonus : Commentaire audio de Guy Ritchie et Matthew Vaughn, Making of, Scènes coupées, Storyboards, Galerie de photos.

 
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