UN FLIC AUX TROUSSES
Eddie Macon's Run - Etats-Unis - 1983
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Un Flic aux trousses »
Genre : Policier
Réalisateur : Jeff Kanew
Musique : Norton Buffalo
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais et français DTS-HD Master Audio 2.0
Sous-titre : Français
Durée : 95 minutes
Distributeur : Elephant Films
Date de sortie : 6 juillet 2021
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Un Flic aux trousses »
portoflio
LE PITCH
Eddie Macon, jeune homme condamné très durement alors qu’il n’a commis qu’un délit mineur, s’échappe de sa prison du Texas et fuit vers la frontière Mexicaine pour retrouver sa femme et son fils. Carl Marzack, l'ex-flic solitaire qui l’a arrêté une première fois, se lance à ses trousses…
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La Poursuite impitoyable

Inlassablement, Elephant Films poursuit son exploration des archives de la Universal. Pour en exhumer des chefs d'œuvres bien sûr mais aussi des pépites inattendues, des séries B auxquelles le temps et la nostalgie ont apportés une patine savoureuse. C'est le cas d'Un flic aux trousses (bien mieux servi par son titre original, Eddie Macon's Run), course poursuite nonchalante et pittoresque en terres redneck sortie en 1983.

Viré de son commissariat du New Jersey pour avoir abattu un gosse qui envoyait des vieilles dames à l'hôpital (!) - ce qu'il ne semble d'ailleurs pas regretter le moins du monde - et employé par l'administration pénitentiaire d'Huntsville au Texas pour mettre le grapin sur les candidats à l'évasion, Carl Marzack est une sorte de dure à cuire d'une autre époque. Une vieille carne incroyablement coriace et qui ne renonce jamais. Un croisement entre le Charles Bronson des productions Cannon et l'U.S. Marshal Samuel Gerard qu'interprétera Tommy Lee Jones dans Le fugitif dix ans plus tard. Marzack aime son chien et personne d'autre. Sapé comme un détective privé des années 40, Kirk Douglas lui prête ses traits avec une énergie intacte malgré ses 67 ans. Pour autant, il n'est pas le héros d'Eddie Macon's Run. Seulement un antagoniste de luxe.
La raison d'être du film, c'est John Schneider. Révélé au générique de la série The Dukes of Hazzard (alias Shérif, fais-moi peur!) dans le rôle du beau gosse Bo Duke, l'acteur et chanteur de country tente ici sa percée sur le grand écran, investi au point de pousser la chansonnette à deux reprises sur la bande son. Eddie Macon, c'est le brave gars par excellence, le père de famille exemplaire. Collé au gnouf pour cinq ans pour avoir étalé son salopard de patron et ne pas s'être montré bien diplomate avec une paire de flics particulièrement bas du front, Macon fait le mur aussi discrètement que possible pour fuir l'injustice et retrouver sa femme (la belle blonde Leah Ayres, future copine de JCVD dans Bloodsport) et son fils, atteint d'une maladie orpheline. Une histoire à faire pleurer dans les chaumières tirée d'un roman de James McLendon, ce dernier s'inspirant assez copieusement des « Misérables » de Victor Hugo.

 

texas Nightmare


Réalisateur et scénariste, l'oublié Jeff Kanew contourne le piège du mélodrame dégoulinant en mettant l'accent sur l'humour et l'action et tout en dressant un portrait loin d'être flatteur du Texas profond. Une famille de ranchers dégénérés et probablement incestueux (l'impayable trio Lisa Dunsheath, Tom Noonan, Jay O. Sanders) bien décidés à pendre ce pauvre Eddie dans leur salon et juste pour le plaisir, juges, policiers et patrons corrompus et un peu trop portés sur la loi du Talion, piliers de bar violeurs et homophobes, barman raciste, etc ... Eddie Macon's Run paie sa dette au Massacre à la tronçonneuse de Tobe Hooper et ne se fait guère d'illusions sur le ramassis d'ordures qui peuple ces terres poussiéreuses et crasseuses au nord de la frontière mexicaine. Jeune femme aux mœurs légères mais à la générosité insoupçonnée, la nièce du gouverneur campée par la volcanique Lee Purcell est la seule à ne pas laisser tomber Eddie Macon, otage puis complice zélée. Elle l'accompagnera sans faillir jusque dans une poursuite en voitures musclée et se concluant dans un cimetière, symbôle facile mais ô combien approprié de la renaissance d'Eddie Macon. Son entrée au Mexique, sa femme et son fils dans ses bras, est immortalisée comme la victoire du siècle. Avec son héros qui tourne fièrement le dos à l'Amérique et à la patrie des braves, rien d'étonnant à ce qu'Eddie Macon's Run n'ait pas cartonné au box-office.
Ancien monteur de bandes-annonces et signataire de Black Rodeo (1972), indispensable et rarissime documentaire sur la pratique du rodéo par des afro-américains imperméables au racisme ordinaire du Sud, et de Natural Enemies (1979), drame sordide où Hal Holbrook finit par noyer son desespoir avec un quintet de prostituées juste avant de flinguer sa femme et de se faire sauter le caisson, Jeff Kanew donne à Eddie Macon's Run des allures de téléfilm luxueux. La mise en scène est fonctionnelle mais rythmée et les ruptures de tons sont négociées avec une habileté de vieux briscard.

À défaut d'avoir pu transformer John Schneider en star, Jeff Kanew retrouvera Kirk Douglas à deux reprises. D'abord pour l'attachant actionner gériatrique Tough Guys (Coup Double) également squatté par Burt Lancaster, ensuite pour une captation filmée du show autobiographique Before I Forget. Mais on se souviendra surtout du gentiment culte Revenge Of The Nerds (Les Tronches), comédie adolescente so 80's.

Alan Wilson






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Image :
En dépit d'un usage évident et pas forcément nécessaire du réducteur de bruit, Elephant Films offre aux curieux un master bien plus satisfaisant que celui visible sur le blu-ray américain de Mill Creek Entertainment. Les couleurs sont vives, les contrastes sont solides et la luminosité est de mise. L'éditeur aurait sans doute gagné à faire davantage confiance à la propreté du matériau fourni par Universal mais le résultat est indiscutablement propre.

 


Son :
Mixée aux anabolisants, la stéréo originale est musclée jusqu'à l'excès. L'effort est louable mais il finit par desservir le film avec un rendu un peu trop artificiel. Victoire pour la version française donc, avec son doublage ordurier d'anthologie et qui flirte de façon surprenante avec la caricature. Sortez les bières et les pizzas, on a retrouvé l'un des ancêtres (involontaire?) de La Classe américaine de Michel Hazanavicius et Dominique Mezerette.

 


Interactivité :
Toujours aussi volubile et de bonne humeur, le suisse Julien Comelli relève toutes les singularités d'Eddie Macon's Run et enchaîne les anecdotes même si l'on peut contester sa lecture assez droitière (alors que c'est tout le contraire!) du film de Jeff Kanew. C'est tout et ce n'est pas si mal du tout pour un film sorti de nulle part et dont la seule édition connue ne comportait pas le moindre supplément. Et on a même droit à une jaquette réversible reprenant l'affiche originale. On dit merci qui ?

Liste des bonus : Présentation du film par Julien Comelli et Erwan le Gac / Bandes-annonces

 
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