TREMBLEMENT DE TERRE
Earthquake - Etats-Unis - 1974
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Tremblement de terre »
Genre : Catastrophe
Réalisateur : Mark Robson
Musique : John Williams
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais et Français DTS HD Master Audio 5.1
Sous-titre : Français
Durée : 124 minutes
Distributeur : BQHL
Date de sortie : 15 juin 2021
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Tremblement de terre »
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LE PITCH
Un puissant tremblement de terre menace la ville de Los Angeles et bouleverse le destin de certains de ses habitants…
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Good vibrations

Fleuron du film catastrophe des 70's, Tremblement de terre marqua les esprits par son utilisation du Sensurround, gimmick sonore usant de l'infra basse pour faire ressentir aux spectateurs les grondements et les vibrations d'un authentique séisme. De là à dire que le film de Mark Robson ne vaut que pour ses innovations techniques et ses gadgets de fêtes foraines, il n'y a qu'un pas que l'on hésite encore à franchir.

Sur le papier, Tremblement de terre ne manque pas d'attraits. Jouant avec la peur du « Big One », cette catastrophe sismique aux proportions terrifiantes redoutée par tous les habitants de Los Angeles et des comtés voisins depuis plus d'un siècle, l'idée du film naquît à la fin de l'année 1970 dans l'esprit des exécutifs des studios Universal, en quête d'un succès dans la lignée de celui d'Airport. Cinéaste vétéran célébré pour le succès de L'Express du colonel Von Ryan, ancien assistant de Robert Wise sur le montage de Citizen Kane et de La Splendeur des Amberson, Mark Robson s'empara du projet et s'assura de mobiliser suffisamment de talents devant comme derrière la caméra. Porté par le triomphe du Parrain, Mario Puzo livra en 1971 une première mouture du scénario, prometteuse mais inachevée et surtout bien trop coûteuse. Le débutant George Fox fut engagé pour finir le travail, s'épuisant sur des dizaines de révisions. Compositeur pour La Dernière aventure du Poséïdon, énorme succès de 1972, John Williams signa pour Tremblement de terre ... mais aussi pour La Tour Infernale et donc, la concurrence (nous y reviendrons). Quant aux effets visuels, ils furent placés sous la responsabilité d'Albert Whitlock, magicien du matte-painting et des compositions optiques.
Organisant son casting, Robson tenta le mélange des genres. Des stars reconnues du calibre de Charlton Heston et Ava Gardner, des seconds couteaux solides avec George Kennedy et Lorne Greene, des noms prometteurs avec Genevieve Bujold, Victoria Principal et Richard Roundtree et même un caméo facétieux de Walther Matthau crédité sous le patronyme imprononçable de Walter Matuschanskayasky.

 

pièces manquantes


Techniquement, Tremblement de terre impressionne. Outre la dimension immersive et viscérale du Sensurround, le film de Mark Robson affiche un pessimisme froid et ne lésine pas sur les destructions à grande échelle combinant des miniatures bluffantes et des effets de plateaux, les panoramas ravagés, les morts violentes et les cascades périlleuses. Et le tout pour la moitié du budget de La Tour Infernale ! Citer le blockbuster luxueux de John Guillermin et Irwin Allen n'a rien d'anodin. C'est l'annonce même de ce super projet prévu pour Noël 1974 et réunissant Paul Newman et Steve McQueen ainsi que la Fox et Warner qui força la main d'Universal, précipitant le tournage de Tremblement de terre en février 1974. Si le film de Mark Robson finit par atterrir dans les salles obscures un bon mois avant La Tour Infernale, il y sacrifia au passage une partie de son âme.
L'intrigue et la caractérisation des nombreux protagonistes laisse un arrière-goût d'inachevé, la faute à un scénario mal dégrossi et à un montage allant un peu trop vite en besogne. Il faut ainsi tout le talent et le charisme de Charlton Heston pour que le personnage de Stewart Graff, ancienne star du foot devenue promoteur (ou architecte, c'est pas bien clair) et trompant sa mégère alcoolique avec une jeune actrice, tienne à peu près la route. On en dira pas autant de la relation entre Ava Gardner et Lorne Green, jamais crédible du fait de l'âge des deux acteurs (la première est supposée être la fille du second alors qu'ils n'ont que sept ans de différence), ou bien du pauvre Richard « Shaft » Roundtree, ajout de dernière minute fréquemment écarté de l'écran parce que le réalisateur ne sait visiblement pas quoi en faire. Même constat pour le climax qui ne parvient pas à profiter du suspense interminable sur la rupture du barrage et qui balaye sans ménagement le sacrifice de son couple vedette pour en arriver à un épilogue bâclé. George Kennedy est à peu près le seul à sortir indemne de ce bricolage narratif filmé avec trop de rigidité par un Mark Robson contraint de coller à ses storyboards pour rester dans les temps. Flic vieillissant et cynique, équivalent en uniforme d'un Harry Callahan à deux doigts de la retraite, Kennedy est à la fois génial, touchant et humble et son arc dramatique permet au film de s'ancrer dans une réalité palpable. Sous les gravats et les décombres, il y a bel et bien un cœur qui bat et il suffit à rendre ce Tremblement de terre assez fréquentable, bien plus en tous cas que le récent San Andreas, remake officieux croulant sous les CGI et l'égo démesuré de Dwayne Johnson.

Alan Wilson






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Image :
Pas toujours discret, le bruit numérique joue les trouble-fêtes par intervalles et handicape la définition de ce master lumineux et propre, compressé en AVC, et largement supérieur à celui exploité par Universal sur le blu-ray de 2013. BQHL trébuche donc à nouveau sur l'encodage mais les efforts sont là et le gain est suffisant pour justifier de repasser à la caisse.

 


Son :
Bonne nouvelle, les basses, principal argument du mixage sonore du film de Mark Robson, sont au rendez-vous, amples, profondes et bien rondes comme il se doit. Mauvaise nouvelle, la version originale se révèle plutôt faiblarde sur tout le reste du spectre sonore avec des voix difficilement audibles et une musique écrasée à l'avant. Plus équilibrée et satisfaisante, la version française est à privilégier.

 


Interactivité :
Seul apport « inédit », le livret signé de l'inusable Marc Toullec se déguste à toute vitesse, comme d'habitude, entre citations et parenthèses informatives bien senties. Pour le reste, BQHL a pioché dans l'édition collector US de Shout Factory pour n'en retenir qu'une toute petite poignée de suppléments. Plutôt que de proposer la version longue de la diffusion télé sur une galette séparée, les 32 minutes de scènes supplémentaires, issues de chutes de montage et de reshoots tardifs un an après la sortie du film, sont visibles à la chaîne ou séparément mais manque de mise en contexte. On retrouve aussi les modules sur le Sensurround et les matte-painting et ... c'est tout. Un temps annoncé, la featurette sur le score de John Williams brille par son absence. Manquent aussi à l'appel les interviews audio de Richard Roundtree, Charlton Heston et Lorne Green ainsi que le matériel promotionnel, exception faîte de la bande annonce.

Liste des bonus : Le Sensurround expliqué par Ben Burtt (11 minutes), Les effets spéciaux optiques d'Albert Whitlock (10 minutes), Scènes additionnelles (32 minutes), Bande-annonce

 
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