SAW
Etats-Unis - 2004
Image plateforme « Bluray 4K »
Image de « Saw »
Genre : Horreur
Réalisateur : James Wan
Musique : Charlie Clouser
Image : 1.85 16/9
Son : Dolby Atmos Anglais, DTS HD Master Audio 6.1 Français
Sous-titre : Français
Durée : 103 minutes
Distributeur : Metropolitan
Date de sortie : 3 juin 2021
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Saw »
portoflio
LE PITCH
Deux hommes se réveillent enchaînés au mur d’une salle de bains. Ils ignorent où ils sont et ne se connaissent pas. Ils savent juste que l’un des deux doit absolument tuer l’autre d’ici huit heures, sinon ils seront abattus tous les deux… Les victimes sont prêtes à tout pour s’échapper mais, pour réunir toutes les pièces de ce terrifiant puzzle, il faudra jouer selon les règles qu’un génie du crime leur impose…
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Les maîtres du jeu

Avant de devenir une ennealogie dont on attend encore les dernières surprises (en espérant quelles redressent la barre), la saga Saw était en 2004 un petit film d'horreur indépendant tourné en 18 jours par deux petits malins répondants aux noms de James Wan (Insidious, Aquaman) et Leigh Whannell (Invisible Man).

Né de la frustration de ne pas réussir à se faire remarquer par un milieu du cinéma qu'ils imaginaient verrouillé, les deux amis se sentent motivé par la révélation de Blair Witch, film d'horreur à tout petit budget misant alors tout sur son pitch et devenu incroyablement rentable. Comme cela se faisait dans les années 70, leur porte d'entrée sur grand écran se fera grâce à un film d'horreur soit, mais aussi et surtout par une approche qui s'efforce clairement de retrouver la brutalité et la viscérale mise de coté tout au long des années 90. Après une bande promo fauchée mais déjà bien efficace, les voici enfin épaulés par Lions Gate Entertainement avec ni plus ni moins que Cary Elwes et Dany Glover à l'affiche. Le premier sera l'une des victimes piègées par le tueur, le second un détective, "trop vieux pour ces conneries" mais qui s'enfonce dans l'obsession maladive. De toute façon tout semble malade, dégénéré, déliquescent dans Saw, expérience qui cultive une photographie à la fois sale, granuleuse et étrangement sophistiquée, avec des jeux d'éclairages maniérés qui rappellent volontairement la belle époque du thriller italien.

 

éloge de la pièce manquante


Pour sa première réalisation James Wan est déjà parfaitement à l'aise et, de dehors de quelques effets tape-à-l'œil qui deviendront malheureusement pas la suite l'une des marques de la saga, installe sadiquement une atmosphère lourde, poisseuse, qui sait passer de l'étrange (l'apparition de la poupée échappée d'un giallo) à la frénésie barbare lorsqu'une pauvre femme à la gueule enfermée dans un piège à ours doit éviscérer un cadavre pour en retrouver la clef. A la fois sauvage et extrêmement brutal, le premier Saw n'a pas encore le sens de l'accumulation qui va devenir la norme avec le fameux « torture porn » et use de ces pièges mécaniques et tranchants spectaculaires non pas comme d'une fin en soit, mais comme un moyen de faire monter graduellement et instinctivement une tension maligne. Car le cœur du film, habilement rédigé façon puzzle par Leigh Whannell, se situe bel et bien dans cette salle de bain insalubre où deux hommes sont enchaînés, et face à face. Amassant les énigmes, les casse-têtes et les révélations à coups de flash-backs bien placés, Saw tient encore et toujours en haleine un spectateur impliqué, absorbé par ce terrifiant trompe-l'œil. D'ailleurs, preuve que ce premier « épisode » vaut bien mieux que sa cohorte de séquelles poussives, même son twist final, estomaquant à l'époque, fonctionne à merveille. Surtout, il raisonne comme l'ultime pièce manquante du puzzle, celle qui fait tenir l'édifice en place et non pas comme un coup d'esbroufe éphémère. Malin donc, mais surtout assez brillant finalement.

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
Après presque vingt ans d'exploitation du master vidéo précédent, Saw se pare enfin d'une copie flambant neuve 4K et méchamment boostée pour son arrivée sur support UHD. Les cadres sont bien entendu toujours aussi propres, mais on note de nombreuses améliorations tout au long du film comme ce retour beaucoup plus harmonieux à un grain de pellicule 35mm très marqué, vibrant et viscéral sans jamais mettre à mal la définition. Le film n'a jamais été aussi percutant visuellement, surtout qu'un travail notable a été effectué sur les couleurs. Si on note toujours une certaine dominance bleutées, le rouge hémoglobine est particulièrement vif, et les filtres imposent des atmosphères limites italiennes. Associés à des noirs intenses, profonds et parfaitement pleins, la galette fait carton plein.

 


Son :
On connaissait déjà la très bonne piste DTS HD Master Audio 6.1 de la précédente édition Bluray, mais voici maintenant un Dolby Atmos encore plus impressionnant. La restitution est lipide, claire et fluide, mais les techniciens ont manifestement mis un point d'honneur à accentuer encore les atmosphères tétanisantes du film, multipliant les bruitages flippants et déstabilisants, cultivant une minutie perturbante avant d'exploser dans tous les sens lors des segments les plus spectaculaires et frénétiques. Terriblement efficace.

 


Interactivité :
Proposé en steelbook avec le Bluray du film, cette édition UHD française semble proposer ni plus ni moins que le disque de 2008 en supplément. Si la copie reste inchangée, et honorable, il en est de même pour les bonus qui réunissent deux commentaire audio (le principal est sous-titré en français), un making of fragmenté en multiples featurettes et une collection de documents « d'archives » dont l'élément principal reste le court métrage de neuf minutes qui servit de carte de visite pour Wan et Whannell.
Un contenu assez conséquent auquel s'ajoute désormais sur le disque UHD un tout nouveau documentaire rétrospectif : Game Changer. On revient donc des années après sur ces débuts tonitruants, l'énergie débordante du jeune réalisateur et de son acolyte scénariste, la chance d'avoir convaincu une belle poignée d'acteurs solides et enfin sur l'émergence de cette vague « Torture Porn » où là en plus de l'équipe du film interviennent Eli Roth ou Alexandre Aja. Une petite heure parfaitement produite et très complète qui pour le coup résume très efficacement tous les autres suppléments. 

Liste des bonus : Documentaire inédit « Game Changer », les coulisses de Saw (58'), Commentaire audio de James Wan, Leigh Whannell et Cary Elwes (VOST), Commentaire audio des producteurs (VO), Dissection : du scénario au tournage (36'), Les autres pièces du puzzle : (45'), Bandes-annonces

 
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