LA POUDRE D'ESCAMPETTE
France, Italie - 1971
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « La Poudre d'Escampette »
Genre : Aventure
Réalisateur : Philippe de Broca
Musique : Michel Legrand
Image : 1.66 16/9
Son : Français DTS-HD Master Audio 2.0
Sous-titre : Français pour sourds et malentendants
Durée : 116 minutes
Distributeur : Coin de Mire
Date de sortie : 9 avril 2021
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
1942, Afrique du Nord. Les aventures rocambolesques d’un Français, d’un officier anglais et de la femme d’un consul suisse.
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L'aventure c'est l'aventure

Philippe de Broca fait partie de ces réalisateurs dont les marottes habitent une grosse partie de la filmographie. Dans son cas, un véritable amour pour l'aventure légère, drôle, décalée et parfois empreinte de poésie mélancolique derrière laquelle peut se cacher un contexte grave et inquiétant. Après plusieurs collaborations (Cartouche, L'Homme de Rio, Les Tribulations d'un Chinois en Chine) qui vont faire son succès, le réalisateur lâche Bébel et part en Afrique avec Michel Piccoli durant la seconde guerre mondiale.

Etonnant, en cette année 71, de voir Piccoli, alors acteur principal pour Sautet dans plusieurs rôles graves (Les Choses de la Vie, Max et les Ferrailleurs) dans une comédie déjantée comme La Poudre d'Escampette. Car même si sa première scène à l'écran le présente comme un Français fuyant son pays occupé, c'est pour mieux le retrouver la scène suivante dans le rôle d'un trafiquant jovial tentant de relier la Tunisie à la Lybie en bâteau pour échapper aux armées allemandes et italiennes. Même si la menace rôde, on sent le ton de l'aventure légère, ne s'embarrassant pas des vérités historiques, et ne cherchant finalement qu'à distraire. Et c'est encore le cas quand le destin met sur sa route un officier anglais (Michael York) qui garde sourire et bonne humeur en bandoulière malgré son crash (dont il est le seule survivant) en territoire ennemi. Ne manque plus qu'à ce duo improbable la touche féminine qui sera incarnée par Marlène Jobert dans le rôle de la femme d'un consul suisse coincé et frayant facilement avec les Nazis. Il n'en faut pas plus à la belle pour partir en voiture en direction d'un désert aussi gigantesque que dangereux avec ses deux nouveaux compagnons.

 

les pieds nickelés


Ecrit par Jean-Loup Dabadie et de Broca lui-même, La Poudre d'Escampette réunit à lui seul à peut près tous les faits d'armes de ses auteurs dans un grand mix empruntant lui aussi à différents genres allant du film d'aventures et d'actions (appuyé par le très beau thème de Michel Legrand) jusqu'au comique troupier dans ce qu'il a de plus visuel. On comprend donc vite que la seconde guerre n'est qu'une toile de fond permettant à ces trois anti-héros de se rencontrer et de se mettre dans les situations les plus abracadabrantes. Piccoli se retrouve donc vite en chapeau melon totalement anachronique, tandis que York n'arrive pas à se détacher de son sourire carnassier malgré le (supposé) danger et que Jobert, elle, perd peu à peu ses vêtements et finit rapidement en très petite tenue. Face à eux, une armée italienne qui préfigure La 7ème Compagnie voire Les Charlots bien évidemment infoutue de représenter la moindre menace pour le trio. Comme quand plusieurs d'entre eux sont punis de compter jusqu'à un nombre ridiculement importants comme des gamins allant au coin. Mais derrière la comédie franchouillarde de Broca et Dabadie n'en oublie pas la douceur pour autant. On a ainsi droit à une scène de Noël pleine de poésie et de mélancolie, où les trois compères se projette dans l'avenir, imaginant leurs relations après la guerre. Avant un final qui redevient plus sérieux et grave dans une ultime pirouette aussi inattendue qu'étonnante.

Si La Poudre d'Escampette n'est certes pas un grand film, a du mal à choisir son camp entre divertissement, gravité et pitreries, il représente à lui seul une certaine époque d'un cinéma français décomplexé et ne cherchant jamais à ressembler à qui que ce soit si ce n'est à lui-même. Et aujourd'hui ça n'a pas de prix.

Laurent Valentin






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Image :
Si la pellicule n'est pas exempte de défauts et de grains parfois assez envahissants, la restauration numérique lui permet d'accéder à un niveau de détails et de contrastes dont elle n'a encore jamais profité.

 


Son :
L'unique piste DTS-HD Master Audio est de très belle tenue et rend pleinement hommage aux partitions de Michel Legrand. Les dialogues, quant à eux, souffrent parfois d'un manque d'ampleur et de reliefs mais restent parfaitement audibles malgré ces fameux mixages son de l'époque qui n'étaient pas toujours de très bonnes qualités.

 


Interactivité :
Comme toujours Coin de Mire nous propose de visionner le film avec ou sans réclames et actualités de l'époque, histoire de se replonger dans le contexte de l'année de sortie du film. A côté de ça, Julien Comelli, le plus Suisse des critiques cinéma, nous présente le film, sa genèse et son contexte artistique, avec une foule d'anecdotes dont il a le secret.
On y apprend ainsi par exemple que le personnage principal de Valentin était d'abord écrit pour Belmondo (qui refusa le rôle). Le genre d'entretiens qu'on aimerait trouver plus souvent sur ces ressorties de vieux films.

Liste des bonus : La séance complète avec actualités Pathé, réclames publicitaires et bandes-annonces d'époque, un livret reproduisant des documents d'époque (24 pages), 10 reproductions de photos d'exploitations (14,5 x 11,5 cm), la reproduction de l'affiche d'époque (29 x 23 cm), Présentation du film par Julien Comelli.

 
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