CONTRE TOUTE ATTENTE
Against All Odds - Etats-Unis - 1984
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Contre toute attente »
Genre : Policier
Réalisateur : Taylor Hackford
Image : 1.85 16/9
Son : Français & Anglais DTS HD Master Audio 2.0
Sous-titre : Français
Durée : 128 minutes
Distributeur : Sidonis
Date de sortie : 20 mai 2021
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Contre toute attente »
portoflio
LE PITCH
Footballeur ruiné et sur le déclin, Terry Brogan accepte la proposition de Jake Wise, un bookmaker véreux, de partir au Mexique à la recherche de Jessy Wyler, son ex-petite amie. Terry va tomber follement amoureux de Jessy mais cette idylle ne peut pas durer …
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Neo noir

Œuvre chère au cœur de son réalisateur et de son acteur principal, Contre toute attente refait surface ces jours-ci dans une belle édition chez Sidonis Calysta. L'occasion de constater qu'en dépit d'une première moitié très réussie, le troisième long-métrage de Taylor Hackford se noie dans une dernière heure quelconque et atone.

Gros succès de l'année 1982, Officier & Gentleman fait de Taylor Hackford un cinéaste très sollicité. Paramount (et plus précisément Michael Eisner) le harcèle pour qu'il accepte de mettre en scène Flashdance puis Footloose. Refus catégorique d'Hackford qui n'a d'yeux que pour un manuscrit qui lui a été remis quelques mois plus tôt. Son titre ? Against All Odds. Ecrit par Eric Hughes, cette histoire d'un sportif en fin de carrière tombant amoureux de la petite amie d'un gangster, le tout au beau milieu d'une vaste affaire de corruption, s'inspire ouvertement de La Griffe du passé, film noir de Jacques Tourneur datant de 1947 et réunissant Robert Mitchum et Kirk Douglas en tête d'affiche. Hughes en reprend le point de départ et l'intrigue en deux parties (dont le flashback qui articule la première) mais évacue les éléments les plus significatifs et les plus codifiés du genre. Le héros n'est plus un détective privé, le soleil et les couleurs du Mexique chassent les ténèbres et le noir et blanc de Tourneur et le ton est plus cynique et moderne, typique du début des 80's. Séduit par cette approche néo-noir, par la perspective d'un tournage dans de magnifiques décors naturels, par la charge érotique fiévreuse de la romance entre ses deux protagonistes principaux et par la peinture sans affects de milieux d'affaires impitoyables, Taylor Hackford monte le projet sans l'appui de Paramount, en devient le producteur et finit par trouver refuge à la Columbia qui accepte de sortir le carnet de chèques. Sans la moindre star au générique, Against All Odds ne peut compter que sur une très belle campagne d'affichage (reprenant une scène qui ne figure même pas dans le film!) et le prestige d'une bande originale dominée par le hit de Phil Collins « Take a Look at Me Now ». Peine perdue. Le film ne fait qu'un court passage sur les écrans en mars 1984, remboursant péniblement son budget de 13 millions de dollars sous une pluie de critiques très mitigées.

 

Mexicoooo !!!


Très investi dans le rôle de Terry Brogan, star du football poussé vers la sortie en raison de son âge et des ses multiples blessures, Jeff Bridges domine le casting de la tête et des épaules, son jeu et son charisme rappelant celui d'un jeune Burt Lancaster. L'alchimie avec une Rachel Ward envoûtante est évidente et leur histoire d'amour est le point d'ancrage émotionnel fort de la première heure d'Against All Odds. Les étreintes sur les plages de sable fin, sous les cocotiers, les regards évocateurs entre deux mojitos, les accords à la fois sensuels et menaçants du superbe score de Michel Colombier et Larry Carlton, l'atmosphère pesante et majestueuse des temples mayas du Yucatan, autant d'éléments dont Taylor Hackford joue avec habileté pour orchestrer cette rencontre entre deux âmes marquées par la solitude et la déception. S'il n'avait pas décidé de rapatrier son intrigue dans un Los Angeles filmé avec à peu près autant de goût qu'un épisode de Santa Barbara, nul doute qu'Hackford tenait là son chef d'oeuvre. Alors que le spectateur s'attend à voir débarquer un James Woods (toujours impeccable de menace reptilienne) fou de jalousie, le scénario sort de son chapeau un personnage secondaire dont on se contrefout et dont le cadavre finit au fond d'un lac avec un gros plouf pas loin d'être prophétique quant à la suite des évènements.

Début du deuxième round. Les enjeux étaient puissants, humains, tragiques. Ils deviennent tristement matérialistes. Un projet immobilier un peu louche, des paris sportifs, un avocat corrompu (pléonasme?) campé par un Saul Rubinek toujours aussi antipathique et un dossier compromettant que Jeff Bridges tente de récupérer pour s'acquitter de sa dette envers James Woods. Le cinéaste a beau se réveiller pour un joli moment de tension dans un bureau où rode la menace d'un dobermann particulièrement agressif, rien n'y fait, on s'ennuie ferme. Un peu comme Richard Widmark, pas vraiment convaincant en grand méchant, ou comme Jane Greer, vieille dame acariâtre dont la présence ne dépasse guère la valeur d'un clin d'oeil au film original de Jacques Tourneur. C'était bien la peine d'introduire la rivalité entre Bridges et Woods avec une spectaculaire course-poursuite et des sous-entendus menaçants pour ne rien en faire, ou presque. C'était bien la peine de nous prendre par les sentiments avec une romance condamnée d'avance pour l'interrompre par une ellipse sans élégance et la conclure par un demi-sourire de loin. Snif.

Alan Wilson






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Image :
Strictement identique au master du blu-ray américain d'Image Entertainment avec un image qui fait la navette entre un grain très prononcé et une douceur qui a tendance à lisser les détails et la profondeur de champ. Il en va de même pour les couleurs, superbes dans certaines scènes et plus ternes dans d'autres. La propreté est toutefois de rigueur avec une compression en bêton armé et tout à fait à la hauteur du support.

 


Son :

Le choix entre le 5.1 et la stéréo se fait au bénéfice de la musique et d'ambiances mixées avec un certain soin. La scène du night club de James Woods en est un très bel exemple. Pour le reste, on ne saurair que trop vous conseiller de fuir comme la peste une version française qui sonne horriblement fausse, avec des voix nasillardes.

 


Interactivité :
Bordélique donc un peu difficile à suivre, la présentation de Gérard Delorme permet de grapiller tout de même quelques infos intéressantes. Combinant une courte vidéo narrée par Sam Elliott, une remise de prix et un épisode de « Most Iconic Characters » par la chaîne GQ, le module consacré à Jeff Bridges ne fait que renforcer la sympathie déjà légendaire de notre Dude bien aîmé. Dans une interview d'époque et balancée sans trop de contexte, James Woods parle brièvement de sa vocation d'acteur et balance avec franchise sur le comportement en coulisses de Faye Dunaway. Fin du contenu exclusif à cette édition et retour vers les suppléments déjà connus des possesseurs du DVD datant de 2000. Soit une paire de commentaires audios assez exceptionnels où Taylor Hackford revient en long, en large et en travers sur son travail et en compagnie de ses deux acteurs et de son scénariste. Même constat pour les scènes inédites et qui auraient pourtant gagner à ne jamais finir sur le sol de la table de montage. Et l'interactivité de conclure en musique avec Phil Collins et Kid Creole. La présence du score en piste isolée eut été un cadeau mais l'éditeur nous gâte déjà avec de longues heures de visionnage.

Liste des bonus : Commentaire audio de Taylor Hackford, Jeff Bridges et James Woods / Commentaire audio de Taylor Hackford et Eric Hughes / Présentation de Gérard Delorme / Retour sur la carrière de Jeff Bridges / Entretien avec James Woods / Scènes inédites avec commentaire optionnel de Taylor Hackford / Clip de Phil Collins « Agains All Odds (Take a look at me now) » / Clip de Kid & The Coconuts « Make Curiosity » / Bande-annonce

 
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