LE ROI DE PARIS
France - 1995
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Genre : Drame
Réalisateur : Dominique Maillet
Musique : Quentin Damamme
Image : 1.66 16/9
Son : Français DTS HD Master Audio 5.0 et 2.0
Sous-titre : Aucun
Durée : 97 minutes
Distributeur : Doriane Films
Date de sortie : 7 janvier 2021
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Le Roi de Paris »
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LE PITCH
Saison théâtrale 1930. Le « Roi de Paris » est le grand Victor Derval qui règne en maître sur le Boulevard et vit entouré de sa cour : un directeur de théâtre, sa fidèle habilleuse, un marquis déchu et pique-assiette, et son ancienne maîtresse et partenaire à la scène. Il est accosté par Lisa, une jeune étrangère venue tenter sa chance comme actrice à Paris. Séduit, Derval l’embauche et l’installe chez lui où elle fait connaissance de son fils. Père et fils en vienn...
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Mouriiiir sur scène

Célébrant en grand les talents monstrueux de Philippe Noiret, Le Roi de Paris n'a pas laissé de grands souvenirs dans les mémoires. Et pour cause, en 1995, personne, public ou journalistes, ne l'a vraiment vu, au mieux tout juste entraperçu.

On dit le monde du cinéma hermétique et violent, mais rarement un réalisateur ne l'aura éprouvé aussi durement que Dominique Maillet. Pourtant au départ tout s'annonçait sous les meilleurs auspices, puisque celui qui avait dressé la biographie « officielle » de l'acteur, avait réussi a obtenir le soutien indéfectible de ce dernier. Un acteur trônant alors assez glorieusement sur le métier et qui va permettre au cinéaste débutant (c'était alors son premier long métrage) d'obtenir le concours de grand techniciens comme le décorateur Jacques Rouxel (Cyrano de Bergerac), le costumier Christian Gasc (Madame Butterfly, Le Bossu) ou le directeur photo Bernard Lutic (Diên Biên Phû). En coulisses s'active déjà tout un savoir faire à la française, pas forcément uniquement dévoué à célébrer la tête d'affiche, mais plus largement à faire renaître à l'écran le petit monde de l'art du Paris de 1930, entre une scène théâtre encore toute puissante et un jeune cinéma parlant prêt à lui ravir son aura. Un sujet en or, axé justement sur une icône de la scène, Victor Derval, qui va se rêver Pygmalion en rencontrant la tout jeune Lisa (Veronika Varga, elle-même débutante), avant de se perdre dans sa passion et se faire ravir sa place.

 

L'Amour de l'art


Une pièce classique, volontairement, qui ne cesse justement de rappeler avec vigueurs les codes de la comédie sentimentale théâtrale, entre vaudeville (le triangle amoureux inabouti avec le fils écrasé sous le poid du père) et tragédie plus cruelle ou s'amorce avec délicatesse la confusion entre l'amour charnel et l'amour du métier, de l'art de l'acteur. Si comme souvent dans le cinéma français, encore plus lorsqu'il s'attarde sur sa propre source, le film n'échappe jamais à la tentation de l'éloquence ampoulée, du surjeux grandiloquent, il reste un terrain idéal pour Noiret, véritable seigneur à l'image, dévorant chaque plan, écrasant le reste du casting autant par sa justesse et sa prestance. Une place qu'il ne se fait voler, in extremis, que dans une dernière séquence, la plus simple et la plus belle du film, ou Lisa / Veronika Verga livre une interprétation renversante et révélatrice d'un extrait de La Mouette de Tchekhov. Un premier film imparfait, aux légers relents de naphtaline et presque trop amoureux de son acteur pour son bien, mais esthétiquement superbe, appliqué et où affleure de très belles idées de cinéma...

Le Roi de Paris ne méritait certainement pas son terrible destin. Celui d'un projet sans doute jalousé par beaucoup (voir l'anecdote sur Bertrand Tavernier dans l'excellent making of), et dénigré pour des raisons financières et politiques, qui vont l'entraîner vers une pente glissante, entre annulations, longues pauses avant le tournage, pour finalement être sacrifié par le producteur Jean Gontier (Un Sac de billes, Green Card), refusant de le présenter dans les festivals, à la presse ou aux possibles distributeur. Résultat, une sortie technique et express dans quatre salles parisiennes et un passage anonyme sur Canal +. Comme le décrit ironiquement si bien Le Roi de Paris, ce milieu là est véritablement impitoyable.

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
Traité comme un roi (ok c'était facile), le film a connu une restauration luxueuse à partir d'un scan 4K du négatif. L'image est d'une propreté exemplaire, ne laissant même pas apparaître l'ombre d'un petit défaut récalcitrant, faisant affleurer avec beaucoup d'élégance un léger grain de pellicule vibrant et des plus naturels. Admirable, surtout que la copie a connu un traitement des couleurs tout particulier,, venant rehausser la photographie délicate de Bernard Lutic, par des teintes plus intenses et chaleureuses rappelant parfois les effets du traitement HDR sur les Bluray 4K.

 


Son :
Deux pistes sonores DTS HD Master Audio sont ici proposées. L'une restant uniquement frontale avec une stéréo très claire, et une autre creusant plus efficacement les atmosphères feutrées du film et s'efforçant surtout de reproduire les échos spatiaux du théâtre. Un rendu très agréable.

 


Interactivité :
Le film a ses qualités et ses défauts, mais sa production en elle-même est, au grand damne de son réalisateur, absolument passionnante voir palpitante. Un récit parfaitement rendu dans le seul, mais suffisant, bonus de cette édition. Un documentaire presque aussi long que le film, reconstruisant autour de l'interview du réalisateur, accompagné de son premier assistant, d'un des scénaristes, de son décorateur, de l'actrice Veronika Varga ou d'intervention sonores de Philippe Noiret, une gestation constamment malmenée par des questions de production. Le faux départ avec Bertrand Tavernier. Le faux départ avec France 3. La fausse arrivée avec un producteur vexé s'efforçant, efficacement,de saborder la sortie du film... Il n'y a heureusement pas que de mauvais souvenirs ici, puisque l es notions de passion et d'enthousiasme reviennent toujours. Celles du métier d'acteur, du théâtre, des décors et de l'image, le tout avec beaucoup de sincérité et de franchise.

Liste des bonus : « Le Roi de Paris... les coulisses » de Matthieu, Pauline et Margaux Maillet (84').

 
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