UN FLIC à LA MATERNELLE
Kindergarten Cop - Etats-Unis - 1990
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Un Flic à la maternelle »
Genre : Comédie
Réalisateur : Ivan Reitman
Musique : Randy Edelman
Image : 1.85 16/9
Son : Français & Anglais DTS HD Master Audio 2.0
Sous-titre : Français
Durée : 111 minutes
Distributeur : ESC Distributions
Date de sortie : 5 mai 2021
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Un Flic à la maternelle »
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LE PITCH
Policier dur à cuire, John Kimble écope d'une nouvelle mission dont il se serait bien passé : se faire passer pour un instituteur de classe de maternelle afin de retrouver l'ex-femme et le fils d'un assassin notoire…
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Vacances scolaires

Bien mal servies en vidéo malgré de jolis succès en salle en leur temps, les trois comédies d'Arnold sous la direction d'Ivan Reitman émergent enfin en blu-ray. Avant Jumeaux et Junior qui sortiront en août chez Elephant Films, ESC donne sa chance à Un Flic à la maternelle, étrange objet familial dont les furtives explosions de noirceur l'éloignent de la potacherie attendue.

« (...) Un jour, dans ma caravane, alors que je parcourais quelques scénarios, je suis tombé sur un brouillon d'Un Flic à la maternelle. Je n'ai pas pu le lâcher : l'idée d'un inspecteur coriace devant faire la classe clandestinement à toute une bande de gosses m'a plu. » C'est en ces quelques mots qu'Arnold Schwarzenegger résume son obsession pour une ébauche de script signée Murray Salem, ancien acteur et figurant reconverti dans l'écriture sur le tard. Obsession, le mot est sans doute un peu fort. Mais c'est pourtant bien la star de Conan et de Terminator, à qui les studios ne peuvent alors rien refuser, qui fait des pieds et des mains pour monter le projet. Travaillé par la grossesse de sa femme et par la perspective d'être bientôt père lui-même, il s'impose auprès d'Ivan Reitman (qui aurait bien vu Bill Murray dans la peau de Kimble, allez comprendre ... ) et s'implique activement dans l'écriture d'un scénario définitif.
Montrons nous pragmatiques. Pour Schwarzenegger, Un Flic à la maternelle est une mine d'opportunités. Le succès de Jumeaux en 1988 se doit d'être confirmé, et vite. Si Arnold veut se construire une image d'acteur family friendly, une alternative à ses blockbusters violents et adultes, il va devoir y arriver tout seul, sans s'appuyer sur le talent d'un Danny de Vito. Lessivé par le tournage éprouvant de Total Recall, l'acteur éprouve également le besoin de s'investir dans un projet plus léger et de cultiver son goût pour la dérision et la comédie, une qualité qu'on lui reconnaît encore trop peu. Plus surprenant encore, Un Flic à la maternelle lui sert à poser les bases de son programme « Fitness for kids », la lutte contre l'obésité chez les enfants étant sur le point de s'établir comme un pilier de ses ambitions politiques.

 

Tout public (averti)


En parallèle des ambitions de son acteur principal, Ivan Reitman ne manque pas de cultiver les siennes. Familles brisées, violences faites aux femmes et aux enfants, le réalisateur de Stripes insiste pour donner à Un Flic à la maternelle une dimension sociale forte, quitte à s'éloigner du confort et des stéréotypes de la comédie hollywoodienne. Qu'il s'agisse de la découverte des ecchymoses sur le cou d'un enfant, du fils du bad guy, traumatisé par les déménagements à répétition et les mensonges sur son paternel ou des vacheries que s'envoient des mères visiblement au bout du rouleau (« vous êtes mariées ! C'est normal que vous ayez l'air de bonniches ! »), Reitman évite autant que possible la mièvrerie et écorne sérieusement l'image du père. Seuls Lincoln, père de la Nation et héros d'une représentation scolaire, et bien sûr Arnold semblent trouver grâce aux yeux du réalisateur mais le premier est une figure abstraite et le second doit souffrir pour se montrer à la hauteur de la tâche. Sans aller jusqu'à parler de féminisme, ce sont en réalité les femmes qui ont ici le beau rôle ou qui, même lorsqu'elles sont maléfiques ou paumées, détiennent un pouvoir évident. Drôles et très justes, les trop rares Pamela Reed, Penelope Ann Miller et Linda Hunt sont heureusement plus que de simples faire-valoir. Admirablement dirigés, les enfants dégagent quant à eux toute la fraîcheur et l'innocence souhaitée, bien loin du simple effet « mignon ».

Comme il avait déjà su injecter d'authentiques moments d'effrois dans le pourtant hilarant S.O.S. Fantômes, Ivan Reitman tente ici une greffe similaire. Fan de l'inspecteur Harry, Arnold Schwarzenegger le prouve ici en distribuant quelques répliques cinglantes, la mâchoire bien serrée, en mettant la pression sur une pauvre junkie et en allant jusqu'à abattre salement le grand méchant sous les yeux de son fils lors du climax. Aussi réjouissants que ces écarts puissent paraître, ils obligent ponctuellement le cinéaste à forcer sur la bouffonnerie pour rétablir un équilibre précaire. Mal amenés, certains gags tombent à plat, comme le petit ami maladroit de Pamela Reed ou les grimaces occasionnelles. Rien, toutefois, qui ne viennent durablement entamer le capital sympathie d'une comédie certes bancale, mais attachante et sensible, de très loin supérieure à toutes les ignobles copies qui suivront au fil des ans. Cœur avec les doigts pour tous les parents malchanceux qui tentèrent un jour d'amadouer leur progéniture avec Monsieur Papa (avec Hulk Hogan), Baby Sittor (avec Vin « Baboulinet » Diesel) ou encore Maxi Papa (avec Dwayne Johnson). Transformer une montagne de muscles en gros doudou moelleux pour les 6/10 ans n'est visiblement pas à la portée de tout le monde.

Alan Wilson










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Image :
Pas sûr qu'ESC ait fait une affaire en récupérant le seul et unique master en la possession d'Universal. Tout juste au niveau des standards de la haute-définition, Un Flic à la maternelle offre plus de grain que de couleurs et la profondeur de champ est à la peine sur certains plans en extérieur. On saluera tout de même l'effort de l'éditeur français pour corriger les problèmes de compression du disque américain. L'amélioration est notable sur les gros plans et les scènes les plus sombres.

 


Son :
Belle dynamique de la musique de Randy Edelman, le point fort des deux mixages. Les ambiances ne sont pas forcément au rendez-vous mais, soyons honnêtes, le film s'y prête peu. Les voix sont claires mais un peu plates. Les notes sont acceptables et l'élève évite le redoublement. Ouf !

Liste des bonus : Aucun

 
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