LE PARFUM DE LA DAME EN NOIRE
Il profumo della signora in nero - Italie - 1974
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Genre : Horreur
Réalisateur : Francesco Barilli
Musique : Nicola Piovani
Image : 1.85 16/9
Son : Italien PCM 2.0 mono
Sous-titre : Français
Durée : 103 minutes
Distributeur : Artus Films
Date de sortie : 1 juin 2021
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Le Parfum de la dame en noire »
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LE PITCH
Silivia, une jeune scientifique, se consacre exclusivement à son travail, délaissant son fiancé Roberto. Lors d’une soirée, elle rencontre un confrère africain qui va lui faire découvrir l’occultisme. Bientôt, des visions sur sa petite enfance vont ressurgir, des images érotiques avec sa mère, et tout ce qu’elle avait tenté de refoulé au plus profond de son être.
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Qui la voit mourir ?

Malgré la présence de la douce et troublante Mimsy Farmer, incroyable de se dire qu'un film du niveau du Parfum de la dame en noire ne fut jamais distribué en France. Un faux giallo. Un vrai/ faux film fantastique. En tout cas un sacré voyage, esthétique et psychanalytique, dans la psyché inquiétante d'une femme au passé enfoui. Magnifique.

Coscénariste du fabuleux giallo Qui l'a vu mourir ? d'Aldo Lado et premier voyage cannibale d'Umberto Lenzi avec Au pays de l'exorcisme, Francesco Barilli n'a laissé à la postérité que deux long métrages assez rares, Pensione Paura et ce Parfum de la dame en noir. Aucun lien avec le roman de Gaston Leroux ici, puisque le parfum évoqué du titre est bien moins factuel, qu'un écho de mystère, une fragrance inquiétante et macabre qui persiste à l'écran et dans l'esprit de l'héroïne. Une jolie jeune femme, enfermée dans son travail, qui va progressivement perdre la raison, assaillie de visions troublantes et freudiennes (le rapport à la mère, un acte sexuel et meurtrier refoulé...) qui se mêlent à une réalité déjà assez inquiétante par elle-même. Dans cet immeuble qui ressemble beaucoup trop à celui de Rosemary's Baby, les voisins lui veulent du bien. Trop sans doute. Un petit-ami culpabilisant et pas toujours honnête, les évocations de rites cannibales africains, un petit monsieur un petit peu envahissant, une médium aveugle et sa séance de spiritisme, les regards curieux et insistants des passants et commerçants...

 

à travers le miroir


Barilli installe avec fermeté une atmosphère paranoïaque, suffocante où, comme Silvia, le spectateur ne sait jamais sur quel pied danser, hésitant constamment entre une exploration subjective de la folie façon Répulsion (Polanski encore) ou une variation sadique et fétichiste du giallo à complot qui faisait sensation en cette même année 74. De ce doute constant et cultivé avec talent, naît alors une sensation pénétrante de surréalisme, de voyage onirique glissant vers le cauchemar schizophrène obsessionnel. Accompagné par la sublime musique mélancolique et angoissante de Nicola Piovanni (devenu depuis le compositeur de Benigni et de Moretti), le réalisateur accède au plus belles hauteurs du cinéma transalpin en multipliant les plans d'une rigueur flamboyante, jouant des couleurs et des matières, des profondeurs et des reflets avec la même maniaquerie esthétique que le Dario Argento des débuts. Il lui emprunte d'ailleurs la sublime Mimsy Farmer, rebondissant d'une certaine façon sur cette sexualité maladive entraperçue dans 4 mouches de velours gris, pour en révéler avec plus d'amour et de passion la dualité purement cinématographique de l'actrice : mélange insaisissable de candeur frêle et de fêlures menaçantes. Certainement l'un de ses plus beau rôle, elle déambulant affolée dans cette variation déliquescente d'Alice au pays des merveilles (la scène du thé est aussi grotesque qu'éloquente), fouillant dans ses pulsions tourmentées jusqu'à l'abandon. Maître d'œuvre du rituel, Francesco Barilli se permet même d'assener un ultime choc dans un épilogue qui aurait pu paraître roublard, s'il ne venait pas remettre en question tout le voyage avec une morbidité implacable, primitive.

Nathanaël Bouton-Drouard




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Image :
Jamais distribué officiellement en France, le film nous parvient pour la première fois dans une très jolie copie. La restauration a permis de faire apparaître des cadres stables et propres, et surtout de redonner une vraie intensité à la palette de couleur. Les intérieurs surtout sont marquées par une palette vive et chaude, autant que par une définition bien soulignée. Le grain de pellicule est bien présent, vibrant même, et offre une vraie valeur « pellicule ». Reste cependant de petits effets d'artefacts présents lors de quelques rares séquences ou l'accélération du mouvement de camera met la compression a rude épreuve.

 


Son :
Seule la version italienne est présenté ici et, malgré la présence de Mimsy Farmer, cela reste de toute façon celle la plus à même de retranscrire l'atmosphère toute particulière du film. Un mono sobre mais bien équilibré et clair sur lequel on ne dénote aucun soucis majeur.

 


Interactivité :
Présenté dans un élégant digipack cartonné avec fourreau, Le Parfum de la dame en noire profite de l'un de ses plus impressionnants visuels. A l'intérieur Bluray et DVD se partagent les même suppléments soit pour les archives le générique alternatif avec textes en anglais, une galerie de photos d'exploitation et la bande annonce d'époque. Premier ajout de l'éditeur français, la présentation est une nouvelle fois confiée à Emmanuel Le Gagne qui retrace très efficacement les petites filmographie du réalisateur et de l'actrice avant de creuser plus directement les particularité du film. Deuxième ajout : le retour aux courts métrages bonus. Ici Plus loin encore, signé par Stéphane Derdérian (vu en acteur chez Gaspard Noé) dans lequel un truand en cavale interprété par Jo Prestia fait une étrange rencontre en pleine campagne. Curieux mais pas forcément mémorable.

Liste des bonus : Présentation du film par Emmanuel le Gagne (23'), Générique anglais (2'), Diaporama d'affiches et photos (1'), Bande-annonce originale (3'), Court métrage : « Plus loin encore » de Stéphane Derdérian (2009, 21').

 
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