LE COUTEAU DANS L'EAU
Pologne - 1962
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Genre : Thriller
Réalisateur : Roman Polanski
Musique : Krysztof T. Komeda
Image : 1.33 4/3
Son : Polonais DTS HD Master Audi 5.1 et 1.0
Sous-titre : Français
Durée : 96 minutes
Distributeur : Carlotta
Date de sortie : 5 mai 2021
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Andrejz et Christine, un couple fortuné, décident de partir en croisière. Sur leur chemin, ils font la rencontre d’un jeune homme sur le bord de la route à qui ils proposent de les suivre à bord de leur yacht. Malgré leur bonne entente de départ, la différence sociale entre le couple et leur invité va provoquer quelques frictions.
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Le poids de l'eau

Premier et unique film polonais signe Roman Polanski, Le Couteau dans l'eau est autant la marque de naissance d'un grand du cinéma que le lancement d'une « Nouvelle vague » polonaise à laquelle, boudé par l'état et la critique, il ne participera pas, préférant, déjà, l'exile.

En 1962 la sortie du Couteau dans l'eau est un pavé dans la mare pour le cinéma polonais, encore écrasé sous la censure étatique et une école lourdement académique, politique et propagandiste. Fier émoulu de l'une des premières promotion de la célèbre Ecole National de Cinéma de Lodz, Polanski réussit par ce premier long métrage à trancher drastiquement avec les décennies passées et à ouvrir la voie à toute une nouvelle génération de cinéastes prête justement à casser les règles, à retravailler la matière cinéma. Pourtant pas de grandes envolées stylistiques, pas d'expérimentations outrées ici, mais un huis clos extrêmement aride sur un voilier de plaisance en excursion sur un lac. A son bord un couple bourgeois, lui journaliste, elle objet d'ornement, et un jeune homme plus modeste, pris en autostop sur la route et qui ne comprend pas encore bien ce qu'il fait là. Les cadres sont extrêmement resserrés, voir écrasants, les silences sont aussi lourds de sens que les dialogues, l'horizon est constamment immobile et le soleil implacable. Le noir et blanc extrêmement contrasté, vient surligner des lignes d'opposition qui ne font que se creuser au fils des heures.

 

Calme plat


Car bien entendu dans ce triangle faussement amoureux, tout n'est question que de pouvoir, d'ascendance. Des relents de lutte des classes, des relents de mâle alpha, qui se jouent pour les beaux yeux d'une épouse qui n'attendait que ça, tout autant que pour la possession d'un couteau symptomatique d'une violence sourde, d'un reflet argenté qui miroite dans l'esprit de chacun. Le Couteau dans l'eau est presque un anti-thriller, un film de suspens mais sans réelle montée, sans action, aux mouvements restreints, à l'espace exiguë, étude de mœurs en macro qui vient se confondre avec les frémissements sociétaux de la Pologne d'alors.
Coécrit avec Jerzy Skolimowski, futur réalisateur de Deep End et Le Cri du sorcier, le film mêle dans son austérité le traitement de l'intime, de personnages « communs », inspirés justement de la Nouvelle Vague française, et la réflexion plus vaste portée sur la fracture d'un pays enfermé dans un immobilisme morbide que la jeunesse voulait voir enfin éclater. Construit comme une parenthèse, le temps d'un week-end, Le Couteau dans l'eau laisse le réel reprendre le dessus et repartir sur les voies qu'il avait, un temps, empêché : le jeune homme, force de mouvement, retrouve la route vers ailleurs alors que le couple, de nouveau enfermé dans sa voiture dernier cri reste figé devant une bifurcation anonyme. Polanski embrassera bien plus volontiers le destin du premier quittant définitivement son pays pour tenter sa chance en Europe.

Nathanaël Bouton-Drouard




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Image :
Si la France reste l'un des chanceux pays où le film était assez facilement visible grâce à des sorties vidéo assez régulières, la copie source assez abîmée, avec divers taches et un grain de plus en plus envahissant, ne servait pas forcément l'élégance du film. Désormais restauré à partir d'un scan 4K inédit, Le Couteau dans l'eau resplendit comme jamais, imposant une image d'une très grande pureté, solidement ancrée et particulièrement généreuse dans sa restitution des argentiques. Même le grain de pellicule répond présent, mais avec délicatesse.

 


Son :
Exit ici l'ancienne piste sonore crachoteuse et renfermée, le nouveau DTS HD Master Audio 1.0 offre un confort d'écoute totalement inédit. Une restauration là aussi plus qu'efficace qui offre un son certes frontal mais on ne peut plus clair et harmonieux. Le DTS HD Master Audio 5.1 offert à coté est une sympathique proposition, mais les extensions sont tout de même assez discrètes et tranchent un peu avec la « simplicité » et l'âge du film. A noter que le film n'a jamais été doublé en Français.

 


Interactivité :
Pas de nouveau supplément exclusivement produit pour cette sortie HD, mais Carlotta est allée chercher (pas très loin) le documentaire rétrospectif « Un Ticket pour l'ouest » déjà croisé sur les DVD précédents. Déjà vu soit, mais comme celui-ci aborde parfaitement le tournage du film (tous sur le même bateau, l'actrice bousculée...) tout autant que l'arrivée de Polanski à l'école de cinéma de Lodz, ses débuts et l'impact que le film aura sur ses collègues et ses successeurs, aucune raison de s'en passer. En outre, la galette contient aussi trois courts métrages du metteur en scène. Des œuvres de jeunesses, plus rares, mais elles aussi joliment restaurées pour l'occasion. Amusant de voir comment chacun aborde l'une des constituante de son cinéma à venir : l'étrange claustrophobique dans Rire de toutes ses dents, la tension entre les classes avec Cassons le bal et l'absurde slapstick avec Deux Hommes et une armoire.

Liste des bonus : « Un ticket pour l'ouest » : retour sur la brève carrière polonaise de Roman Polanski (31'), « Rire de toutes ses dents » (« Usmiech zebiczny », 1957, N&B, muet, 2'), « Cassons le bal » (« Rozbijemy zabawe... », 1957, N&B, 8'), « Deux hommes et une armoire » (« Dwaj ludzie z szafa », 1958, N&B, 15').

 
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