LA CARAVANE DE FEU
The War Wagon - Etats-Unis - 1967
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Image de « La Caravane de feu »
Genre : Western
Réalisateur : Burt Kennedy
Musique : Dimitri Tiomkin
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais et Français 2.0 DTS HD Master Audio 2.0 mono
Sous-titre : Français
Durée : 101 minutes
Distributeur : Sidonis
Date de sortie : 15 avril 2021
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « La Caravane de feu »
portoflio
LE PITCH
Tout juste sorti de prison après que le richissime Frank Pierce l'a fait incarcéré pour s'approprier son ranch, Taw Jackson organise le braquage du « war wagon » – un véhicule blindé muni d'une mitrailleuse dont se sert son ennemi juré pour convoyer ses réserves d'or. Dans ce but, il engage la fine gâchette Lomax. Sauf que Lomax est également approché par Pierce pour éliminer Jackson !
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de l'or pour les braves

Faiseur peu retenu par la postérité, Burt Kennedy emballe ici un western qui a le mérite de proposer toutes les figures typiques du genre sans donner l'impression d'effeuiller mécaniquement un catalogue, en plus de nous offrir la réjouissante confrontation de deux monstres sacrés parfaitement complémentaires : le minéral John Wayne et l'énergique Kirk Douglas.

On doit à Burt Kennedy une vingtaine de films au cinéma, principalement étalés sur les décennies 1960-70, dont une grande majorité de westerns parmi lesquels se distingue, si l'on peut dire, Le Retour des Sept, première des trois suites données aux Sept Mercenaires de John Sturges, qui voyait revenir Yul Brynner flanqué de nouveaux compagnons d'armes pour sauver le même village ! Si l'essai ne fut pas transformé, c'est principalement lié à d'épouvantables défauts d'écriture et à l'impossibilité de réitérer la puissance du premier opus sans son casting exceptionnel. Même si le dernier titre de gloire de Kennedy, au début des années 1990, se révèle être l'improbable Space Commando (comédie de science-fiction aux frontières du nanar qui demeure un petit classique familial des vidéoclubs de l'époque, avec un Hulk Hogan très impliqué en John Wayne de l'espace), toute sa carrière - y compris télévisuelle - aura été hantée par le western, genre qu'il connaît, apprécie et respecte.
Le script de cette Caravane de Feu est rédigé par un autre spécialiste du genre, d'après son propre roman : Clair Huffaker a en effet signé (outre quelques épisodes des séries Rawhide, Bonanza et surtout Lawman) une petite poignée de films qui ont largement fait date, à commencer par Les Comancheros de Michael Curtiz d'après Paul Wellman et le Rio Conchos de Gordon Douglas. Plus tard il travaillera pour Tom Gries sur Les 100 Fusils et pour John Sturges à l'occasion de l'excellent Chino avec Charles Bronson - qui sera son dernier film. Un curriculum honorable qui peut certes laisser imaginer la facture technique de notre Caravane... mais moins sa tonalité : il y avait manière et manière de traiter l'attaque d'un convoi d'or et la vengeance d'un homme injustement condamné dans le but de faire main basse sur sa propriété, et ce récit d'apparence tragique refusera pourtant jusqu'au bout de se prendre au sérieux, privilégiant le divertissement et la légèreté à la violence et aux tourments. Une direction amorcée dès le générique avec l'entraînante Ballad of the War Wagon composée par un Dimitri Tiomkin très en forme et qui connaît bien son sujet (on lui doit, entre mille autres, les thèmes déclinés en chansons du Train sifflera trois fois et de Règlements de comptes à O.K. Corral), et confirmée dès lors que Taw Jackson / John Wayne s'attelle à réunir des complices pour préparer son coup : l'équipe bigarrée qui en résulte et ne parviendra jamais vraiment à s'entendre (un dynamiteur alcoolique, un vieux roublard mal léché et sa très jeune femme, un Indien flegmatique et un pistolero vénal) crée une atmosphère décontractée d'où émergent particulièrement Wayne et Kirk Douglas, sorte de Tango et Cash du Far West qui enchaînent les joutes verbales, en constante disharmonie dans leur attitude générale et les méthodes qu'ils emploient pour atteindre leur but commun.

 

Mr Fire & mr ice


Bien que l'équipe de détrousseurs compte quatre autres membres assez hauts en couleur - qui ont tous leur raison d'être dans le récit (on regrettera seulement l'interprétation pas très inspirée de Howard Keel, visiblement peu à l'aise avec son personnage) -, c'est bien une impression de « buddy western » que nous laisse au final le film de Kennedy, avec ses deux protagonistes qui semblent exactement taillés pour les deux stars qui les incarnent. D'un côté le « Duke », déjà un peu diminué physiquement et qui ne s'en trouve que plus monolithique, dans son éternel numéro de meneur d'hommes guidé par l'honneur et la justice immanente dont seul John Ford, par moments, sera finalement parvenu à le faire sortir (tout en établissant son mythe) ; de l'autre le truculent Kirk Douglas, comédien-voltigeur en pleine possession de ses moyens, dont l'éventail de jeu infiniment plus riche que celui de Wayne n'empêche pas une certaine image de dandy séducteur de lui coller à la peau - image que l'on retrouve exactement dans ce War Wagon : l'un n'est obsédé que par sa quête, l'autre enchaîne les conquêtes féminines et les nuits tarifées ; l'un ne possède que son cheval et ses revolvers, l'autre dépense sans compter dans des services multiples et une garde-robe clinquante ; l'un garde la tête froide et maîtrise sa colère, l'autre a le sang chaud et laisse libre cours à son impulsivité sauf lorsque l'argent est en cause. L'humour du film ne repose pas sur une succession de gags mais sur le perpétuel contraste entre Wayne et Douglas. On pourra toujours regretter que la rencontre de ces deux géants se limite à cet aspect et que la consistance manque pour rendre le face-à-face vraiment mémorable, mais ce serait revisiter de fond en combles les modestes ambitions de Burt Kennedy.
Du reste il faut reconnaître à ce dernier, sinon du génie, au moins un réel talent pour emballer le spectacle : si l'on excepte le sauvetage un peu mou du genou de Levi Walking Bear / Howard Keel, le réalisateur ne rate à peu près aucune des séquences qui résonnent comme des passages obligés du genre, qu'il s'agisse de l'ouverture, de la première apparition de Kirk Douglas, de l'attaque du convoi avec explosion et cascades, de celle des Indiens dans la foulée, de la bagarre générale dans le saloon, etc. En terme d'action, l'efficacité du découpage et des cadrages est manifeste. Le fait que John Wayne, plutôt que de récupérer son bien et d'assouvir sa vengeance frontalement, les armes à la main, ou par la mise en évidence des pratiques illégales de Pierce (qui, il est vrai, a déjà mis le shérif dans sa poche à coups de dollars), passe lui-même par un braquage du type « attaque de diligence » - motif récurrent du western normalement réservé aux héros dits crépusculaires ou aux méchants - a quelque chose de pathétique et se révèle en soi surprenant et assez drôle. La conclusion savoureuse de l'histoire tournera d'ailleurs définitivement le dos à l'héroïsme et tiendra jusqu'au bout cette position de divertissement espiègle et inoffensif, refusant aux personnages centraux de s'entendre une fois pour toutes.

The War Wagon n'est pas un grand western ; il ne transcende ni ne fait avancer aucun grand sujet ni grand motif du genre. Mais la bonne humeur évidente qui s'en dégage (Douglas, Wayne et les autres ont l'air de s'amuser comme des petits fous) reste une denrée précieuse que l'on ne retrouve pas dans tous les westerns un peu mineurs de l'époque - à commencer par certains films tournés par Wayne vers la fin de sa carrière et qui ont, curieusement, meilleure réputation que celui-ci...

Morgan Iadakan










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Image :
Ayant déjà fait l'objet d'une sortie chez Universal en 2013, le film revient chez Sidonis avec la même copie restaurée toujours bluffante : la grande majorité des plans bénéficient d'un transfert extrêmement qualitatif côté définition et colorimétrie. Quelques très rares exceptions viennent émailler le métrage (un peu plus de grain, couleurs un poil plus fades...) mais n'entachent guère le niveau de l'ensemble, au piqué exemplaire et à la propreté chiadée jusque dans les quelques séquences nocturnes impeccablement lisibles. On a vu des chefs d'œuvre incontestés sortir en beaucoup plus mauvais état !

 


Son :
Un peu agressive dans ses moments les plus dynamiques (une constante pour les pistes mono), la bande-son ne sature ni ne chuinte jamais pour autant, soutenant vivement les séquences d'actions, et fait preuve d'une clarté et d'une homogénéité très correcte. La musique de Tiomkin s'impose joliment au milieu de dialogues parfaitement nets. La piste française, moins bien restituée comme d'habitude en terme de mixage, souffre en plus d'un doublage un peu terne pour les seconds rôles - même si Roger Rudel, voix française officielle de Kirk Douglas, fait toujours des merveilles et si le grand Claude Bertrand (voix française d'Eli Wallach dans Le Bon, La Brute, Le Truand) double impeccablement John Wayne pour la onzième fois, remplaçant occasionnellement un Raymond Loyer difficile à faire oublier mais qui répondra présent, fort heureusement... pour La Classe Américaine !

 


Interactivité :
Une présentation assez rapide de Jean-François Giré, désormais vacataire des éditions Sidonis, qui met un point d'honneur à défendre ce film d'ordinaire mal jugé, en insistant sur son efficacité, sa fraîcheur, et le savoureux événement que constitue en soi la rencontre Wayne / Douglas. L'autre module est un document d'époque qui prend la forme d'une petite featurette sur la mise en œuvre des moments les plus spectaculaires du film de Kennedy ; comme souvent, le sujet vaut moins par sa réelle qualité pédagogique que par sa valeur d'archive sur la façon dont la firme Universal assurait, à cette époque, la promotion d'un tel western.

Liste des bonus : Présentation par Jean-François Giré (9') ; Anatomie de l'action (7')

 
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